RDC : une campagne internationale relance le combat pour la reconnaissance des crimes commis dans l’Est du pays
Réunis le 30 mai à Paris, lors de l’événement « La Traversée », le Fonds national des réparations des victimes (FONAREV) et la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (Cia-Var) ont lancé une campagne internationale de sensibilisation et une pétition citoyenne. Elle vise à faire reconnaître les crimes commis dans l’Est de la République démocratique du Congo. Une initiative qui remet sur la table la question de la reconnaissance internationale de l’un des conflits les plus meurtriers du continent africain.
À travers cette campagne, les deux institutions congolaises entendent « porter la vérité, éveiller les consciences et renforcer la mobilisation internationale autour des massacres perpétrés en RDC depuis plusieurs décennies ».
L’initiative intervient dans un contexte où les acteurs congolais estiment que l’ampleur des souffrances subies par les populations civiles ne bénéficie toujours pas d’une reconnaissance à la hauteur des faits documentés.
Chercheurs, journalistes, scientifiques, avocats et artistes ont pris part à cette rencontre organisée dans la capitale française. Au fil des échanges, les participants ont insisté sur « l’importance de nommer les crimes commis, de préserver la mémoire des victimes et de poursuivre le plaidoyer pour une reconnaissance juste, fondée sur les faits documentés et sur l’exigence de justice ».
Pour les organisateurs, la bataille se joue autant sur le terrain de la mémoire que sur celui de la justice. Selon eux, la reconnaissance des crimes constitue une étape indispensable pour répondre aux attentes des victimes et lutter contre l’oubli.
« Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique plus large de vérité, de mémoire et de reconnaissance », ont-ils souligné, évoquant un combat porté par les Congolais mais également par « tous ceux qui refusent que ces tragédies tombent dans l’oubli ».
Derrière cette revendication se cache une réalité humaine particulièrement lourde. Les organisateurs ont rappelé « l’ampleur des drames humains vécus dans les zones affectées par les conflits », citant notamment les violences faites aux femmes, le recrutement d’enfants ainsi que les déplacements forcés de populations.
Pour le FONAREV et la Cia-Var, le manque de mobilisation autour de ces tragédies demeure une préoccupation majeure. Les deux institutions appellent ainsi à « une prise de conscience collective face aux souffrances endurées par les populations civiles ».
Elles plaident également pour « une mobilisation accrue de la communauté internationale afin de soutenir les victimes, promouvoir la justice et contribuer à une paix durable dans la région ».
La rencontre a aussi permis de mettre en avant le concept de « Genocost », inscrit dans le droit congolais pour désigner les génocides à but économique et les coûts humains des conflits en RDC.
« Engageons-nous à l’appropriation du Genocost et à la reconnaissance internationale du génocide congolais, pour la promotion de la culture de paix », ont lancé les initiateurs de la campagne.
Créé en 2022, le FONAREV affirme avoir déjà recensé plus de 250 000 victimes de violences liées aux conflits dans l’Est de la RDC. Pour l’institution, la reconnaissance officielle des crimes documentés constitue une étape essentielle vers la réparation des préjudices subis et la prévention de nouvelles tragédies.
Reste désormais à savoir si cette nouvelle campagne parviendra à faire progresser, sur la scène internationale, la reconnaissance d’un drame que les organisations congolaises considèrent comme l’un des plus meurtriers du continent, mais dont les victimes continuent de réclamer justice et visibilité.
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