Gouvernance hospitalière : les représentants du personnel réclament une réforme plus inclusive
Les réformes engagées dans le secteur de la santé ne pourront produire les résultats escomptés sans une meilleure prise en compte du personnel. C’est le message porté par Siméon Ndjing Faye, président de l’Association des représentants du personnel aux conseils d’administration des établissements publics de santé du Sénégal (ARPEPS), à l’ouverture des journées d’échanges organisées ce samedi 26 septembre à Thiès.
Placées sous le thème « La gouvernance hospitalière à l’épreuve des réformes », ces rencontres mettent en lumière les défis auxquels sont confrontés les établissements publics de santé dans un contexte de transformation de leurs modes de gestion.
Pour Siméon Ndjing Faye, une réforme hospitalière ne peut être réduite à des changements de procédures, de management ou de gouvernance. Elle doit d’abord tenir compte de ceux qui font fonctionner les hôpitaux au quotidien.
« Le personnel ne doit pas être le simple exécutant des réformes »
Médecins, paramédicaux, administratifs et agents techniques sont directement concernés par les mutations en cours. Mais, selon le président de l’ARPEPS, leur implication dans les décisions demeure un enjeu central.
Il réclame ainsi une gouvernance participative et inclusive, estimant que le personnel doit être davantage associé aux décisions stratégiques prises au sein des établissements.
« Le personnel ne doit pas être le simple exécutant des réformes, mais un acteur clé des décisions stratégiques de l’hôpital », a-t-il soutenu.
L’autre préoccupation soulevée concerne le décalage entre les objectifs de performance assignés aux hôpitaux et les moyens mis à leur disposition. L’ARPEPS met notamment en avant la nécessité de disposer de plateaux techniques modernisés, d’effectifs suffisants et de subventions sécurisées.
Pression sur les agents : l’autre alerte
Siméon Ndjing Faye a également insisté sur la nécessité de protéger les travailleurs dans le cadre des réformes.
Selon lui, les changements engagés ne doivent pas entraîner une pression accrue sur les agents ni une précarisation de leurs conditions de travail. La valorisation des carrières, la formation continue et l’accompagnement des personnels face aux nouveaux outils de gestion sont présentés comme des conditions essentielles à la réussite des transformations. Le président de l’ARPEPS appelle également à préserver un climat social serein au sein des établissements de santé.
Au-delà des revendications liées aux conditions de travail, les journées d’échanges de Thiès mettent l’accent sur la maîtrise des outils de gouvernance par les représentants du personnel siégeant dans les conseils d’administration.
Les états financiers des hôpitaux figurent notamment au cœur des travaux. Pour l’ARPEPS, la lecture et la compréhension des états financiers sont indispensables pour permettre aux administrateurs de mesurer la situation financière de leurs établissements et de participer de manière éclairée aux décisions stratégiques.
« Les états financiers constituent le véritable baromètre de la santé financière » des institutions, a souligné Siméon Ndjing Faye.
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