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DANS LE PROLONGEMENT DE LA RÉFLEXION DE M. LE MINISTRE ABDOU FALL : Pour un nouveau contrat politique national (Par Mansour Sy)

Auteur: Mansour SY

DANS LE PROLONGEMENT DE LA RÉFLEXION DE M. LE MINISTRE ABDOU FALL : Pour un nouveau contrat politique national (Par Mansour Sy)

DANS LE PROLONGEMENT DE LA RÉFLEXION DE M. LE MINISTRE ABDOU FALL : Pour un nouveau contrat politique national (Par Mansour Sy)

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La tribune de M. le Ministre Abdou Fall me paraît ouvrir un débat particulièrement important pour notre pays. Elle intervient à un moment où le Sénégal, après plusieurs alternances démocratiques, semble appelé à réfléchir à une nouvelle étape de son histoire politique.

Je retiens notamment de sa réflexion l’idée que notre pays gagnerait à retrouver le goût du débat d’idées, non pas pour renouer avec les affrontements idéologiques d’une époque révolue, mais pour permettre aux différentes sensibilités de confronter leurs visions du Sénégal et de son avenir.

Je crois également que l’interrogation posée autour d’un « compromis historique sénégalais » mérite d’être approfondie. Il ne s’agirait évidemment pas de reproduire les compromis du passé, mais de rechercher, dans les conditions actuelles, ce qui pourrait permettre à des forces différentes de travailler ensemble sur l’essentiel.

C’est dans cette perspective que je voudrais, très modestement, prolonger la réflexion en posant une question

:

Comment pourrait-on prolonger cette recherche de convergences et faire émerger, progressivement, un nouveau contrat politique national ?

  1. Du capital politique au capital humain national

M. le Ministre Abdou Fall rappelle que plusieurs grandes forces politiques sénégalaises disposent d’une expérience importante de l’exercice du pouvoir d’État.

Je crois que cette expérience constitue effectivement un capital politique national qu’il serait dommage de ne pas valoriser.

Mais il me semble que le Sénégal dispose également d’un capital beaucoup plus large : son capital humain.

Celui-ci se trouve dans toutes les composantes de notre société : dans l’administration et les services publics, dans les entreprises, les universités et les centres de recherche, dans les organisations professionnelles et syndicales, dans la société civile, dans les collectivités territoriales, parmi les entrepreneurs, les cadres, les enseignants, les chercheurs, les jeunes générations et, bien entendu, au sein de notre diaspora.

La question pourrait alors être de savoir comment mieux mobiliser cette richesse humaine, professionnelle et intellectuelle au service du pays.

Il me semble notamment nécessaire de rechercher les moyens de mettre ce capital humain au service exclusif de l’intérêt national, au-delà des appartenances et des intérêts particuliers.

  1. Travailler avec les forces en présence

Je ne crois pas qu’un nouveau contrat politique devrait nécessairement chercher à rassembler indistinctement toutes les forces en présence.

Il me semblerait plus utile d’identifier, dans l’ensemble du paysage politique, économique, social et intellectuel national, les forces qui ont intérêt à travailler ensemble et qui acceptent la fertilisation croisée de leurs expériences et de leurs compétences.

Il ne s’agirait donc pas nécessairement de rechercher une uniformité politique.

Il s’agirait plutôt de rechercher des convergences utiles au pays.

La question pourrait être moins :

Qui doit rejoindre qui ? que :

Que pouvons-nous faire ensemble que nous ne pourrions pas faire séparément ?

Cette manière de poser le problème permettrait peut-être de sortir d’une logique de simple addition des appareils ou des appartenances.

Il s’agirait davantage de mettre en synergie des compétences, des expériences et des sensibilités différentes.

  1. La fertilisation croisée des expériences et des compétences

C’est ici que la notion de fertilisation croisée me paraît pouvoir apporter quelque chose à la réflexion.

Le Sénégal dispose d’expériences multiples qui restent trop souvent cloisonnées.

L’expérience de l’État pourrait davantage dialoguer avec celle du secteur privé.

L’université et la recherche pourraient être davantage connectées à l’entreprise et aux besoins de l’économie.

Les générations qui ont connu les grandes étapes de la construction de notre État et de notre démocratie pourraient transmettre leur expérience aux nouvelles générations.

Celles-ci pourraient, en retour, apporter leurs compétences nouvelles, leur créativité, leur maîtrise des technologies et leur rapport différent au monde.

Notre diaspora pourrait également être davantage mobilisée comme réservoir de compétences, d’expériences et de réseaux internationaux.

Les organisations professionnelles, syndicales et citoyennes pourraient elles aussi contribuer à cette production collective de solutions.

Je crois que cette fertilisation croisée des expériences, des générations et des compétences pourrait constituer l’un des moyens de donner une traduction concrète au nouveau contrat politique national.

  1. Ne pas rester indifférents à la situation actuelle

Cette réflexion ne devrait cependant pas nous conduire à perdre de vue les réalités immédiates auxquelles notre pays est confronté.

Nous ne pouvons pas rester insensibles aux contradictions qui se manifestent actuellement au sommet de l’État.

Au-delà des personnes et des responsabilités dans ces différends, ce qui doit nous préoccuper avant tout, c’est leur impact possible sur le fonctionnement de l’État, sur la confiance des citoyens et sur la capacité du pays à répondre aux urgences économiques et sociales.

Le Sénégal ne peut pas se permettre que les tensions politiques détournent durablement l’attention des préoccupations essentielles de la population.

Les Sénégalais attendent des réponses à leurs difficultés quotidiennes. Ils attendent du travail, des revenus, des services publics efficaces, une amélioration de leurs conditions de vie et des perspectives pour leurs enfants.

La souffrance sociale ne peut être mise entre parenthèses pendant que les forces politiques se confrontent.

C’est pourquoi le débat sur un nouveau contrat politique ne devrait peut-être pas être renvoyé à une échéance politique future.

Il pourrait aussi avoir pour ambition de contribuer, dès maintenant, à améliorer la situation des Sénégalais et à apporter des réponses concrètes aux difficultés qu’ils vivent.

La responsabilité des forces en présence pourrait ainsi être double : contribuer à préserver la stabilité et le fonctionnement normal des institutions, mais aussi participer, chacune selon ses possibilités, à la recherche de solutions aux difficultés actuelles du pays.

  1. Conserver les différences tout en recherchant les convergences

Je comprends la réflexion de M. le Ministre Abdou Fall comme une invitation à revisiter les différentes traditions politiques qui ont contribué à façonner notre histoire.

Il me semble important de préserver cette diversité.

Le nouveau contrat politique ne devrait pas demander aux différentes sensibilités de renoncer à leurs convictions.

Il pourrait plutôt rechercher un accord sur quelques principes fondamentaux : la République, la démocratie, l’État de droit, le pluralisme, les libertés publiques, l’unité nationale, la cohésion sociale et la primauté de l’intérêt national.

Les divergences sur les moyens, les politiques économiques, sociales ou institutionnelles resteraient naturellement légitimes.

Elles constituent même une richesse lorsqu’elles permettent un véritable débat d’idées.

L’objectif ne serait donc pas de supprimer les différences, mais de faire en sorte qu’elles puissent contribuer à une réflexion collective sur les grandes priorités nationales.

  1. Du compromis historique à un pacte de transformation

Je crois que c’est à ce niveau que la réflexion pourrait être utilement approfondie.

Le compromis historique ne devrait peut-être pas s’arrêter à une convergence politique.

Il pourrait déboucher sur un pacte de transformation nationale, construit autour d’un nombre limité de priorités clairement définies.

Parmi celles-ci pourraient figurer :

  1. la réhabilitation de l’État et des institutions ;
  2. la modernisation de l’administration ;
  3. le renforcement de l’éthique et de la responsabilité publiques ;
  4. le développement du secteur privé national et des PME

;

  1. la construction d’une économie productive et créatrice d’emplois ;
  2. la souveraineté alimentaire et énergétique ;
  3. la réforme de l’éducation et de la santé ;
  4. la réduction des fractures sociales et territoriales ;
  5. l’investissement dans le capital humain ;
  1. la préparation du Sénégal aux transformations technologiques, numériques et environnementales.

L’objectif ne serait donc pas seulement de gouverner ensemble, mais de chercher à transformer ensemble.

  1. La primauté de l’intérêt national

À mon sens, toute démarche de cette nature devrait être guidée par un principe simple : l’intérêt national doit rester supérieur aux intérêts particuliers.

Cela ne signifie évidemment pas la disparition du pluralisme ou des différences politiques.

Cela signifie plutôt que les forces qui accepteraient de participer à une telle démarche devraient être capables, sur les grandes questions nationales, de dépasser leurs intérêts propres lorsque ceux-ci entrent en contradiction avec l’intérêt général.

Le pouvoir lui-même devrait être replacé dans cette perspective.

Il pourrait être considéré avant tout comme un moyen de mettre en œuvre un projet national, et non comme la finalité ultime de l’engagement politique.

  1. Commencer par travailler ensemble

Il me semble également que la préparation d’une alternative pourrait suivre une démarche différente de celles que nous avons souvent connues.

Plutôt que de commencer par rechercher une coalition politique, pourquoi ne pas commencer par faire travailler ensemble les forces qui souhaitent réellement contribuer à la recherche de solutions pour le pays ?

Des espaces de réflexion pourraient réunir des responsables politiques de sensibilités différentes, des experts, des universitaires, des professionnels, des entrepreneurs, des représentants des organisations sociales et des jeunes générations.

Ils pourraient confronter leurs diagnostics, tirer les enseignements des expériences passées et rechercher ensemble des réponses aux grands défis du pays.

Les convergences politiques pourraient ensuite se construire progressivement autour du travail accompli.

Produire d’abord les idées et les solutions ; construire ensuite les convergences ; et seulement, le moment venu, rechercher les formes politiques capables de les porter.

  1. De l’alternance à l’alternative

Je crois que c’est ici que la réflexion mérite d’être poursuivie.

Le Sénégal a acquis une expérience importante de l’alternance démocratique.

Il nous faut maintenant réfléchir à la manière de construire des alternatives capables de mobiliser durablement les ressources humaines, intellectuelles et économiques du pays.

Mais construire l’alternative ne signifie pas nécessairement attendre une prochaine échéance électorale.

Cela signifie aussi commencer dès maintenant à réfléchir, proposer, agir et travailler à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens.

Une alternative ne devrait donc pas être seulement une nouvelle équipe appelée à exercer le pouvoir.

Elle pourrait reposer sur :

une vision ; un projet ; une méthode ; des compétences ; une culture de gouvernement ; et une capacité à produire des résultats.

C’est pourquoi je crois que le capital politique accumulé par les différentes générations pourrait utilement être mis en relation avec le capital humain disponible dans toutes les composantes de la Nation. Conclusion

La réflexion proposée par M. le Ministre Abdou Fall me paraît constituer une invitation utile à rouvrir le débat sur l’avenir politique du Sénégal.

L’idée d’un « compromis historique sénégalais » pourrait, me semble-t-il, être prolongée par celle d’un nouveau contrat politique national, à condition que celui-ci ne soit pas réduit à un simple accord entre formations politiques.

Il pourrait être davantage : un cadre permettant aux forces en présence qui le souhaitent de confronter leurs idées, de croiser leurs expériences, de mettre en commun leurs compétences et de rechercher ensemble des solutions aux grands défis du pays.

Mais cette réflexion ne saurait être dissociée des réalités vécues aujourd’hui par nos concitoyens.

Les souffrances actuelles des Sénégalais nous obligent à ne pas attendre demain pour agir.

Le débat politique, le débat d’idées et la recherche de convergences doivent aussi contribuer à répondre aux urgences du présent : l’emploi, le pouvoir d’achat, l’accès aux services essentiels, l’éducation, la santé, les inégalités, les difficultés des entreprises et les perspectives offertes à notre jeunesse.

Le Sénégal n’a probablement pas besoin que toutes ses forces pensent de la même manière.

Il pourrait avoir besoin, au contraire, de faire de leur diversité une richesse, à travers une fertilisation croisée des expériences, des générations et des compétences.

La question essentielle pourrait alors devenir :

Comment mobiliser ce que notre pays possède de meilleur pour construire ensemble ce qu’il peut devenir, tout en répondant dès aujourd’hui aux souffrances de nos concitoyens ?

C’est dans cette perspective que le capital humain national pourrait être considéré comme une ressource stratégique de la Nation.

Après les alternances, il nous faut construire les alternatives.

Et pour les construire, peut-être devons-nous apprendre davantage à travailler ensemble, sans nous confondre, au service exclusif de l’intérêt national et du mieux-être des Sénégalais.

C’est, à mes yeux, l’une des pistes qui pourrait donner tout son sens au débat ouvert par M. le Ministre Abdou Fall sur un nouveau compromis historique et sur la construction d’une véritable alternative de salut national.

Mansour Sy

Ancien ministre

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- La tribune de M. le Ministre Abdou Fall ouvre un débat sur un « compromis historique sénégalais » et la nécessité de retrouver le goût du débat d’idées pour confronter les visions de l’avenir du pays. - L’auteur propose de valoriser le capital humain national (administration, entreprises, universités, diaspora, etc.) et de favoriser une « fertilisation croisée » des expériences et compétences entre forces politiques, générations et secteurs. - Il souligne l’urgence de ne pas ignorer les tensions actuelles au sommet de l’État, car elles risquent de détourner l’attention des préoccupations économiques et sociales des Sénégalais, et appelle à un nouveau contrat politique qui réponde dès maintenant aux difficultés concrètes.
Auteur: Mansour SY
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Commentaires (2)

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  • avatar
    Les Zombies du PIT apériste il y a 2 mois
    Pauvres de Pitards de PIT larbins de Macky Sall durant tout son mandat et aujourd'hui les plus critiques de l'ancien duo du Pastef. Même pas 1 mois d'État de grâce. Pire, plus critiques que l'APR. Bonbon de Ministère du Travail Complice de toute la Mal Gouvernance constatée dans les institutions sociales durant tous le deux Mandats.
  • avatar
    goya il y a 2 mois
    0on a toujours trouvé es consensus on a trouvé des compromis mais au détriment du peuple. pour cette fois aucun compromis il faut passer a un autre systeme. Dégager ceux qui pillent le pays et travailler avec les patriotes

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