Le jour où j’ai failli perdre la vie en sortant de la chaloupe de Gorée (Par Ousseynou Nar Gueye)
Aléas humains mortels de la liaison maritime Dakar-Gorée
Le jour où j’ai failli perdre la vie en sortant de la chaloupe de Gorée
En ce premier quart écoulé du 21ème siècle, alors que j’étais Directeur Adjoint du Département Culture de l’Ong ‘‘Gorée Institute’’, je prenais tous les jours le deuxième départ depuis Dakar allant sur l’île où est mort assassiné par le pouvoir senghorien, l’étudiant syndicaliste sorbonnard Oumar Blondin Diop.
La vue sur le fort devenu musée, qui a servi de prison jusqu’à sa désaffectation en 1977, était très belle le matin. Tous les matins du monde sont beau. Je prenais donc chaque jour ouvré de la semaine la chaloupe quittant le continent à 7h30. Pour rallier le premier étage de Gorée Institute, avec ses ‘‘pigeons’ holes’’ qui nous servaient de boîte à lettres individuelles concernant les orientations du top management et l’échange de dossiers physiques sur la vie et la bonne marche de l’Institut créé dans le sillage des négociations entre Blanc Boers Sud-Africains et Noirs Sud-Africains, en direction de la fin de l’apartheid. D’ailleurs, à cette époque, le Directeur de Gorée Institute était un Sud-Africain blanc, de même que le Président de notre Conseil d’Administration Van Zyl Slabbert. Mon Directeur de Département (Culture) était un autre Sud-Africain, un Noir diasporique, John Matshikiza, journaliste, écrivain, acteur de théâtre et de cinéma ayant joué dans des productions hollywoodiennes, et éditorialiste de grand talent. Pour rentrer chez moi à Fann Hock dans ce temps-là, je sautais dans la chaloupe de 18h30 partant de l’île-mémoire.
J’écris ceci pour prévenir contre un risque mortel qui perdure sur l’île depuis 30 ans. En effet, à l’embarcadère du Port de Dakar, pour enjamber l’eau afin de monter dans la chaloupe Beer, dans la chaloupe Boubacar Joseph Ndiaye ou dans la chaloupe Coumba Castel, tous les voyageurs peuvent marcher et doivent marcher sur deux petits ponts métalliques à couleur argentée et avec des bordures des deux côtés. Pour empêcher toute chute de personne dans l’eau.
Or, au débarcadère, à Gorée, pour sortir comme pour monter dans l’une des chaloupes de la Liaison Maritime Dakar-Gorée, il y a un bien curieux manège qui met en danger mortel la vie des gens.
Alors que la chaloupe se balance à un mètre cinquante du quai contre le mur duquel elle ne touche pas car ce mur est protégé par des masses noires cylindriques caoutchouteuses, il y a deux ou quatre hommes des forces de défense et de sécurité. Et ces hommes de tenue attrapent par la main ou l’avant-bras chacun ou presque tous des passagers qui sortent ou montent un à un dans la chaloupe depuis Dakar.
Effarant. Et plein de risques mortels si l’on chute et que par retour de balancier la chaloupe vous écrase contre le mur vertical du quai. Empli de périls létaux ; car l’aléa humain est toujours celui qui est le plus difficile à maîtriser.
Et j’en parle car j’ai bien failli mourir en débarquant de la chaloupe de Gorée, en cette île de Maam Coumba Castel.
Ce matin-là, dans ma chemise bleue marine taillée dans un tissu de la boutique Maam Samba de vêtements au coton et aux teintures artisanales, au moment où le militaire me donnait la main, je suis tombé dans l’eau. Cinq secondes après, deux militaires me remontaient dans l’eau en tirant sur mes mains levées haut dans le ciel. J’aurais pu mourir. J’ai cru mourir ce matin-là. Après avoir repris mes esprits pendant deux heures au bureau entre 8 h et 10 heures, je suis reparti par la chaloupe vers Dakar à 10 h, afin d’aller atterrir de mon stress à mon domicile.
Cette scène a eu lieu il y a plus de deux décennies, plus de vingt ans. Et la même pratique de sortie et de montée tractée par des bras humains subsiste sur l’île de Gorée.
Eh bien, il est temps pour la Liaison Maritime Dakar-Gorée de penser à la vie des gens qui vont et viennent à Gorée et de sécuriser le débarcadère de l’île mausolée de la Traite atlantique… ! et d’installer les mêmes courts pontons métalliques à Gorée, entre l’embarcadère de l’ile et les trois chaloupes qui vont et viennent, se succédant sur la Grande Eau Bleue à un train serein et imperturbable de Driankés sénégalaises.
En ce mois de septembre 2026, mois où eut lieu en 2002 le cauchemardesque et « titaniquesque » naufrage du bateau « Le Joola » (plus de 2000 morts), il faut d’autant plus faire cet appel et ce rappel aux simples respects des normes de sécurité en matière de transports.
Par Ousseynou Nar Gueye
* Directeur Général d'Axes et Cibles Com ( www.axes-cibles-com.sn )
* Directeur de Publication de NATIONS HEBDO ( www.nations-sn.com )
Commentaires (23)
Mais, en écrivant..."allant sur l’île où est mort assassiné par le pouvoir senghorien, l’étudiant syndicaliste sorbonnard Oumar Blondin Diop."... au lieu de dire simplement, en allant à Gorée, où se trouve la valeur ajoutée ici??
Le jour où j’ai failli perdre la vie en sortant de la chaloupe de Gorée
Pendant plusieurs années, alors que je travaillais au Gorée Institute, j’empruntais quotidiennement la chaloupe entre Dakar et Gorée.
J’écris aujourd’hui pour attirer l’attention sur un risque de sécurité qui perdure depuis plusieurs décennies au débarcadère de Gorée.
À Dakar, l’embarquement et le débarquement sont facilités par de petits pontons métalliques sécurisés par des bordures. À Gorée, en revanche, les passagers doivent encore franchir l’espace entre la chaloupe et le quai avec l’aide d’agents qui les saisissent par la main ou l’avant-bras.
Cette pratique présente un risque réel de chute et d’accident grave, notamment lorsque la chaloupe bouge sous l’effet de la houle. Une personne tombant entre le bateau et le quai pourrait être écrasée par le mouvement de la chaloupe.
J’en ai moi-même fait l’expérience il y a plus de vingt ans. Alors que je débarquais à Gorée et qu’un militaire me tenait la main, je suis tombé dans l’eau entre la chaloupe et le quai. Deux militaires ont heureusement pu me sortir rapidement de l’eau. J’aurais pu y perdre la vie.
Plus de vingt ans après cet accident, le même dispositif subsiste.
Il est donc urgent que la Liaison maritime Dakar–Gorée sécurise le débarcadère de Gorée, notamment en y installant des passerelles ou pontons adaptés, comme ceux utilisés à Dakar, afin de réduire les risques pour les passagers.
En ce mois de septembre 2026, qui rappelle le naufrage du Joola survenu en septembre 2002, cet appel à renforcer le respect des normes de sécurité dans le transport maritime prend une résonance particulière.
Par Ousseynou Nar Gueye
Trop de verbiage et de bla bla inutiles.
10 phrases suffisaient amplement pour dire l essentiel ..
PS: La photo ne reflete la tete du guignol en 2026.🤮
Peut importe l'avis qu'on peut avoir sur l'homme, il pose ici un problème qui peut être réglé pour moins d'un million de francs CFA par l'installation de passerelles adaptées.
Moins d'attaque personnelles, débattons idées.
Je tiens à faire amende honorable après avoir relu votre texte avec davantage de recul. Ma première réaction, sans doute trop spontanée, a été sévère et je reconnais volontiers que je n’ai pas suffisamment pris en compte le fond et surtout la dimension profondément humaine de votre témoignage.
Je vous présente donc sincèrement mes excuses si mes propos ont pu vous paraître injustes ou blessants. Avec le recul, je mesure davantage la compassion, la sensibilité et l’humanité qui se dégagent de votre texte.
Je tiens surtout à vous remercier pour ce témoignage et pour cette compassion que vous avez su exprimer avec autant de sincérité.
Merci pour le rappel Veritas!
Je vous présente donc sincèrement mes excuses si mes propos ont pu vous paraître injustes ou blessants. Avec le recul, je mesure davantage la compassion, la sensibilité et l’humanité qui se dégagent de votre texte.
Je tiens surtout à vous remercier pour ce témoignage et pour cette compassion que vous avez su exprimer avec autant de sincérité.
CHARABIA
CHARABIA
Trouvez-nous des histoires plus interessants que ce message qui pouvait se limiiter en deux paragraphes, et qui ne nous interesse pas. Quelle perte de temps
À force d’emphase, on attend presque : « Ô Gorée, île de mes ancêtres, bercée par les alizés et les souvenirs… »
C’est tout de même cocasse : accuser Senghor d’avoir fait assassiner Blondin Diop tout en décrivant son trajet vers Gorée exactement comme Senghor aurait décrit son retour à Joal.
Finalement, Senghor est peut-être innocent d’une chose au moins : il n’a pas assassiné le style de ce monsieur. Au contraire, il semble l’avoir ressuscité.
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