Mozambique-Sénégal (1-1) : Patrick Vieira retient les bases, mais veut corriger les manques
Pour sa première sur le banc des Lions du Sénégal, Patrick Vieira n’a pas pu offrir une victoire au public sénégalais. Tenus en échec par le Mozambique (1-1), ce vendredi, lors de la première journée des qualifications à la CAN-2027, les Lions ont toutefois montré des séquences intéressantes, notamment en première période.
En conférence de presse d'après-match, le nouveau sélectionneur a surtout regretté le manque d’efficacité de son équipe, estimant que ses joueurs méritaient mieux au regard de leur prestation.
« Bien sûr, il y a des regrets, parce que ce que j’ai vu, surtout en première période, les joueurs méritaient mieux. Malheureusement, ça montre aussi qu’il y a des axes de progression. On doit continuer à travailler », a déclaré Patrick Vieira.
Le technicien français estime néanmoins que cette rencontre permet de poser les premières bases de son projet avec les Lions. « On savait que tout n’allait pas être parfait sur ce match-là. On a identifié les manques. On va les combler avec le travail. Mais c’était important de construire ces fondations », a-t-il expliqué.
Patrick Vieira s’est également montré satisfait de l’attitude affichée par ses joueurs et de l’ambiance au sein de la Tanière. Il a notamment souligné l’apport des joueurs expérimentés auprès des jeunes éléments.
« Les jeunes sont sélectionnés parce qu’ils ont du talent. Ils ont démontré avec leurs clubs respectifs qu’ils avaient les qualités pour prétendre jouer avec l’équipe nationale. Leur chance, c’est aussi d’être encadrés par des joueurs avec de l’expérience », a-t-il souligné.
Pour le sélectionneur, cette complémentarité entre jeunes et cadres constitue un élément important pour la suite. Malgré le match nul, Vieira retient donc des motifs de satisfaction. « Au niveau de l’attitude, de la prestation des joueurs, on est sur la bonne voie », a-t-il assuré.
Le sélectionneur reconnaît toutefois une certaine déception, notamment parce que les Lions avaient affiché l’ambition de décrocher les trois points. « On a cette envie de gagner. Je pense que dans le jeu, on a démontré qu’on voulait prendre cette victoire. Malheureusement, ça ne nous a pas souri », a-t-il regretté.
Avec ce nul (1-1), Patrick Vieira devra désormais préparer la suite des qualifications, avec l’objectif de corriger les insuffisances observées et surtout de gagner en efficacité devant le but.
Commentaires (11)
Rappelez-vous que c’est notamment sous la pression des cadres de l’équipe ; Mané, Mendy, Koulibaly et Gana Guèye ; qu’Aliou Cissé a fini par être limogé. Après dix années passées sous sa direction, ces joueurs n’étaient toujours pas parvenus à assimiler pleinement son système de jeu. Et à en juger par le match d’aujourd’hui, Vieira semble malheureusement s’inscrire dans la même logique tactique que Cissé.
Avec Pape Thiaw, en revanche, nous avions enfin découvert une équipe dotée d’un véritable projet de jeu : clair, cohérent, offensif et parfaitement huilé. Tous les joueurs, titulaires comme remplaçants, s’intégraient naturellement dans le dispositif. Chacun connaissait son rôle et savait exactement ce qu’il devait faire sur le terrain.
Regardez Pape Guèye aujourd’hui : complètement désemparé sur le terrain, alors que sous Pape Thiaw, il était devenu l’un des joueurs les plus décisifs de l’équipe, allant jusqu’à figurer parmi ses meilleurs buteurs. Ibrahima Mbaye a été catastrophique dès son entrée, alors qu’il affichait un tout autre visage sous Thiaw. Même Gana Guèye, véritable moteur de l’équipe sous ce dernier, semblait avoir perdu tous ses repères à son entrée en jeu. Et les exemples ne manquent pas.
Face à cette équipe du Mozambique, je suis convaincu qu’avec Pape Thiaw, nous aurions largement dépassé les quatre buts. Rappelons que nous avions infligé un 8-0 au Kenya, une équipe que je considère pourtant supérieure à celle du Mozambique.
La valeur d’une équipe nationale ne repose pas uniquement sur le talent individuel de ses joueurs. Elle dépend avant tout de la capacité de son sélectionneur à concevoir un véritable projet de jeu, à le transmettre et à le faire assimiler rapidement à son groupe.
C’est précisément là que réside la différence entre un bon entraîneur de club et un bon sélectionneur national. En sélection, on dispose déjà des meilleurs joueurs du moment. Le véritable défi consiste à les faire évoluer ensemble, à créer des automatismes et à leur donner une identité collective en un minimum de temps.
Il faut donc arrêter de nous faire croire qu’un sélectionneur national a nécessairement besoin de plusieurs années pour installer son système. Soit il possède les compétences nécessaires pour faire passer rapidement son message, soit il ne les possède pas. Une sélection nationale n’est pas un club où l’on dispose de toute une saison pour construire progressivement une équipe.
Et détrompez-vous si vous pensez qu’il faut accorder davantage de temps à Vieira pour qu’il prenne ses marques. À mon avis, même si on lui accordait dix années, il ne ferait guère mieux que ce qu’il nous a montré aujourd’hui.
Aliou Cissé est resté dix ans à la tête de notre équipe nationale. Malgré la CAN gagnée, je n’ai jamais constaté de véritable évolution dans son projet de jeu. Avec la génération exceptionnelle dont il disposait, nous aurions même pu remporter trois Coupes d’Afrique des nations .
Va-t-on maintenant nous demander d’attendre encore dix ans avec Vieira dans l’espoir de remporter une nouvelle CAN ?
Pape Thiaw, lui, n’a pas eu besoin de dix ans pour imposer sa marque. Dès son premier match contre le Malawi, il avait affiché ses ambitions et mis en place un projet de jeu clair, lisible et résolument offensif. Les joueurs avaient immédiatement adhéré à sa philosophie, et les résultats sur le terrain étaient visibles.
À l’inverse, ce que nous avons vu aujourd’hui avec Vieira n’augure, selon moi, rien de bon. J’ai bien peur que nous soyons en train de perdre du temps avec lui.
Et c’est là que la responsabilité de la Fédération sénégalaise de football est pleinement engagée.
Je considère que cette Fédération a commis une grave faute en écartant Pape Thiaw à quelques mois de la prochaine CAN. Une décision que je trouve profondément injuste et incompréhensible, tant son travail avait commencé à porter ses fruits. Quelles étaient les véritables raisons de ce changement ? Pourquoi avoir interrompu une dynamique aussi prometteuse ?
Le ministère des Sports a également fait preuve, à mes yeux, d’une grande faiblesse en acceptant une telle décision sans préserver la continuité du travail entrepris.
À force de décisions incompréhensibles, la Fédération risque de compromettre les acquis de notre équipe nationale et de nous faire perdre plusieurs années de travail.
Nous disposons d’une génération de joueurs talentueux, capables de rivaliser avec les meilleures sélections africaines et du monde. Encore faut-il leur donner un entraîneur capable de tirer le meilleur de leur potentiel collectif.
Le talent des joueurs ne suffit pas à faire une grande équipe. Il faut un sélectionneur qui possède une vision, un projet de jeu et, surtout, la capacité de le faire comprendre et appliquer rapidement. C’est précisément ce que j’avais vu chez Pape Thiaw et ce que je n’ai malheureusement pas retrouvé aujourd’hui chez Vieira.
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.