Ralliement sans garantie : l’erreur stratégique des dissidents (Par Ibrahima Dieng)
À ceux qui ont quitté le PASTEF pour rejoindre Kiiraay et qui attendent maintenant une nomination, parlons de négociation politique.
Dans toute négociation, il faut avoir un rapport de force. Il faut disposer d’une base politique, d’un pouvoir de mobilisation ou d’une autre solution crédible. Ces éléments permettent de défendre ses intérêts et de poser ses conditions.
Aujourd’hui, votre position semble fragile. Vous ne disposez ni d’une base politique importante ni d’un pouvoir de mobilisation capable de modifier le rapport de force.
Le président Diomaye Faye sait que vous avez quitté le PASTEF. Il sait également qu’il vous sera difficile de retourner dans ce parti. Votre marge de manœuvre est donc très limitée.
En négociation, lorsqu’une personne n’a aucune autre option, elle perd une grande partie de son pouvoir. Son interlocuteur n’a alors aucune raison de lui accorder des concessions importantes.
À l’inverse, certains responsables issus de l’ancien système disposent encore d’une base politique, même modeste. Ils peuvent donc apporter des militants, des électeurs ou une certaine influence. Cela leur donne une valeur politique et un pouvoir de négociation.
Ils savent aussi poser leurs conditions avant de déclarer publiquement leur soutien. Ils négocient d’abord les garanties et les contreparties. Ensuite, ils officialisent leur position.
La règle est pourtant simple : il ne faut jamais abandonner son principal levier avant d’obtenir des garanties claires.
En annonçant publiquement votre ralliement sans garantie préalable, vous avez joué votre dernière carte trop tôt. Vous attendez maintenant une nomination alors que vous avez déjà offert gratuitement ce que vous pouviez négocier : votre ralliement.
Ibrahima Dieng,
Responsable politique Pastef
commune Keur Baka

Commentaires (7)
'Je refuse de renier ma parole ", "ce que j'avais promis au peuple je ne le trahirais pas ", "J'étais avec Untel, des privilèges ne le feront pas abandonner alors qu'il ne m'a rien fait ", qui ose enlever ces valeurs à une personne et ensuite dire qu'elle est humaine ? Et même très sincèrement, même à un chien, qui peut lui enlever ces qualités, puis l'appeler chien sans y ajouter "sauvage " ?
Et pourtant, et pourtant, on se retrouve avec une armée de politiciens, journalistes, experts de tous poils, chargés de fabriquer des éléments de langage pour détruire ces qualités. Des engagés inconscients d'un chantier pour ancrer l'idée que nos valeurs héritées de nos ancêtres, de nos guides religieux, ne valent d'en faire des siennes. Tout cela pour tenter de rendre télégénique la posture actuelle de Diomaye. Parce qu'on ne peut plus lui coller ces qualités, alors il faut les détruire.
A malin, malin et demi, Diomaye est plus rusé que eux.
Voilà le niveau de réflexion des soit disant 4 000 cadres
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