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Le mépris du peuple est aussi est un symptôme de l’aliénation systémique (Par Ndiaga Loum)

Auteur: Ndiaga LOUM

Le mépris du peuple est aussi est un symptôme de l’aliénation systémique (Par Ndiaga Loum)

Le mépris du peuple est aussi est un symptôme de l’aliénation systémique (Par Ndiaga Loum)

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Tirer les leçons de ses échecs en politique est un exercice difficile, parfois même insupportable pour les petites personnalités qui se pensaient trop grandes pour devoir être le premier choix des peuples. Pour contourner l’inconfort des questionnements qu’exige l’exercice d’auto-critique au lendemain des déceptions électorales (marqueurs identitaires tenaces d’une impopularité de fait), il est un de ces effets cathartiques pour l’équilibre de sa psyché, de rejeter le tort sur les autres.

C’est donc le peuple aliéné, inconscient, mythifié, trompé, abusé qui serait la victime inconsciente des vainqueurs. En ces circonstances, on peut comprendre que le décalage entre ce que vous pensez être et ce que vous êtes réellement à l’épreuve des urnes soit terrible et dévastateur pour la conscience. Dans ces moments, à défaut de consulter pour soulager les souffrances que causent l’amertume et la déception, la seule issue salvatrice est de se faire violence soi-même pour retrouver un brin de lucidité, d’humilité et de réalisme.

À trop s’y méprendre, l’on risque fort de se tromper de diagnostic. Le problème de la plupart de nos hommes politiques actuels, c’est la paresse d’investir dans la réflexion critique profonde pour comprendre les changements sociaux et les répercussions immédiates de la vitesse de ces transformations sur les masses, et donc sur les votants. Les populations sénégalaises ne suivent pas Ousmane Sonko de façon inconsciente ou aveuglée. La plupart de ceux qui le suivent sont des gens extrêmement réfléchis, anciennement résignés et déconnectés du champ politique, qui ont trouvé dans les médias sociaux des plateformes d’expression, d’atténuation et de mitigation de leurs colères légitimes, ayant retrouvé dans le discours politique radical du leader de Pastef, fortement relayé dans ces mêmes réseaux, une nouvelle source d’espérance et des motifs d’engagement.

En dehors de la sphère divine où la réflexion n’est pas indispensable, le succès populaire et électoral de Ousmane Soncko s’explique. L’essentiel relève de son mérite personnel, de sa capacité à produire, avec constance, un discours connecté aux préoccupations sociales et aux exigences d’une citoyenneté fière, lucide et avertie, en quête de plus de souveraineté. Le succès s’explique aussi par le fait d’assumer de façon pragmatique les risques de travers du langage simple, direct, du naturel, de l’authentique et du spontané que dévierait habilement la posture traditionnelle de la langue de bois qui substitue les fausses apparences de tact au vrai, à l’originel ou l’original.

Attention, cette spontanéité tactique de Sonko, qui contraste avec les calculs intéressés et suspicieux du politicien traditionnel, ne postule guère qu’il soit dépourvu de ruse et d’intelligence stratégique sur le moyen terme. Il est, pour s’en convaincre, de suivre comment il transfère progressivement un capital politique personnel vers son parti, avec cette initiative de vente massive de cartes qui transforme des sympathisants de l’ombre en militants actifs de Pastef. Il ne sert à rien pour les adversaires irréductibles de Sonko de nier ceci par jalousie ou par méchanceté, et de faire du peuple électoral un bouc émissaire.

La vérité est ailleurs. La vérité froide d’aujourd’hui est que les anciens propagandés sont devenus des propagandistes et les influencés sont désormais eux-mêmes des influenceurs. Ne pas faire l’effort de comprendre ceci et de persister à mépriser le peuple, ce ne sont là que les manifestations symptomatiques d’une aliénation systémique symbolique dont on souffre sans l’admettre.

C’est une forme de torture psychologique que l’on s’auto-inflige, des attitudes de complexe de supériorité et de mépris du peuple souverain certes moins coûteuses en temps et en énergie pour réfléchir et comprendre enfin, que son problème n’est jamais l’autre. Décidément, il y a des combattants qui n’ont pas besoin d’adversaires pour perdre. Comment espérer avoir la confiance d’un peuple en postulant son inintelligence, son inconscience et en préjugeant publiquement de son aveuglement ?

Ndiaga Loum, professeur titulaire, UQO

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- L'article critique les hommes politiques qui, après une défaite électorale, rejettent le tort sur un peuple jugé "aliéné" ou "trompé" au lieu de faire leur auto-critique. - Il affirme que le succès de Ousmane Sonko s'explique par son discours connecté aux préoccupations sociales, son langage direct et sa stratégie de transfert de son capital politique vers son parti Pastef. - Il conclut que mépriser le peuple et le considérer comme inconscient est un symptôme d'aliénation systémique, et que les anciens "propagandés" sont devenus des "propagandistes".
Auteur: Ndiaga LOUM
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Commentaires (14)

Trier par :
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    Ousmane Ndiaye il y a 2 mois
    Merci infiniment Professeur
    Encore qu’il y ait des lanternes pour davantage éclairer le chemin que le peuple a emprunté et que -comme vous dites- les politiciens obsolètes ne peuvent percevoir encore moins comprendre
    L’humilité est une vertu inexistante pour ces politiciens
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    Jean-le-fou il y a 2 mois
    D'où est sorti ce quidam qui nous parle d'élection dont la dernière remonte à deux ans ? Et ce pseudo professeur est convaincu que l'électorat est figé depuis. Vous ne méritez que mepris.
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    Impartial il y a 2 mois
    Que de vérités irréfutables et scientifiques argumentées! Je peux ne pas être d'accord avec vous professeur sur certains points mais je salue avec respect la qualité SCIENTIFIQUE ET LA RIGUEUR de votre argumentation. Un collègue impartial !
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    Donso il y a 2 mois
    Grand Ndiaga, la 1ere phrase n'a aucun sens logique, plus le texte est un peu trop cryptique dans l'ensemble.
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    Le fou du village il y a 2 mois
    En réalité, tous ceux qui sont honnêtes et qui aiment le Sénégal, reconnaissent qu'il n'y a pas photo entre Ousmane Sonko et les autres politiciens qui n'ont que leurs grandes gueules puantes de mensonges et de calomnies pour s'opposer à lui...
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    @Serigne G il y a 2 mois
    Reprendre bêtement seneque traduit une crasse incultture et une brutale méconnaissance du but et du contexte de cette citation. Si tu avais un peu de culture, et que tu pouvais analyser les suites de l'histoire de seneque et de ceux qui s'en ont inspirée, t'aurais appris que ceux qui jugent les foules bêtes sont les plus idiots de la société et que ignorant leur propre ignorance ils ont commis les pires bêtises sur les autres avant de devenir victimes des révoltes populaires. Il nest jamais trop tard pour apprendre. Reprendre des citations ne vous rendra plus intelligent.
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    Khalass il y a 2 mois
    Ndiaga fut mon enseignant
    Avant d'emigrer au Canada laissant le Cesti dans le désarroi. Je ne le reconnais plus. Je ne ozux croire que ce cerveau XXL soit assujetti à ce point à un homme. Vraiment dommage Ndiaga.
    Heureusement que l'on a appris à nous déconnecter des gens qui deifient une personne.
    Malgré votre parcours académique et syndicale vous vous voyez en Talibé dun homme ?
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    pape il y a 2 mois
    un accident monumental que tu te sois retrouvé au cesti !!!!!
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    Pape il y a 2 mois
    @Khalass
    Un accident monumental historique que tu te sois retrouvé au CESTI !!! certainement les vibrations négatives de tes neurones ont contribué à l'éloignement du Pr Ndiaga !!! En plus tpute sa brillante démonstration était pour fustiger ton genre de texte et de conception des sénégalais. PUFFFF!
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    Titré il y a 2 mois
    début du paragraphe 4 " En dehors de la sphère divine où la réflexion n’est pas indispensable...." Bravo, une chance pour un parfait décérébré !
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    @titré il y a 2 mois
    Mais oui titre, on ne peut expliquer la volonté divine, Dieu fait et n'a pas de compte à rendre, on s'incline si on est croyant, dans ce domaine la réflexion n'est pas indispensable. Est-ce que tu es athée ?
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    Jean-le-fou il y a 2 mois
    @@titré  Non il n'est pas athée. Il fait plutôt référence aux moutons, y compris ce professeur qui adore un guru inculte. Qui lui doivent allégeance et obéissance. Chez vous les pestiférés, les bourdes du guru sont des écritures saintes.
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    Serigne G. il y a 2 mois
    Une sortie en tenue professorale (l’habit ne fait pas le Moine) aux antipodes de l’intellectuel modéré et tempéré, un manque de talent, aride et caustique. On y voit clairement une flagornerie arrogante de suffisance et des affirmations à l’emporte-pièce, une tête enfouie dans son ghetto gothique. Il cherche manifestement à induire en erreur. Soyons vigilants, surtout, ne commettons guère d’impair : celui qui croit détenir la popularité est toujours celui qu’il faut soigneusement mettre de côté, parce que, encore une fois, bon à rappeler et à retenir, « la foule et l’opinion sont toujours dans l’erreur » (Sénèque)

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