Ousmane Sonko : les limites d’une doctrine souverainiste face aux réalités économiques (Par Papa Oumar Seck)
Le discours sur la souveraineté économique et monétaire porté par Ousmane Sonko repose sur des raccourcis dangereux pour la stabilité du Sénégal.
L'idée selon laquelle créer sa propre monnaie suffirait à garantir la richesse et la souveraineté d'une nation relève d'une illusion. La monnaie ne crée pas la richesse ; elle n'est que le reflet des mécanismes économiques sous-jacents. La possession d'une monnaie nationale n'est pas synonyme de création de valeur. La force d'une devise repose sur la productivité de l'économie réelle, l'équilibre de la balance commerciale et la confiance des marchés.
En Afrique, sur 54 États, seuls 9 fabriquent localement leurs billets, l'écrasante majorité important les supports et technologies nécessaires.
Par ailleurs, l'ancrage du franc CFA à l'euro et la garantie de convertibilité ne constituent pas un frein au développement. Au contraire, cette parité fixe confère au franc CFA aux côtés du dirham marocain une stabilité parmi les plus solides du continent, reconnue par les institutions financières internationales. Enfin, affirmer que les réserves de change sont bloquées en France relève d'une méconnaissance des textes : depuis la réforme de 2020, ces réserves sont centralisées au niveau de la BCEAO.
À travers ses prises de parole et les propositions formulées dans son ouvrage Solutions, Ousmane Sonko incarne une posture souverainiste poussée à l'excès.
Promouvoir une nationalisation des industries extractives en prétendant produire en autarcie au sein d'une économie globalisée constitue une hérésie. Les nations évoluent dans un réseau d'interdépendances marchandes et technologiques. Aucune nation ne peut prospérer isolée des chaînes de valeur globales.
Ce souverainisme populiste sert de levier électoral, mais se heurtera inévitablement au mur des réalités dès l'épreuve du pouvoir, où la complexité des flux financiers et commerciaux internationaux s'impose à tous.
Papa Oumar Seck
Économiste
Commentaires (17)
Sénégal souñou rew
😂
Bravo !
Première faiblesse, vous confondez souveraineté monétaire et autarcie. Défendre une monnaie nationale ne revient pas à prétendre produire seul dans une économie fermée. La question posée est celle de l’espace de politique macroéconomique, taux d’intérêt, change, rôle de prêteur en dernier ressort. L’argument selon lequel seuls 9 pays africains sur 54 fabriquent localement leurs billets est un faux débat, car l’impression fiduciaire est une prestation technique externalisable qui ne détermine pas la souveraineté monétaire.
Deuxième faiblesse, vous confondez stabilité nominale et performance économique. La parité fixe avec l’euro apporte une stabilité des prix et du change, mais elle n’a pas empêché une faible transformation structurelle, un chômage élevé et une dépendance commerciale persistante dans la zone UEMOA. Le débat scientifique porte sur les coûts et bénéfices d’un ancrage fixe, pas sur une prétendue illusion monétaire.
Troisième faiblesse, vous traitez la question des réserves de manière incomplète. La réforme de 2020 a recentré la gestion des réserves à la BCEAO, c’est exact, mais le régime conserve une garantie de convertibilité assurée par le Trésor français et un ancrage fixe à l’euro. La souveraineté monétaire reste donc partielle. En gommant cette nuance, vous affaiblissez votre argumentation.
Enfin, qualifier la nationalisation des industries extractives d’hérésie relève de l’opinion idéologique, pas de l’analyse économique. De nombreux pays ouverts au commerce ont choisi de contrôler leurs ressources stratégiques, avec des résultats variables. Cela mérite une évaluation comparative, non une disqualification par étiquette.
Au total, votre texte est une tribune d’opinion à tonalité polémique, utile pour le débat public, mais insuffisante comme démonstration scientifique.
Et pourquoi ces réussites africaines ne sont pas visibles en Afrique ? C'est parce que des obscurantistes africains ont un cerveau aliéné qui a toute les peine du monde à accepter une Afrique qui réussit. Parmi les malheurs de l'Afrique, certains de ses intellectuels. Dieu sait qu'ils sont plus nuls que des illettrés.
"Le malheur de l'Afrique ", disait Aimé Césaire, "c'est d'avoir croisé la France sur son chemin ". Et cette France a fabriqué de soit disant intellectuels africains pour pérenniser ce malheur. Aussi bizarre que cela paraisse, ce sont pourtant des africains qui s'échinent jour et nuit pour "démontrer " qu'il est impossible que l'Afrique se développe sans être soutenue par l'Occident. Ça, c'est pire qu'un malheur. Surtout quand on regarde la fierté avec laquelle ils s'y prennent.
Continuez à creuser dans la contre vérité avec votre exemple sur le Niger ( qui est totalement faux), vous trouverez du pétrole.
irigés par une bande de violents mythomanes niais !
Le franc CFA apporte de la stabilité, certes, mais son arrimage fixe à l’euro impose aussi des contraintes d’ajustement et de compétitivité reconnues par le FMI.
La réforme a bien supprimé le dépôt des réserves au Trésor français, mais elle a maintenu la parité fixe avec l’euro et la garantie française de convertibilité.
Enfin, défendre davantage de souveraineté productive ou monétaire ne signifie pas vouloir « vivre en autarcie » : présenter les deux comme identiques, c’est surtout combattre une caricature plutôt que le débat économique réel.
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