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Thiès : Keur Massamba Guèye réclame son rattachement à Thiès-ville

Auteur: Cheikh CAMARA (Correspondant à Thiès)

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Thiès : Keur Massamba Guèye réclame son rattachement à Thiès-ville

Route dégradée, insécurité, éloignement administratif et incohérence territoriale alimentent la revendication des populations de Keur Massamba Guèye, une localité située aux portes de Thiès mais administrativement rattachée à la commune de Fandène distante de plus de 10 kilomètres. C'est donc à la suite de plusieurs sollicitations des riverains que le maire de Thiès, Dr Babacar Diop, s’est rendu sur les lieux.

Accompagné des services techniques de la Ville, l'édile de Thiès a effectué une visite de terrain afin de s’enquérir des conditions de vie des populations et de recueillir leurs préoccupations. Durant plusieurs heures, les échanges ont porté sur les nombreuses difficultés auxquelles les habitants sont confrontés au quotidien. Voirie dégradée, manque d’éclairage public, problèmes de sécurité, besoins en infrastructures sanitaires et contraintes liées aux démarches administratives figurent parmi les principales préoccupations exprimées.

Pour les populations, la question du rattachement administratif est devenue centrale. Elles estiment que leur appartenance à la commune de Fandène ne reflète plus les réalités qu’elles vivent chaque jour. La plupart des habitants travaillent à Thiès, y scolarisent leurs enfants, fréquentent ses marchés, ses structures sanitaires et ses différents services.

Après avoir visité plusieurs secteurs de la localité, Dr Babacar Diop a souligné la nécessité d’ouvrir une réflexion sur cette situation.

« Keur Massamba Guèye entretient des liens permanents avec la ville de Thiès. Les réalités vécues par les populations doivent être prises en compte dans toute réflexion sur l’organisation territoriale », a-t-il déclaré.

Le maire de Thiès considère que cette problématique ne concerne pas uniquement Keur Massamba Guèye. Selon lui, plusieurs zones périphériques connaissent une situation similaire. Bien qu’administrativement rattachées à d’autres collectivités territoriales, leurs populations vivent au pas de charge de Thiès-ville où elles exercent l’essentiel de leurs activités économiques, sociales et éducatives.

À ses yeux, la question mérite d’être examinée dans un cadre de concertation et de dialogue entre les différentes collectivités concernées. Il a insisté sur la nécessité de privilégier l’intérêt des populations et la cohérence territoriale plutôt que toute considération politique.

Prenant la parole au nom des habitants, Bassirou Ndao, principal du CEM de Keur Massamba Guèye, a exposé les nombreuses difficultés auxquelles les populations sont confrontées.

Selon lui, l’organisation administrative actuelle constitue une source permanente de contraintes. Les habitants doivent parcourir de longues distances pour accomplir certaines formalités administratives alors que leurs activités quotidiennes se déroulent presque exclusivement à Thiès.

Les populations jugent peu compréhensible de dépendre administrativement d’une commune éloignée alors qu’elles entretiennent des relations constantes avec la ville de Thiès. Elles estiment que cette situation entraîne des pertes de temps, des dépenses supplémentaires et de multiples désagréments pour les familles.

Autre préoccupation majeure : l’état de la route latéritique qui constitue la principale voie d’accès à la localité. Mbaye Cissé, dit Major, a alerté sur la dégradation avancée de cet axe qui se prolonge jusqu’à l’autoroute à péage. Selon lui, la circulation devient particulièrement difficile durant l’hivernage, compliquant les déplacements des populations, l’accès aux marchés et les activités économiques. Il a également souligné que plusieurs transporteurs hésitent désormais à desservir la zone en raison du mauvais état de la route.

Les habitants ont aussi insisté sur l’insuffisance de l’éclairage public, qu’ils considèrent comme un facteur aggravant de l’insécurité. Face à cette situation, ils affirment avoir mis en place, grâce à leurs propres contributions, un dispositif de gardiennage privé afin d’assurer la protection des personnes et des biens.

La question de l’accès aux soins a également été évoquée au cours des échanges. Les populations sont revenues sur le projet de construction d’un centre de santé dans la localité. Sur ce point, Dr Babacar Diop leur a demandé de lui transmettre les documents relatifs au dossier afin qu’il puisse entreprendre les démarches nécessaires auprès du ministère de la Santé pour en assurer le suivi.

Les habitants ont salué cette visite qu’ils considèrent comme un signe d’attention à leurs préoccupations. Ils ont notamment apprécié la démarche de proximité du maire de Thiès, venu constater lui-même les réalités du terrain et écouter directement les populations. Ils espèrent désormais que leur demande de rattachement à la Ville de Thiès sera examinée par les autorités compétentes et qu’une solution durable pourra être trouvée à une situation qu’ils jugent inadaptée aux réalités actuelles.

Dr Babacar Diop a, pour sa part, assuré qu’il entendait porter cette revendication auprès des instances concernées. Selon lui, la réflexion doit dépasser le seul cas de Keur Massamba Guèye et intégrer l’ensemble des zones périphériques dont les populations vivent, travaillent, étudient et se soignent à Thiès tout en dépendant administrativement d’autres collectivités.

Avant de quitter les lieux, il a instruit les Services techniques de la Ville de revenir sur le terrain afin d’évaluer les possibilités d’amélioration de la route et d’établir un état des lieux de l’éclairage public, en vue d’identifier des solutions susceptibles d’améliorer les conditions de vie des habitants. Il s’est engagé à intégrer les femmes dans le dispositif de financement mis en place par la Ville de Thiès.

Auteur: Cheikh CAMARA (Correspondant à Thiès)
Publié le: Vendredi 12 Juin 2026

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