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Désinformation et drames en mer : Le plan du CILMI pour rétablir la vérité auprès des jeunes

Auteur: Seneweb-News

Désinformation et drames en mer : Le plan du CILMI pour rétablir la vérité auprès des jeunes

Désinformation et drames en mer : Le plan du CILMI pour rétablir la vérité auprès des jeunes

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À l'heure où les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les plateformes numériques façonnent les perceptions de millions de personnes, la désinformation est devenue l'un des principaux facteurs qui alimentent la migration irrégulière.

Chaque jour, des milliers de contenus circulent, promettant des emplois bien rémunérés, des itinéraires prétendument sûrs ou encore une installation facile à l'étranger. Derrière ces récits soigneusement construits se cachent pourtant des réalités bien différentes : exploitation, violences, traite des personnes, pertes financières, détentions arbitraires et parfois même la mort.

Dans cet environnement où le faux voyage souvent plus vite que le vrai, l'accès à une information fiable ne constitue plus seulement un enjeu de communication ; il est devenu un véritable outil de protection des personnes et un levier essentiel de prévention.

C'est précisément dans cette perspective qu'intervient le Comité interministériel de Lutte contre la Migration irrégulière (CILMI). Organe placé sous la tutelle et la supervision du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le CILMI est chargé d'assurer la coordination de l'ensemble des actions des ministères, des services compétents et des partenaires impliqués dans la lutte contre la migration irrégulière, la surveillance des frontières ainsi que la promotion d'une migration sûre, ordonnée et régulière. Cette coordination permet de garantir la cohérence des politiques publiques et de renforcer l'efficacité des réponses apportées par l'État face à un phénomène migratoire en constante évolution.

Pour atteindre cet objectif, le CILMI ne se limite pas aux campagnes de communication. Il s'est doté d'un numéro vert 800 00 10 15 destiné à informer, orienter et répondre aux préoccupations des citoyens. 

Au Sénégal comme dans de nombreux pays de la région, les aspirations à la mobilité sont parfaitement légitimes. Elles sont nourries par le désir d'accéder à de meilleures opportunités économiques, de poursuivre des études, de rejoindre des proches ou simplement de construire un avenir meilleur. La migration, lorsqu'elle s'inscrit dans un cadre légal, sûr et ordonné, demeure un droit reconnu par les instruments internationaux et les législations nationales.

Toutefois, pour que les politiques migratoires répondent efficacement aux réalités du terrain, elles doivent s'appuyer sur des informations fiables mais également, sur une vision stratégique partagée. C'est dans cette logique que le CILMI a élaboré la Stratégie nationale de Lutte contre la Migration irrégulière (SNLMI) 2026-2035 qui constitue le cadre de référence des interventions de l'ensemble des acteurs nationaux. Cette stratégie repose sur une approche intégrée articulée autour de la prévention, du renforcement de la gouvernance migratoire, de la protection des migrants, du démantèlement des réseaux criminels ainsi que de la promotion d'alternatives et de voies de migration régulière.

Comme le rappelle le Docteur Modou Diagne, Secrétaire permanent du CILMI, « sans données fiables, actualisées et structurées, il est impossible de concevoir des politiques publiques efficaces, de cibler les interventions ou d'en évaluer l'impact ».

Cette exigence explique la création, au sein du CILMI, d'un Centre de Collecte et d'Analyse des Données sur la Migration (CCADM). Ce dispositif constitue aujourd'hui un outil stratégique d'aide à la décision. 

Au-delà des statistiques, les décisions de migration demeurent fortement influencées par les perceptions, les récits de réussite et les représentations sociales qui circulent au sein des communautés.

« L'image que l'on retient, c'est celle de nos amis qui ont réussi à partir en Europe et qui, au bout de quelques années, commencent à construire des maisons ici », témoigne Bamba Mbaye, entrepreneur dans le secteur de l'élevage à Tambacounda.

Ces récits, souvent partiels et idéalisés, alimentent des attentes qui ne reflètent pas toujours la réalité des parcours migratoires. C'est précisément sur ces représentations que s'appuient les réseaux criminels spécialisés dans le trafic illicite de migrants pour recruter de nouveaux candidats au départ.

Le véritable danger apparaît lorsque ces aspirations légitimes sont exploitées par des réseaux criminels organisés qui ont profondément adapté leurs modes opératoires en investissant les réseaux sociaux, les groupes privés de messagerie et les plateformes numériques afin d'atteindre un public toujours plus large. Selon l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), ces outils sont désormais utilisés pour promouvoir leurs services, diffuser des informations trompeuses et entrer directement en contact avec des migrants potentiels.

Les vidéos mettant en scène des réussites spectaculaires, les témoignages volontairement incomplets, les fausses offres d'emploi ou encore les promesses d'un passage « garanti » vers l'Europe contribuent à construire une représentation déformée de la migration. Les risques sont minimisés, les difficultés administratives sont occultées et les drames vécus par de nombreux migrants demeurent largement invisibles.

Selon le rapport Fatal Journeys (2017) de l'Organisation internationale pour les Migrations (OIM), les décès et les disparitions sur les routes migratoires restent largement sous-documentés et le nombre réel de victimes est probablement bien supérieur aux statistiques disponibles.

Face à cette réalité, le CILMI privilégie une approche globale fondée sur la prévention, la coordination institutionnelle et l'accès à une information fiable. 

Le CILMI s'est ainsi fixé une ambition claire : replacer les faits au cœur des décisions. L'objectif est de mettre à la disposition des citoyens des informations fiables, vérifiées et accessibles afin que chacun puisse construire son projet migratoire en parfaite connaissance des réalités.

Cette approche repose sur une conviction simple mais essentielle : une personne correctement informée est une personne mieux protégée. Il ne s'agit ni de condamner les projets migratoires, ni de remettre en cause les aspirations légitimes des jeunes sénégalais à la mobilité. Il s'agit plutôt de leur permettre de distinguer les faits des manipulations, de comprendre les procédures de migration régulière, d'évaluer objectivement les risques liés aux parcours irréguliers et d'identifier les opportunités existantes au Sénégal comme à l'étranger.

Cette mission prend une importance particulière dans un environnement numérique où la visibilité des contenus influence directement les décisions des candidats à la migration. Pour le CILMI, l'enjeu consiste désormais à rendre les informations fiables plus visibles, plus accessibles et plus crédibles que les contenus trompeurs diffusés par les réseaux criminels.

Une vidéo virale ou une publication relayée plusieurs fois peut parfois avoir davantage d'influence qu'un rapport technique ou une campagne d'information traditionnelle. Dans ce nouvel environnement numérique, la lutte contre la migration irrégulière se joue également sur le terrain de la crédibilité des informations disponibles et de la capacité des institutions publiques à instaurer une relation de confiance avec les citoyens.

C'est pourquoi le CILMI développe une stratégie de communication de proximité reposant sur la territorialisation de ses interventions, avec la création des Comités régionaux et départementaux de lutte contre la migration irrégulière. 

L'un des messages essentiels portés par le CILMI est que la migration ne constitue pas l'unique perspective pour construire son avenir. Si la mobilité demeure un droit lorsqu'elle s'inscrit dans un cadre légal, sûr et ordonné, il est tout aussi important de faire connaître aux populations les nombreuses opportunités offertes au Sénégal en matière d'emploi, de formation professionnelle, d'entrepreneuriat et d'insertion socio-économique.

Le Sénégal dispose aujourd'hui de plusieurs dispositifs publics destinés à accompagner les jeunes dans la réalisation de leurs projets. Parmi eux figurent notamment l'Agence nationale pour la Promotion de l'Emploi des Jeunes (ANPEJ) qui accompagne les jeunes dans leur recherche d'emploi et leurs initiatives entrepreneuriales, le Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique (3FPT) qui finance des formations qualifiantes adaptées aux besoins du marché du travail ainsi que les Centres de Formation professionnelle et technique (CFPT) qui développent les compétences nécessaires à une meilleure insertion économique.

D’ailleurs, « l'ANPEJ organise des caravanes d'information et de sensibilisation. Ces dispositifs permettent aux jeunes qui aspirent à un avenir meilleur de mieux s'informer et de découvrir les opportunités qui existent ici, au Sénégal », explique Moussa Ndour, responsable de l'ANPEJ à Tambacounda.

Ce message trouve un écho favorable auprès de nombreux jeunes.

« Ce que tu refuses de faire ici, tu peux être obligé de le faire ailleurs. Alors que si tu le fais ici, cela peut contribuer au développement de l'économie locale », témoigne Rouguiyatou Diop, élève au Centre de formation professionnelle et technique de Tambacounda.

En orientant les citoyens vers les structures compétentes et en valorisant les dispositifs publics existants, le CILMI contribue à élargir le champ des possibles et à replacer le choix migratoire dans un cadre plus équilibré, fondé sur une information objective et une meilleure connaissance des opportunités nationales.

Cette approche s'inscrit pleinement dans les orientations de la SNLMI qui fait de la prévention et du développement des alternatives socio-économiques l'un des leviers majeurs de réduction des départs irréguliers. En favorisant l'accès à l'information, à la formation, à l'emploi et à l'entrepreneuriat, le CILMI contribue, aux côtés des ministères sectoriels et des structures spécialisées, à renforcer la résilience des populations les plus exposées aux discours des réseaux de passeurs.

Cette démarche s'inscrit également dans une dynamique internationale qui reconnaît désormais la désinformation comme un facteur majeur de vulnérabilité des migrants. Plusieurs organisations internationales développent aujourd'hui des approches innovantes afin de lutter contre les manipulations informationnelles qui précèdent les départs.

Cette évolution traduit une prise de conscience grandissante : les politiques migratoires ne peuvent plus se limiter à la gestion des frontières ou aux interventions en aval. Elles doivent également agir sur les causes profondes de la migration irrégulière, combattre les fausses informations et renforcer les capacités des citoyens à prendre des décisions éclairées, par le développement des compétences psychosociales. 

En ce sens, la lutte contre la migration irrégulière ne viserait plus seulement à dissuader mais aussi à renforcer les capacités des jeunes ou potentiels migrants à faire des choix justes, autonomes et résilients.

Pour le CILMI, cette réalité confirme que l'information et la communication constituent désormais un véritable instrument de protection. Elles se traduisent concrètement par l'organisation de campagnes de sensibilisation et de formation dans les zones fortement touchées par la migration irrégulière, par l'implication de migrants de retour pour partager leurs expériences afin de déconstruire les idées reçues.

En faisant de l'information un bien public accessible, de la donnée un outil d'aide à la décision et de la coordination interministérielle un principe de gouvernance, le CILMI s'affirme comme le principal mécanisme national de coordination des politiques publiques en matière de lutte contre la migration irrégulière.

À travers la mise en œuvre de la SNLMI et de son Plan d'actions opérationnel, le développement du Centre national de collecte et d'analyse des données migratoires, l'institution d'un numéro vert, la territorialisation de son action à travers les CRLMI et les CDLMI, ainsi que la mobilisation de l'ensemble des acteurs institutionnels et communautaires, le CILMI œuvre à construire une gouvernance migratoire plus efficace, plus inclusive et davantage fondée sur les réalités du terrain.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le CILMI, organe sous tutelle du Ministre de l’Intérieur, coordonne la lutte contre la migration irrégulière et promeut une migration sûre via un numéro vert (800 00 10 15). - La désinformation sur les réseaux sociaux, exploitée par des réseaux criminels, alimente la migration irrégulière en diffusant des récits idéalisés et trompeurs. - Le CILMI a élaboré la Stratégie nationale 2026-2035 et créé un Centre de Collecte et d’Analyse des Données pour fournir des informations fiables et prévenir les drames.
Auteur: Seneweb-News
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Commentaires (3)

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  • Le reve d aller est synonyme pour l africain d aller au paradis. A bas le mirage nous inculquer. Adulte l illusions nous emporte et de surcroît quand on voit des ouvriers en africains revenir d Europe avec des voitures, construire des maisons, montrer des images de la bas des endroits qui font rêver et donnent de l argent par ci et par la comme c est notre culture. Pire les immigrés épousent les plus belles filles du quartier et certains amènent leur femmes la bas. Avec tout cela comment ne faire rêver les autres. Plus grave les fonctionnaires qui partent en vacances reviennent pour faire reve après avoir vécu leur rêves. Les nouveaux riches a savoir directeur, députés, maires., pca et autres accomplissent leur reve d aller visiter l Europe et certains ne reviennent même pas. Les artistes n en parlons. Pour réussir dans l sport, la musique et autres arts la destination c est l Europe. Pour fermer la boucle président, ministres et toutes autres partent en Europe en accomplissant leurs reves de jeunesse en amenant femmes et enfants. En plus sur ils sont malades c est la bas qu ils vont.Enfin tant que ceux qu on élisent ne peuvent rien développés les jeunes vont partir par voie légal ou par la mère. La réalité est triste mais la vérité est que nous sommes des vauriens qui ne savent comme j ai l habitude de le dire manger du riz, boire du thé, parler et c est tel que nous sommes fort en diagnostic de nos problèmes mais c est tel que nous incapables de les résoudre. Amouniou diome bilahi. Douniou sakh rouss si souniuo niak kham kham. Inondation hier suffit comme preuve. Khamouniou dara fétou, fête, femme ak fène rék
  • avatar
    DOMMAGE il y a 2 mois
    Texte très informatif.
    Mais il aura peu d’impact: ceux qui devraient le lire ne sont pas intéressés par la lecture et l'information vraie.
  • avatar
    Hé! il y a 2 mois
    On dirait qu'Ousmane Sonko et PASTEF ne sont pas arrivés au pouvoir. Mais n'empêche, tout le monde va rester ici pour profiter du projet mis en œuvre par quatre mille cadres.

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