Campagne agricole à Kédougou : les intrants au vert, les pluies inquiètent
La campagne agricole 2026-2027 avance à Kédougou, mais pas sans inquiétudes. Si les stocks d’engrais et de semences affichent des niveaux de mise en place globalement satisfaisants, la pluviométrie reste le principal sujet de préoccupation. Au 5 août, onze des quinze postes pluviométriques de la région accusent un déficit par rapport à l’année dernière.
À Kédougou, les producteurs disposent désormais d’une bonne partie des intrants nécessaires au démarrage de la campagne. Mais l’eau, elle, se fait encore attendre dans plusieurs zones.
Pour l’arachide, 466,30 tonnes de semences certifiées de la variété 73-33 R2 ont été réceptionnées sur les 485 tonnes prévues. Soit un taux de mise en place de 96,14 %. Côté distribution, le rythme est également soutenu : 415,40 tonnes ont déjà été cédées, correspondant à un taux de 89,08 %.
Maïs, manioc, fonio : des situations contrastées
Pour le maïs Swan R2, la mise en place atteint 90 %, avec 72 tonnes réceptionnées sur les 80 tonnes prévues. Mais la distribution traîne encore : seulement 15 tonnes ont été cédées, soit 20,17 %.
Le manioc affiche, lui, un meilleur bilan. Les besoins correspondant aux 80 hectares programmés ont été entièrement couverts. Taux de mise en place : 100 %. Mais aucune cession n’a encore démarré.
Le fonio et le sorgho restent, en revanche, en attente. Aucune mise en place n’a été enregistrée pour ces deux spéculations à la date du 5 août.
Riz : la disponibilité progresse
Dans la filière rizicole, trois variétés sur cinq sont déjà disponibles : BG 90-2, Sahel 108 et Nerica L19.
Pour la BG 90-2, 4 tonnes sur les 8 prévues ont été réceptionnées. Et elles ont toutes été distribuées.
La Sahel 108 affiche 387 tonnes réceptionnées sur 438,76 tonnes prévues, soit un taux de mise en place de 88,20 %. Mais seulement 113,02 tonnes ont jusque-là été distribuées.
La Nerica L19 suit la même dynamique : 104 tonnes réceptionnées sur 118, soit 88,14 %, dont 50,5 tonnes déjà cédées aux producteurs.
Engrais : presque tout est en place
Sur le front des engrais, les chiffres sont nettement plus rassurants.
Le 6-20-10 atteint 100 % de mise en place : les 294 tonnes prévues ont été réceptionnées. Plus de la moitié, soit 152,55 tonnes, ont déjà été distribuées.
Pour le 15-15-15, 595 tonnes sur 605 sont disponibles, soit 98,35 %. La distribution est particulièrement avancée avec 503,40 tonnes cédées, soit 84,61 %.
L’urée affiche également un niveau élevé de disponibilité. 363 tonnes sur 378 ont été réceptionnées, soit 96,03 %. Les producteurs ont déjà reçu 263,30 tonnes, correspondant à un taux de cession de 72,53 %.
Autrement dit, sur le volet des engrais, Kédougou est plutôt bien approvisionnée.
La chenille légionnaire sous surveillance
La bataille se poursuit également contre les ravageurs. La chenille légionnaire d’automne est signalée dans les départements de Saraya et Salémata.
Pour contenir la menace, la Direction de la Protection des Végétaux a renforcé les moyens de lutte. Les trois départements ont reçu chacun 40 litres de Sultan 480 EC, soit 120 litres pour toute la région.
Salémata a également bénéficié de 50 sachets d’Emacot.
Pour l’heure, les dégâts restent limités et la situation est jugée sous contrôle par les services techniques.
Le vrai point noir : la pluie
C’est sur le terrain climatique que les inquiétudes sont les plus fortes. Au 5 août, onze des quinze postes pluviométriques de la région enregistrent moins de pluie que l’année dernière.
Le cas le plus préoccupant est celui de Fongolimbi, qui accuse un déficit de 257,1 mm. À Kédougou météo, l’écart atteint 188,7 mm. À Ethiolo, il est de 163,5 mm.
Une exception notable : Oubadji, qui affiche un excédent de 218,4 mm par rapport à l’année dernière.
La comparaison avec la normale pluviométrique 1991-2020 n’est guère plus rassurante. Seuls Salémata, Saraya et Bembou enregistrent des excédents, respectivement de 104 mm, 128,2 mm et 106,5 mm.
Ailleurs, le déficit persiste. Il atteint notamment 176,5 mm à Ethiolo.
Hivernage tardif, pause à Salémata
Autre signal de vigilance : l’installation de l’hivernage a été tardive dans la région.
Une pause pluviométrique a notamment été observée dans le département de Salémata entre le 30 juillet et le 5 août.
Une situation qui pourrait compliquer la suite de la campagne, particulièrement dans les zones où les cultures sont encore aux premiers stades de leur développement.
Les cultures avancent malgré tout
Les premières vagues de semis d’arachide et de maïs ont déjà atteint les stades génératifs. Les autres vagues sont pour l’essentiel aux stades de levée ou de développement végétatif.
Tout dépendra désormais de la régularité des pluies. Car si les semences et les engrais sont disponibles, le facteur eau reste impossible à remplacer.
Une campagne sous surveillance
À Kédougou, le paradoxe est donc saisissant : les intrants sont là, mais la pluie ne suit pas partout. La campagne 2026-2027 démarre ainsi avec des indicateurs encourageants sur les semences et les engrais, mais avec une météo qui impose la prudence.
Les prochaines semaines seront décisives. Une reprise régulière des précipitations pourrait permettre aux cultures de rattraper leur retard. À l’inverse, la persistance du déficit pluviométrique pourrait rapidement transformer cette campagne prometteuse en campagne à risques.
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