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Immobilier, numérique, informel : Ces gisements fiscaux encore peu exploités au Sénégal

Auteur: Léna THIOUNE

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Immobilier, numérique, informel : Ces gisements fiscaux encore peu exploités au Sénégal

L'immobilier, le numérique et la formalisation de l'informel constituent aujourd'hui les principaux gisements fiscaux encore sous-exploités au Sénégal. C’est l’avis du fiscaliste Serigne Mbacké Sougou, invité de l’émission Seneweb Eco de ce dimanche 14 juin 2026. Le spécialiste des finances publiques estime que ces secteurs offrent d'importantes marges de manœuvre pour accroître les recettes sans augmenter la pression fiscale sur les contribuables identifiés.

Selon lui, le secteur immobilier figure parmi les domaines où le potentiel fiscal reste largement inexploité. « Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire dans le cadre de l'immobilier », affirme-t-il.

Pour l’économiste, l'essor du marché immobilier observé ces dernières années ne s'est pas traduit par une hausse équivalente des recettes publiques. « Le boom qu'il y a eu sur l'immobilier ne s'est pas reflété dans les recettes. Les gens ne payent pas l'impôt et il n'y a pas eu beaucoup de déclarations », souligne-t-il. Cette situation s'explique, selon lui, à la fois par la complexité de certains dispositifs fiscaux et par les difficultés de l'administration à identifier l'ensemble des contribuables concernés. « Aujourd'hui, la technologie est avancée. Il faut avoir un identifiant unique », plaide-t-il, estimant qu'un tel système permettrait de mieux recenser les propriétaires, d'évaluer les biens et de suivre les revenus fonciers.

Au-delà de l'immobilier, Serigne Mbacké Sougou identifie le numérique comme un autre levier majeur de mobilisation des recettes. Si le Sénégal a déjà instauré une taxation de certains services numériques à travers la TVA, il estime que cette démarche demeure insuffisante. « Le numérique est un gisement de recettes assez important qu'il faudrait explorer », déclare-t-il. Pour l'économiste, la fiscalité du numérique doit être appréhendée dans sa globalité. « Il faut aller plus loin, avoir une fiscalité globale sur le numérique, pas seulement la TVA mais aussi l'impôt sur les sociétés », explique-t-il. Le développement des transactions électroniques et des services financiers digitaux représente, selon lui, une opportunité pour élargir l'assiette fiscale tout en améliorant la traçabilité des activités économiques.

Évoquant le secteur informel, l’ancien responsable de l'Uemoa propose la mise en place d'un identifiant unique pour l'ensemble des citoyens et des entreprises. Inspiré notamment de l'exemple estonien, ce système permettrait de relier les différentes bases de données administratives et de mieux suivre les activités économiques. « Si on avait un système d'identifiant unique où on identifie tous les résidents à partir de leur numéro de téléphone et d'autres données, facilement on fiscaliserait tout le monde », soutient-il. Selon lui, cet outil faciliterait également l'accès des citoyens aux services publics, aux financements et aux différentes prestations administratives.

Rappelant que « 97 % des entreprises créées sont dans l'informel», Serigne Mbacké Sougou juge anormal qu'elles ne contribuent que marginalement aux recettes fiscales. Pour lui, l'identifiant unique constituerait un outil déterminant pour rapprocher progressivement ces acteurs de l'économie formelle.

Par ailleurs, le spécialiste des finances publiques estime que la fiscalisation de l'informel ne peut pas être envisagée uniquement sous l'angle de la contrainte. « Moi-même, je n'aime pas trop parler de secteur informel mais plutôt d'activités informelles », précise-t-il. Il estime que les acteurs concernés doivent percevoir des avantages concrets à leur formalisation. « Il faut changer le paradigme », insiste-t-il. Selon lui, les entreprises informelles doivent pouvoir bénéficier davantage des services publics, du financement bancaire ou encore de l'accès aux marchés publics. « Il faut considérer ces entreprises comme des entreprises devant bénéficier de tous les services publics de l'État », affirme-t-il.

Auteur: Léna THIOUNE
Publié le: Lundi 15 Juin 2026

Commentaires (2)

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    Xeme il y a 1 semaine
    Quand Sonko a exploité ces gisements, n'ont-ils pas crier à la surtaxation ? Ils ont dit que c'était mieux d'accepter les exigences criminels du FMI. Maintenant, ils vont accepter les exigences du FMI et taxer plus que Sonko. Et déjà on voit que la presse prépare la couverture.

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