Lamine Niang, DG du Soleil : « La rupture entre Diomaye et Sonko n’a pas changé la ligne éditoriale du journal »
Deux ans après sa nomination à la tête du quotidien national Le Soleil , Lamine Niang dresse le bilan de sa gestion et réaffirme la vocation de service public du journal. Dans un entretien accordé à Seneweb, le directeur général assure que les évolutions politiques intervenues au sommet de l’État n'ont en rien modifié la ligne éditoriale du titre.
« Le Soleil est un média public. Il appartient à la population. Sa ligne éditoriale reste la même : vulgariser l'action publique et accompagner les politiques de l'État. Nous ne dérogerons pas à cette règle », affirme-t-il. Selon lui, le quotidien est rémunéré pour remplir une mission de service public dans un esprit républicain. « Nous mettons en avant les institutions et non les personnes », insiste-t-il, précisant que les rubriques politiques continuent de couvrir l'ensemble de l'actualité, qu'il s'agisse de Pastef, de Kiiraay ou des autres formations politiques. Évoquant la rupture entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, Lamine Niang estime que cette situation ne saurait influencer le traitement de l'information au sein du journal : « La rupture entre Diomaye et Sonko ne peut pas changer le travail que nous faisions. »
Une gestion fondée sur la concertation
Sur le plan managérial, le directeur général dit privilégier la collaboration avec les journalistes et l'ensemble des travailleurs du groupe. Fort de ses précédentes expériences en management, il explique avoir misé sur les compétences transversales pour instaurer un climat de confiance. « J'ai d'abord pris le temps d'identifier les forces, les faiblesses et les menaces afin de prendre les décisions au moment opportun », confie-t-il. Il affirme également être à l'écoute de tous afin de garantir un cadre de travail serein, propice à l'éclosion des talents. Lamine Niang souligne que Le Soleil demeure une institution dont la crédibilité constitue un acquis majeur. Son ambition a toutefois été d'améliorer l'offre éditoriale.
« Nous sommes passés de 24 à 32 pages. Nous avons accordé davantage de place à l'analyse, à l'enquête et au reportage, tout en nous rapprochant davantage des populations grâce à des contenus qui apportent de l'éclairage », explique-t-il. Parmi les principales innovations, le directeur général cite le développement du numérique. « La grande innovation, c'est Le Soleil Digital », indique-t-il. Le groupe s'est doté d'un kiosque numérique offrant une lecture immersive, a lancé une cellule de fact-checking et développé plusieurs nouveaux produits éditoriaux. Il évoque notamment un hebdomadaire en langue arabe, présenté comme une première dans le paysage médiatique sénégalais, ainsi qu'un mensuel consacré au Sud du pays pour accompagner la politique de décentralisation. Des émissions en wolof sont également diffusées sur les plateformes numériques afin de toucher les publics ne lisant pas ou peu le français. Le groupe prépare également un hebdomadaire sportif appelé à évoluer vers une parution quotidienne.
Interrogé sur la concurrence avec la RTS et l'APS dans le domaine numérique, Lamine Niang considère cette évolution comme naturelle. « C'est possible, mais cette concurrence doit être positive. La mission de service public doit profiter à tous. Tout le monde a droit à l'information », affirme-t-il. Selon lui, les médias publics doivent impérativement s'adapter aux mutations numériques. « Il ne faut pas se limiter au sprint. Le numérique s'impose et nous devons nous adapter », soutient-il. Enfin, le directeur général rappelle que Le Soleil joue un rôle important dans la cohésion nationale et le rayonnement du Sénégal.
« Nous avons la responsabilité de veiller à la cohésion nationale, mais aussi de contribuer au volet diplomatique. Le Soleil est la vitrine du pays, car les ambassadeurs le lisent chaque matin », souligne-t-il. Il conclut en rappelant que le quotidien national dispose d'un patrimoine documentaire exceptionnel, avec 56 années d'archives, qu'il entend préserver et valoriser.
Commentaires (3)
Plus de jolis édito visant à défendre le gouvernement et le Sénégal. Journal devenu presque banal en détails comme certains journaux privés qui eux n'ont pas le soutien de l'État.
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