13 000 plaintes en cinq ans, 1 200 verdicts favorables : Le Sénégal veut s'inspirer du Bénin dans la lutte contre les VBG
Entre 2021 et août 2026, l’Institut national de la femme (INF) du Bénin a accompagné plus de 8 000 femmes et obtenu plus de 1 200 verdicts favorables sur près de 4 000 dossiers portés devant les juridictions. Un bilan qui suscite l’intérêt du Sénégal, désireux de s’inspirer de ce modèle de prise en charge des victimes. Le Bénin affiche des résultats qui retiennent l’attention dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Entre 2021, année de création de l’Institut national de la femme (INF), et août 2026, l’institution a enregistré près de 13 000 plaintes, toutes catégories confondues, et accompagné plus de 8 000 femmes dans leurs démarches de prise en charge psychosociale, médicale et d’orientation vers les structures compétentes. Ces chiffres ont été communiqués par Flore Djinou, secrétaire exécutive de l’INF, lors d’une rencontre consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes et particulièrement aux filles, organisée par le Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD), avec l’appui de l’institution béninoise et la participation d’acteurs sénégalais. Interrogée sur les facteurs qui expliquent les avancées enregistrées par son pays, Flore Djinou met d’abord en avant la volonté politique.
« Le secret du Bénin, c’est d’abord et avant tout une volonté politique », souligne-t-elle, évoquant l’engagement des autorités en faveur d’un cadre législatif adapté et d’une institution dotée de prérogatives importantes. À cette volonté politique s’ajoute, selon elle, le choix de responsables capables de traduire cette ambition en actions concrètes. La mise en place d’un dispositif institutionnel fort a ainsi permis de renforcer l’accompagnement des victimes et de faciliter leur accès à la justice.
Plus de 1 200 verdicts favorables aux femmes et aux filles
Au-delà du nombre de plaintes enregistrées, l’INF met en avant son intervention dans le parcours judiciaire des victimes. Grâce à son mandat juridique et judiciaire, l’institution peut ester en justice et se constituer partie civile dans les dossiers concernés.
Sur près de 4 000 dossiers portés devant les juridictions, plus de 1 200 verdicts favorables aux femmes et aux filles ont été obtenus, selon Flore Djinou. L’institution intervient également dans le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne de prise en charge. Des formations ont notamment été organisées au profit des officiers de police judiciaire, considérés comme des interlocuteurs de première ligne pour les victimes et leurs proches. Les violences psychologiques arrivent en tête des plaintes enregistrées, suivies des violences sexuelles.
Flore Djinou alerte également sur la situation des mineurs, de plus en plus concernés par ces violences. Pour la secrétaire exécutive de l’INF, l’un des changements majeurs réside dans la possibilité désormais offerte aux victimes d’aller au bout de leurs démarches judiciaires. Elle estime que, par le passé, nombre de dossiers n’aboutissaient pas et que les femmes rencontraient des difficultés pour accéder aux juridictions.
Le Sénégal veut s’inspirer du modèle béninois
Du côté sénégalais, cette expérience suscite un intérêt particulier. La docteure Okhaya Diakhaté, directrice de la Famille au ministère de la Famille, de l’Action sociale et de la Solidarité, qui a modéré le panel, estime que le Sénégal a intérêt à tirer les enseignements de l’expérience béninoise. Elle souligne notamment l’existence d’une prise en charge holistique des victimes au Bénin, couvrant les dimensions sanitaire, psychologique, socioéconomique et juridico-judiciaire, gratuitement. « Nous nous sommes dit qu’il était important que le Sénégal puisse s’imprégner de ce qui se fait au niveau du Bénin », explique-t-elle.
Cette démarche intervient alors que le Sénégal dispose d’un deuxième Plan d’action national de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, récemment validé par la ministre chargée de la Famille. Ce document prend en compte différentes formes de violences, y compris les violences numériques. Ces dernières constituent une préoccupation croissante, notamment pour les femmes engagées en politique, qui peuvent renoncer à s’exprimer publiquement par crainte de la stigmatisation, de la discrimination et des agressions en ligne.
La docteure Rokhaya Diakhate évoque également la possibilité d’effectuer une mission d’étude au Bénin, avec l’accord des autorités sénégalaises, afin de mieux comprendre les mécanismes mis en place par l’INF, notamment son système de référencement et de contre-référencement des victimes. L’objectif affiché est de renforcer les dispositifs nationaux pour permettre aux femmes et aux filles de vivre en sécurité, de faire valoir leurs droits et de participer pleinement au développement socio-économique du pays, conformément aux ambitions de la Vision Sénégal 2050.
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Le village de Sam Ndiaye, dans la commune de Fandène, est sous le choc après la mort violente de Cheikhou Oumar Ndiaye, un chauffeur et cultivateur d’une quarantaine d’années, poignardé dans la nuit de jeudi, vers 2 heures du matin.
D’après les informations de Libération, le drame a été précédé d’une dispute au domicile conjugal. De retour des champs avec ses deux épouses, Cheikhou Oumar Ndiaye avait été accusé par sa seconde femme, Asta Dia, âgée d’une trentaine d’années, d’avoir frappé le fils qu’elle avait eu d’un précédent mariage. Le défunt contestait ces accusations. Alerté de l’altercation et informé que sa belle-sœur dissimulait un couteau sous son pagne, le frère de la victime s’était rendu sur place et avait récupéré l’arme.
Mais après son départ, poursuit le journal, Asta Dia aurait confié son fils à des voisins avant de se procurer un second couteau. Profitant du sommeil de son époux, elle lui aurait porté deux coups. Grièvement blessé, Cheikhou Oumar Ndiaye est parvenu à se traîner jusqu’à la devanture de la maison en criant « Asta Dia raynama » (« Asta Dia m’a tué »), avant de s’effondrer.
La mise en cause, enceinte de son premier enfant avec le défunt, a été interpellée dans la concession voisine où elle s’était réfugiée avec son fils, puis placée en garde à vue à la gendarmerie de Fandène. Inhumé depuis, Cheikhou Oumar Ndiaye laisse derrière lui six enfants.
Interrogée par Dakaractu, sa sœur, K. Ndiaye, affirme qu’une précédente dispute avait déjà été marquée par la sortie d’un couteau. « Cheikhou lui avait dit : “Tu sais que tu ne vas pas me poignarder”. Mais cette fois-ci, elle l’a surpris et elle est passée à l’acte. Elle n’a pas tué Cheikhou, mais toute une famille », témoigne-t-elle.
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