Blocage de la LFR : Djibril Ba alerte sur les menaces pesant sur les filières agricoles
Le blocage autour de la loi de finances rectificative (LFR) pourrait avoir des conséquences directes sur la prochaine campagne agricole. Invité de l’émission « Seneweb Eco » ce dimanche 1er novembre 2026, le spécialiste du financement des chaînes de valeur agricole, Djibril Ba, a évoqué un montant d’environ 40 milliards F CFA que l’État devrait aux opérateurs.
« Sauf erreur de ma part, il y a des arriérés de 40 milliards qu’on doit payer aux opérateurs. Maintenant, je pense que ce montant est inscrit dans cette loi de finances », a-t-il déclaré.
Pour l’ingénieur agronome, le règlement de ces sommes ne relève pas seulement d’une question de trésorerie entre l’État et les opérateurs concernés. Les répercussions pourraient se propager à l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur agricole, notamment les fournisseurs d’intrants et les producteurs.
« Si l’opérateur n’est pas payé, ça va impacter sur toute la chaîne de valeur », prévient-il avant d’ajouter que « ces 40 milliards-là, s’ils ne sont pas décrochés, ça va impacter sur toute la chaîne de valeur. Cela va même impacter sur la campagne à venir », insiste-t-il.
Monsieur Ba rappelle ainsi que les activités agricoles sont soumises à des contraintes de calendrier qui rendent difficile tout retard dans la mobilisation des ressources. Contrairement à d’autres secteurs, les campagnes de production et de commercialisation ne peuvent pas être décalées sans conséquences, notamment en raison du caractère périssable de certaines récoltes.
« Une campagne de commercialisation n’attend pas parce que souvent, ce sont des produits périssables. Une campagne de production n’attend pas, parce que, tout simplement, il faut respecter ce qu’on appelle le cycle cultural », explique-t-il.
Ainsi, l’ingénieur financier interpelle directement les autorités parlementaires et gouvernementales. Il invite les députés à prendre en considération les conséquences économiques et sociales d’un prolongement du blocage autour de la LFR.
Se présentant également comme un acteur politique, le président du mouvement Progres espère un dénouement rapide de la situation. « J’ose espérer que l’Assemblée nationale, en collaboration avec l’État, va revenir à la raison pour ne pas impacter négativement sur le fonctionnement des chaînes de valeurs agricoles et agroalimentaires », affirme-t-il. Ceci, c’est pour préserver la continuité des échanges entre les différents acteurs des filières agricoles et de ne pas compromettre le démarrage de la prochaine campagne.
Commentaires (5)
C'est d'abord le PM Aminou Lô qui déclare devant l'assemblée (DPG) que son gouvernement maintient le PRES (de Sonko) et n'y change rien. Ce discours ne semble pas plaire au sommet. Lors de la présentation de la LFR, le ministre des finances justifie la soumission au FMI par la non atteinte des objectifs du PRES. Réponse de l'assemblée: faites en l'évaluation, puis revenez, discutons d'elle. Le gouvernement ne veut discuter d'aucune évaluation. Il veut juste maintenir ses chiffres et les faire répéter: le plan Sonko attendait 700 milliards, nous n'avons eu que 300. Donc, il faut le jeter à la poubelle et aller au FMI.
Puisque c'est devenu un pouvoir qui ne compte que sur les médias pour utiliser des éléments de langage faux en direction de l'opinion, l'assemblée commença à donner des explications. En clair, on ne peut reprocher un manque de résultats à un programme qu'on n'a pas correctement appliquer. Pour taxer les jeux de hasard, il faut mettre en place des outils (plate-forme) pour contrôler les jeux en fraude sur le net et récupérer les taxes. Cela n'a pas été fait. On ne peut donc pas prétendre qu'on attendait tant des jeux de hasard et qu'on ne l'a pas eu. La vérité est qu'on n'a pas correctement appliqué la solution. C'est la même chose pour la taxation des transfert d'argent. Et la bonne mise en œuvre attendait de simple décrets de Diomaye, d'arrêtés du ministre des finances, qu'ils n'ont pas fait pour on ne sait pourquoi alors que Sonko était PM. Dans ces conditions, parler d'absence de résultats du PRES sans préciser que Diomaye a refusé de signer des décrets, que le ministre de finances a refusé de signer des arriérés, c'est de la malhonnêteté.
Et voilà où on se retrouve. Le gouvernement refuse une évaluation à analyser avec l'assemblée, le PM refuse tout débat public avec le PAN, et maintenant une certaine presse est chargée de porter la répétition que le PRES a échoué à atteindre ses objectifs.
Si cela n'est pas une manipulation pour vous, je me demande ce que vous allez appeler manipulation.
Vous nous avez dit et redit que le gouvernement dispose de plusieurs voies pour contourner le blocage de la LFI par ces insurgés qui sont à l'Assemblée. Alors pourquoi tant de lamentations sur les conséquences possibles de ce blocage ? Le gouvernement peut contourner, qu'il contourner avant que les conséquences auxquelles vous faites allusion arrivent.
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