Chambre criminelle de Mbour : son client acquitté après quatre ans de détention, Me Abdoulaye Tall dénonce “une loi qui fait des ravages”
Après quatre années passées en détention préventive, le footballeur S. Diouf a été acquitté des accusations de viol et de pédophilie par la chambre criminelle de Mbour. Une décision qui met fin à une longue procédure judiciaire, marquée par de vifs débats autour de la législation sur la criminalisation du viol.
Son avocat, Me Abdoulaye Tall, n’a pas caché son indignation. Dans un cri de cœur, il a vivement critiqué la loi en vigueur :
"La criminalisation du viol est très grave. Elle ne fait que bousiller des vies. Cette loi crée des victimes sans pour autant régler le problème. Elle pousse à accuser d’honnêtes personnes. Cette loi est en train de faire des ravages", a-t-il déclaré, annonçant son intention de saisir le Parlement pour une révision du texte.
À l’origine de cette affaire, une plainte déposée en 2022 par F. Diop, accusant S. Diouf d’avoir violé sa fille, M. Ndiaye.
Au cours de l’enquête comme devant la barre, l’accusé avait toujours nié les faits. Il explique avoir connu la jeune fille après son installation dans son quartier, précisant n’avoir jamais entretenu de relation avec elle.
"Ses amies m’ont dit qu’elle était amoureuse de moi. Je leur ai répondu que c’était une enfant et qu’il ne fallait pas lui mettre ce genre d’idées en tête", s’est-il défendu.
Selon ses déclarations, la jeune fille lui envoyait des messages insistants, raison pour laquelle, il avait fini par la bloquer sur whatsapp.
Bien que ce dernier affirme avoir bloqué et nie catégoriquement toute relation, la plaignante, elle, avait déclaré avoir eu des relations sexuelles à trois reprises avec l’accusé, dont une chez lui. Une version que S. Diouf a toujours contestée.
Le ministère public a relevé l’absence d’éléments matériels probants dans la procédure. Le procureur a notamment indiqué que rien ne permettait d’établir l’existence de relations sexuelles entre les deux parties.
La défense a également insisté sur les incohérences du dossier. Me Abdoulaye Tall a rappelé que son client se trouvait à Dakar à la date du dernier fait allégué, et qu’il n’avait jamais varié dans ses déclarations.
Le certificat médical évoquait, quant à lui, une "perte hyménale ancienne", sans lien direct établi avec les faits reprochés.
Dans la même dynamique, Me Rama Ba a qualifié l’affaire de "dossier vide", estimant qu’aucun élément ne pouvait justifier une condamnation.
Au terme des débats, la chambre criminelle a prononcé l’acquittement de S. Diouf, pour viol mettant en avant l’insuffisance de preuves. Toutefois, l’accusé a pris un an de prison pour détournement de mineure. Une peine déjà purgée si l’on tient compte de ses quatre années de détention.
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