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Une coopération scientifique au service de la prévision du climat

Auteur: Aicha FALL

Une coopération scientifique au service de la prévision du climat

Une coopération scientifique au service de la prévision du climat

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Chaque jour, les gouvernements, les compagnies aériennes, les agriculteurs, les transporteurs maritimes ou les services de protection civile prennent des décisions en s’appuyant sur des prévisions météorologiques. Ces informations proviennent des services nationaux de météorologie, mais elles reposent sur une coopération internationale permanente. Les masses d’air, les cyclones ou les nuages ignorent les frontières. Pour prévoir leur évolution, les pays échangent en continu des millions de données grâce à un dispositif coordonné par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’une des agences spécialisées des Nations Unies.

L’OMM a été créée en 1950, succédant à l’Organisation météorologique internationale fondée en 1873. Son siège se trouve à Genève, en Suisse, et elle réunit aujourd’hui 193 États et territoires membres. Sa mission consiste à harmoniser les méthodes d’observation, faciliter les échanges de données météorologiques et climatiques et renforcer la coopération scientifique entre les services nationaux.

Sans ce travail de coordination, les prévisions seraient beaucoup moins fiables. Chaque jour, les services météorologiques nationaux transmettent en temps réel des observations provenant de plus de 10 000 stations météorologiques terrestres, d’environ 1 000 stations de haute altitude, de plusieurs milliers de navires, de bouées océaniques, de radars et de dizaines de satellites. Ces informations alimentent les modèles numériques utilisés pour prévoir l’évolution du temps et du climat.

L’OMM ne produit donc pas directement les bulletins météorologiques diffusés aux populations. Elle établit les normes techniques qui garantissent que les températures, les précipitations, la vitesse du vent ou la pression atmosphérique sont mesurées selon des méthodes comparables dans tous les pays. Cette harmonisation permet aux modèles climatiques de fonctionner à l’échelle mondiale.

Le développement des systèmes d’alerte précoce est devenu l’un de ses principaux axes de travail. En novembre 2022, lors de la COP27 organisée à Charm el-Cheikh en Égypte, le secrétaire général des Nations Unies a lancé l’initiative « Early Warnings for All », coordonnée par l’OMM. Son objectif est de permettre à l’ensemble de la population mondiale de bénéficier d’un système d’alerte précoce contre les phénomènes météorologiques dangereux d’ici 2027. Selon l’organisation, près de la moitié des pays dans le monde ne disposent toujours pas de systèmes d’alerte pleinement opérationnels.

Les conséquences économiques de cette insuffisance sont considérables. D’après l’OMM, les catastrophes liées aux phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques ont provoqué plus de 2 millions de décès et généré 4 300 milliards de dollars de pertes économiques entre 1970 et 2023. Plus de 11 000 catastrophes ont été recensées sur cette période. Si le nombre de victimes a fortement diminué grâce aux progrès des prévisions et des alertes, les pertes financières continuent d’augmenter sous l’effet de l’urbanisation, de la valeur croissante des infrastructures et de la multiplication des événements extrêmes.

L’Afrique reste l’une des régions les plus exposées. Dans son rapport State of the Climate in Africa 2024, publié en mai 2025, l’OMM souligne que le continent se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale dans plusieurs régions. Les sécheresses prolongées, les inondations, les vagues de chaleur et les cyclones affectent de plus en plus les infrastructures, l’agriculture, les ressources en eau et les systèmes de santé. L’organisation estime également que seuls 40 % environ des habitants du continent sont aujourd’hui couverts par des systèmes d’alerte précoce efficaces.

Les pays de l’UEMOA participent pleinement à ce réseau international. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) au Sénégal, SODEXAM en Côte d’Ivoire ou encore l’Agence nationale de la météorologie du Bénin transmettent quotidiennement leurs observations aux réseaux coordonnés par l’OMM. Ces échanges permettent non seulement d’améliorer les prévisions nationales, mais aussi d’alimenter les modèles utilisés par les autres pays.

Les travaux de l’organisation dépassent largement la météorologie au sens strict. Ses analyses sont utilisées pour anticiper les récoltes agricoles, gérer les barrages hydroélectriques, organiser le transport aérien, surveiller les ressources en eau ou encore préparer les plans d’adaptation au changement climatique. 

Les compagnies d’assurance et les marchés financiers suivent également ses publications, notamment lorsque les risques climatiques peuvent affecter les prix des matières premières agricoles ou les chaînes d’approvisionnement.

Les rapports annuels de l’OMM figurent désormais parmi les références internationales sur l’évolution du climat. Dans son rapport State of the Global Climate 2024, publié en mars 2025, l’organisation confirme que 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne mondiale supérieure d’environ 1,55 °C au niveau préindustriel. Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d’azote ont également atteint de nouveaux records.

L’Organisation météorologique mondiale ne décide pas des politiques climatiques et ne négocie pas les accords internationaux. En revanche, elle fournit les données scientifiques qui permettent aux gouvernements, aux entreprises et aux institutions internationales de prendre leurs décisions. 

Dans un contexte marqué par la fréquence croissante des événements climatiques extrêmes, cette capacité à produire des observations fiables et comparables à l’échelle mondiale fait de l’OMM l’une des institutions scientifiques les plus influentes du système des Nations Unies.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- L'Organisation météorologique mondiale (OMM), créée en 1950 et regroupant 193 États et territoires, coordonne l'échange quotidien de millions de données météorologiques provenant de plus de 10 000 stations terrestres, de satellites et d'autres sources pour harmoniser les prévisions climatiques mondiales. - L'OMM a lancé l'initiative « Early Warnings for All » en novembre 2022 pour que l'ensemble de la population mondiale bénéficie d'un système d'alerte précoce contre les phénomènes météorologiques dangereux d'ici 2027, sachant que près de la moitié des pays ne disposent pas encore de systèmes d'alerte pleinement opérationnels. - Selon le rapport de l'OMM publié en mars 2025, l'année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée avec une température moyenne mondiale supérieure d'environ 1,55 °C au niveau préindustriel, et les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint de nouveaux records.
Auteur: Aicha FALL
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