Lutte contre les inondations : Cheikh Tidiane Dièye dévoile la stratégie 2025-2040 de 921 milliards FCFA
Le gouvernement prévoit de déployer, à l’issue de l’hivernage, une nouvelle stratégie nationale de gestion des inondations estimée à 921 milliards de francs CFA. Projetée à l’horizon 2040, elle doit être mise en œuvre sur une quinzaine d’années, a annoncé mercredi le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye.
« Dès la fin de cet hivernage, nous démarrerons le déploiement de cette nouvelle stratégie nationale de gestion des inondations », a-t-il déclaré, précisant que cette démarche sera précédée d’une évaluation globale de la saison des pluies. « On évaluera l’hivernage, on évaluera les difficultés, on en tirera les bonnes leçons et nous allons ensuite communiquer sur la nouvelle stratégie 2025-2040 », a-t-il ajouté.
Cette stratégie doit notamment tenir compte de l’évolution démographique et urbaine de Dakar. « Dakar s’est agrandi entre 1980 et maintenant. Dakar est passé de 1 million d’habitants à quasiment 4 millions. Les ouvrages n’ont pas beaucoup évolué depuis lors », a relevé le ministre.
En attendant, le dispositif de pompage a été renforcé dans plusieurs zones de la capitale touchées par les inondations. À l’issue d’une visite de terrain au canal de Front de Terre, à la zone de captage, à la cité Bellevue des Maristes et à Mbao, Cheikh Tidiane Dièye a fait état d’une amélioration de la situation. « Le pompage est en train de produire des résultats très significatifs. Un peu partout dans Dakar, mais aussi dans les autres régions du Sénégal, nous voyons un léger mieux : les eaux commencent à baisser dans certaines zones, et elles ont même été complètement évacuées par endroits », a-t-il déclaré.
À la zone de captage et au canal de Front de Terre, il a assuré que les ouvrages visités « fonctionnent correctement », tout en faisant état du renforcement du dispositif et de l’enlèvement des déchets solides susceptibles d’obstruer les voies d’écoulement. « La station de l’ONAS fonctionne aussi à plein régime », a-t-il indiqué.
À la cité Bellevue, l’évacuation des eaux est, selon le ministre, presque achevée. « Aujourd’hui, la cité est en train d’être complètement évacuée. Il ne reste que très peu d’eau », a-t-il déclaré. Des camions hydrocureurs doivent intervenir pour évacuer les dernières poches d’eau. Dans cette zone, les autorités cherchent à réduire le niveau du lac en augmentant les débits refoulés. « On a travaillé au niveau de Cambérène pour ouvrir les voies d’eau et augmenter les débits refoulés depuis les Maristes. Et aujourd’hui, on voit aussi un léger mieux à ce niveau », a expliqué Cheikh Tidiane Dièye.
À la forêt de Mbao, où convergent notamment les eaux provenant de Keur Massar avant leur évacuation vers le marigot, près de sept pompes supplémentaires sont désormais opérationnelles. « Nous avons aujourd’hui près de sept pompes qui fonctionnent avec tout l’équipement nécessaire d’accompagnement, notamment les groupes électrogènes », a indiqué le ministre.
Une surveillance permanente du site a également été mise en place pour prévenir les obstructions des canaux par les déchets solides, avec notamment la présence d’une équipe de gendarmerie chargée de sécuriser le dispositif.
« Le gouvernement continuera d’assumer ses responsabilités », a assuré Cheikh Tidiane Dièye.
Commentaires (16)
Comme les zones concernées se situent en dessous du niveau de la mer ou sont isolées de celle-ci par des zones résidentielles, le principe des vases communicants est soit rendu inopérant par la différence d'altitude, soit bloqué par les habitations. La solution est bien connue : un réseau de stations de pompage. Il s'agit de collecter l'eau et de la rejeter en mer, un peu comme on transfère un liquide entre deux vases communicants. Prenons l'exemple de La Nouvelle-Orléans, qui s'appuie sur un système complexe de 70 à 84 stations de pompage, gérées en grande partie par une entreprise telle que la nôtre (SONES), pour évacuer les eaux pluviales des zones situées sous le niveau de la mer.
Leur fonction première est de compenser la topographie de la ville (située en dessous du niveau de la mer) en pompant les eaux de pluie vers les canaux et les lacs environnants.
Une infrastructure clé : le réseau comprend des dizaines de stations de drainage majeures. Les installations les plus importantes peuvent déplacer des millions de mètres cubes par minute afin de prévenir les inondations lors d'intempéries violentes et d'ouragans.
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