Gandiol : Le cri du cœur des pêcheurs étranglés par les deux brèches
À Gandiol, dans la région de Saint-Louis, les pêcheurs tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Depuis plus de vingt ans, ces populations vivent avec les conséquences de deux brèches qui, selon les acteurs locaux, ont profondément bouleversé leurs activités et dégradé leurs conditions de vie. Face à la persistance de la situation, les pêcheurs réclament une implication plus forte des autorités et des partenaires.
Le cri de détresse des pêcheurs de Gandiol se fait de plus en plus pressant. Réunis pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, les acteurs de la pêche estiment que leur situation ne cesse de se détériorer depuis plusieurs années, sans qu’une solution durable ne soit apportée.
Selon eux, le problème est principalement lié à la présence de deux brèches qui affectent directement les activités de pêche dans la zone. Il s’agit de la brèche ouverte au niveau de Saint-Louis et de la brèche naturelle située au nord de Gandiol. Pour les pêcheurs, cette réalité est souvent occultée dans les discussions sur les conséquences des brèches.
« C’est encore un énième cri d’alerte, mais surtout un énième cri du cœur », déplore Mamadou Diop, porte-parole des pêcheurs de Gandiol. Il rappelle que ses pairs avaient déjà alerté les autorités sur cette situation qui perdure depuis plus de deux décennies.
Des conditions de travail fortement dégradées
Pour les pêcheurs, la dégradation de leur environnement de travail a des conséquences directes sur leurs revenus et, par conséquent, sur leurs conditions d’existence.
« Quand on parle de conditions de travail détériorées, on pense aux pêcheurs de Gandiol. Ces gens ne savent plus à quel saint se vouer. On se lève le matin, on part à la pêche et on rentre bredouille », témoigne Mamadou Diop.
Cette situation fragilise ainsi de nombreuses familles qui dépendent de la pêche. La baisse des prises et les difficultés rencontrées en mer compliquent le quotidien des pêcheurs, qui disent ne plus disposer de solutions pour faire face à cette crise.
« Les premières populations impactées sont celles de Gandiol »
Le porte-parole des pêcheurs regrette également que les populations de Gandiol ne soient pas suffisamment associées aux réflexions engagées autour des brèches. « Quand on évoque les problèmes de la brèche, souvent, on pense à Saint-Louis. Pourtant, les deux brèches se trouvent dans la commune de Gandiol. Les premières populations impactées sont naturellement celles de Gandiol », souligne-t-il.
Il estime que les autorités et les différents partenaires intervenant dans la commune doivent davantage consulter les populations locales, notamment les acteurs directement concernés par les conséquences des brèches.
Pour Mamadou Diop, la recherche de solutions ne peut donc pas se faire sans les pêcheurs. « Nous lançons un appel aux autorités publiques et à l’ensemble des partenaires qui investissent dans la commune pour qu’ils impliquent et associent les populations gandiolaises, surtout les acteurs de la pêche », plaide-t-il.
Un appel au président et au ministre de la Pêche
Les pêcheurs de Gandiol souhaitent désormais que leur situation soit prise en compte au plus haut niveau de l’État. Leur appel s’adresse au président de la République et au ministre de la Pêche, à qui ils demandent des mesures concrètes pour sortir durablement de cette situation.
Le porte-parole déplore d’ailleurs le fait que, lors de certaines visites officielles à Gandiol, les préoccupations des pêcheurs ne soient pas suffisamment prises en compte. Il cite notamment le récent passage du ministre de tutelle, qui, selon lui, n’aurait pas permis un véritable échange avec les principaux acteurs concernés.
Après plus de vingt ans d’alertes, les pêcheurs de Gandiol veulent dépasser le stade des constats. Ils réclament une démarche inclusive associant les populations locales, les professionnels de la pêche, les autorités et les partenaires afin de trouver des réponses durables aux conséquences des deux brèches.
Pour ces familles qui dépendent essentiellement de la mer pour vivre, l’urgence est de préserver leur activité et leurs moyens de subsistance.
Babacar SENE (correspondant) Saint-Louis
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