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Affaire AEE Power en Afrique : Les révélations du Dr Samba Faye sur un scandale d'État et les défaillances du contrôle public

Auteur: Awa DIOP

Affaire AEE Power en Afrique : Les révélations du Dr Samba Faye sur un scandale d'État et les défaillances du contrôle public

Affaire AEE Power en Afrique : Les révélations du Dr Samba Faye sur un scandale d'État et les défaillances du contrôle public

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​Dans une analyse particulièrement documentée sur la gestion des marchés publics et la transparence financière, le Dr Samba Faye dresse un réquisitoire sans concession sur l'affaire ASER-AEE Power au Sénégal, tout en mettant en lumière le parcours du groupe espagnol à travers le continent africain. Au cœur de son propos : l'exigence de redevabilité sur l'usage des deniers publics et le rôle des institutions de contrôle.

​Une sortie ministérielle qui interroge l'État de droit

​Le Dr Samba Faye ne cache pas sa consternation face aux récentes déclarations de la tutelle. Il s'étonne ouvertement qu'un juriste de formation comme le ministre Abdourahmane Diouf ait pu déclarer sur les ondes de la RFM qu’il n’accepterait pas que la justice retarde le projet ASER-AEE Power. Pour l'analyste, une telle posture pose question : la justice, à ce jour, ne bloque pas l’exécution du contrat ; elle cherche à identifier les auteurs et complices d’une éventuelle disparition de ressources. Il rappelle à ce titre que la fonction d'un ministre se limite à constater les manquements, à appliquer les sanctions prévues au contrat ou à exiger la poursuite des travaux.

​Le rôle des plus hautes autorités de l'État est également interrogé. Le Dr Samba Faye souligne que le fait que le président Bassirou Diomaye Faye, conscient ou non de la portée de ses choix, ait laissé ce dossier prospérer sans jamais exiger de comptes clairs interpelle directement sur la solidité de l'État de droit au Sénégal.

​Si l'affaire est aujourd'hui sur la place publique, la paternité de ces révélations revient, selon lui, au député Thierno Alassane Sall. Le Dr Faye affirme que si nous savons aujourd’hui que 37 milliards de francs CFA se sont volatilisés, c’est grâce à la ténacité de ce seul homme, précisant que le parlementaire aurait payé cette obstination de menaces venues de ses propres collègues, jusqu’à s’entendre promettre l’électrocution s’il ne lâchait pas le dossier. Une ténacité qui contraste, selon l'auteur, avec l'attitude de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, du directeur général de l’ASER et d'une horde de chroniqueurs alignés, accusés de s'être employés à vendre un récit de bonne exécution du contrat, battu en brèche par les constatations sur le terrain.

​Sénégal : Les contours d'un marché de 91,8 milliards et les 37 milliards « évaporés »

​Revenant sur le détail des faits au Sénégal, le Dr Samba Faye rappelle que le contrat n°T0296/24-DK, signé le 23 février 2024 entre l'ASER et AEE Power EPC (dirigée par José Ángel González Tausz), porte sur un programme d'électrification rurale de 91,8 milliards de FCFA visant 1 600 localités (1 740 selon l'ASER) dans les régions de Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis et Tambacounda. Ce projet est adossé à un financement structuré par la banque Santander avec la couverture de la CESCE, comprenant deux crédits de 149,76 millions d'euros et 4,71 millions d'euros signés le 23 janvier 2024, dont la moitié a été cédée à l'ICO le 7 mars 2024.

​L'analyse met en exergue une série d'anomalies juridiques et financières. Concernant les garanties, la SONAC a émis le 18 mars 2024 trois cautions d'environ 56 millions d'euros sans paiement préalable des primes, en contradiction avec l'article 13 du Code CIMA, une omission qui, selon l'ARCOP, est susceptible d'entraîner la nullité des garanties et du marché. S'agissant des mouvements de fonds, l'avance de 56 millions d'euros (environ 37 milliards de FCFA) a été versée le 11 juin 2024, tandis que les primes d'assurance n'auraient été régularisées que les 14 et 20 juin, prélevées sur l'avance elle-même. Relancée à trois reprises par l'ARCOP, la SONAC n'a pas documenté ses réponses, poussant Santander à alerter en septembre sur l'absence de justificatifs quant à l'utilisation des fonds.

​Un véritable imbroglio judiciaire s'en est suivi. Après la suspension du marché par le Comité de Règlement des Différends (CRD) de l'ARCOP le 2 octobre 2024 (décision n° 107/2024/ARCOP/CRD/DEF), la Cour suprême a d'abord confirmé la suspension le 21 novembre 2024, avant de s'en rétracter le 21 février 2025, puis de juger le 22 janvier 2026 que l'ARCOP avait excédé ses pouvoirs. Malgré ces rebondissements, Santander et la CESCE maintiennent à ce jour la suspension des décaissements. Sur le plan de la reddition de comptes, le Dr Samba Faye pointe des incohérences de communication, citant une lettre du DG de l'ASER du 19 décembre 2025 faisant état de seulement 25 localités électrifiées et évoquant une phase pilote de 40 villages, des chiffres bien éloignés des promesses initiales.

​Sur le terrain judiciaire, l'affaire a pris une tournure internationale. Au Sénégal, Thierno Alassane Sall a déposé une plainte contre X le 16 octobre 2025 auprès du procureur de la République financier de Dakar pour faux, usage de faux et détournement de deniers publics. En Espagne, une instruction est ouverte au Tribunal d'instance de Madrid n° 52 (Diligencias Previas 140/2026) suite à une plainte enregistrée le 23 janvier 2026 pour appropriation indue (apropiación indebida). Les réquisitions bancaires révèlent des mouvements dès le 12 juin 2024 : 20 millions d'euros transférés vers d'autres comptes du groupe AEE Power, 9 millions en opérations de change et 11 millions vers des tiers, dont 7,75 millions d'euros à la SONAC. Face au silence d'AEE Power EPC à une réquisition du 24 février 2026, le juge s'est résolu à émettre une mise en demeure le 9 juin 2026.

​Analyse comparative : Les antécédents d'AEE Power au Togo, au Kenya et en RDC

​Pour démontrer que le cas sénégalais s'inscrit dans un schéma plus large, le Dr Samba Faye documente la présence du groupe espagnol dans trois autres pays africains.

​Au Togo, dans le cadre du projet PEREL, AEE Power avait été retenue pour la première phase d'extension du réseau électrique de Lomé mais s'est révélée défaillante, contraignant la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) à recourir à des sous-traitants locaux en régie. Lors d'un nouvel appel d'offres de 5,5 milliards FCFA (PEREL PLUS) lancé le 23 février 2026 et contesté par deux dénonciations anonymes, le CRD de l'ARCOP togolais (délibération n° 024-2026/ARCOP/CRD du 19 juin 2026) a rejeté les griefs tout en consignant explicitement la défaillance passée d'AEE Power sur la première phase.

​Au Kenya, un jugement de la Haute Cour du 17 juin 2020 (Chidhya Limited c. AEE Power S.A.) retrace le transfert en 2010 de contrats de la société Montreal Montajes y Realizaciones, alors en redressement judiciaire, vers AEE Power S.A. pour 3,6 millions d'euros. Si la Cour a mis AEE Power hors de cause en rejetant les demandes de commissions de l'agent, le dossier a documenté le rôle de José Ángel González Tausz, dirigeant de Montreal puis conseiller d'AEE Power avant d'en devenir actionnaire en 2016.

​En République Démocratique du Congo, selon un rapport de l'ONG Observatori del Deute en la Globalització (ODG) signé par Nicola Scherer, AEE Power Holdings détient 25 % des parts d'un consortium, aux côtés de six entreprises chinoises à 75 %, pour le méga-projet hydroélectrique d'Inga III estimé à 13,9 milliards de dollars. L'ONG y qualifie AEE Power de société « relativement petite, privée et très opaque », pointant l'absence de publication des contrats et des états financiers.

​Le diagnostic du Dr Samba Faye : La faillite du contrôle démocratique

​En conclusion de son analyse, le Dr Samba Faye dépasse le cas d'AEE Power pour livrer une réflexion plus globale sur la gouvernance des institutions publiques en Afrique. Il souligne la fragilité structurelle des garde-fous : des régulateurs ignorés, une Cour suprême aux décisions changeantes, des questions parlementaires sans réponse et des entreprises qui se soustraient aux réquisitions judiciaires. ​« Ces maillons, mis bout à bout, sur un même dossier et dans la durée, dessinent une réalité plus inquiétante : le contrôle démocratique de l’argent public, qu’il soit parlementaire, judiciaire ou simplement administratif, arrive presque toujours en retard sur la dépense elle-même », résume le Dr Samba Faye.

​Face aux procédures pendantes à Dakar et à Madrid et à l'exposition du budget de l'État sénégalais, l'auteur conclut en interpellant directement le sommet de l'exécutif : le président de la République, le Premier ministre et le ministre de tutelle doivent aujourd'hui répondre à une question simple : où sont les 37 milliards ?

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le Dr Samba Faye critique les déclarations du ministre Abdourahmane Diouf et interroge le rôle du président Bassirou Diomaye Faye dans l'affaire ASER-AEE Power, tout en attribuant les révélations sur les 37 milliards de FCFA au député Thierno Alassane Sall. - Le contrat n°T0296/24-DK, signé le 23 février 2024, porte sur un programme d'électrification rurale de 91,8 milliards de FCFA, avec des anomalies comme des cautions émises sans paiement préalable des primes et une avance de 56 millions d'euros versée sans justificatifs, entraînant une suspension des décaissements par Santander et la CESCE. - Des procédures judiciaires sont en cours au Sénégal (plainte pour faux et détournement) et en Espagne (instruction pour appropriation indue), avec des mouvements de fonds révélés dès juin 2024, et le Dr Samba Faye documente des antécédents défaillants d'AEE Power au Togo, au Kenya et en RDC.
Auteur: Awa DIOP
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Commentaires (16)

Trier par :
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    Momo2 il y a 2 mois
    Vous n’avez que ce sujet à rabâcher, vous nous fatigues vraiment. Pourquoi ne parlez-vous pas d’Intermag ? Des sur facturations manifestes ? Des contrats d’armement ? Des édifices publics vendus à des tiers ? Du foncier spolié ? De ces salariés qui refusent de déclarer leur patrimoine ? De cette énorme dette cachée reconnue par un cabinet neutre et même par le FMI ? Que vaut 37 milliards face à cette dette odieuse de 4000 milliards ? Et puisque vous êtes un petit professeur, que dites-vous des étudiants de l’université A. M. Mbow ? Du chômage des jeunes, de ces écoles clandestines qui ruinent les parents, une véritable arnaque contre de milliers de jeunes qui n’auront même pas de diplômes à la fin après après avoir payé pendant 3 ans ? Et les contrats miniers et pétroliers vous en pensez quoi vous dont le chef avait accusé Macky Sall de mauvais contrat ? Et l’autosuffisance alimentaire qu’est-ce que vous proposez ? La réforme de l’éducation va vous distraire rien ? Le changement climatique, la santé, la justice, ça vous rend aphone ? Franchement vous devenez languissants, cet acharnement est de l’idiotie, pour qui roulez-vous ?
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    Selibaby il y a 2 mois
    Il aura fait son devoir d'interpeler au plus haut sommet de l'Etat pour avoir une réponse ou sont passés nos 37 milliards du projet ASER . Qu'attendez vous pour dénoncer vous aussi avec arguments à l'appui une dette odieuse de 4000 milliards.
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    La question il y a 2 mois
    Comme dit la question est simple »où sont passés nos 37 millards ? ». Pour notre dignité et l’Etat du Senegal doit répondre de manière responsable. L’ancien premier ministre qui prônait le JJJ a fourni un silence dérageant pendant l’accusation de TAS. On se pose la question à savoir si ce ne sont pas les premiers milliards détournés par le nouveau régime? Dans tous les cas ce scandale a joué sur la confiance de nos partenaires et que plus de 1000 villages et des plus pauvres vivent dans l’insécurité et la chaleur. L’injustice sociale est là et le minimum c’est de répondre à une simple question devenue internationale.
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    La question il y a 2 mois
    Comme dit la question est simple »où sont passés nos 37 millards ? ». Pour notre dignité et l’Etat du Senegal doit répondre de manière responsable. L’ancien premier ministre qui prônait le JJJ a fourni un silence dérageant pendant l’accusation de TAS. On se pose la question à savoir si ce ne sont pas les premiers milliards détournés par le nouveau régime? Dans tous les cas ce scandale a joué sur la confiance de nos partenaires et que plus de 1000 villages et des plus pauvres vivent dans l’insécurité et la chaleur. L’injustice sociale est là et le minimum c’est de répondre à une simple question devenue internationale.
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    Dj momo il y a 2 mois
    L’affaire doit être claire sunu 37 milliards du réss
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    Dj MOMO il y a 2 mois
    Sunu 37 milliards du réss
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    Dj MOMO il y a 2 mois
    37 milliards, ce n’est pas une petite somme ! Où est passé l’argent destiné au développement de nos villages ? Les Sénégalais ont le droit de savoir. ANA SUNU 37 MILLIARDS ? 🇸🇳
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    Amina Dieng il y a 2 mois
    On parle de 37 milliards de francs CFA ! Des milliards qui devaient servir à améliorer la vie des populations. Aujourd’hui, une question demeure : ANA SUNU 37 MILLIARDS ? La transparence et la vérité sont indispensables.
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    Sonko Abass il y a 2 mois
    Le pauvre Jean Michel. Ils t’ont utilise. Ali Baba C Sonko et Abass Fall. T’as eu juste le weechtt
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    Antikon il y a 2 mois
    Toute sortie sur ce dossier n'est que larbinisme et fumisterie, si elle ne mentionne pas Seydou Kane, Macky Sall, le ministre de tutelle d'alors, et les fonctionnaires et autres affairistes impliqués, qui ont monté ce giga projet de détournement de deniers publics, à la veille de leur éjection de leurs postes respectifs. Malheureusement Diomaye y met son coude à des fins politiciennes.
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    Amina Dieng il y a 2 mois
    . Sunu 37 milliards, ce sont les milliards du peuple ! Nous voulons des réponses claires, des comptes et toute la lumière sur cette affaire. ANA SUNU 37 MILLIARDS ? 🇸🇳 #Sunu37Milliards
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    RV NIAKHAR il y a 2 mois
    Merci porte parole nationale. Souniou 37 milliards na leer
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    Oustaz Jacuzzi il y a 2 mois
    les noirauds viennent de découvrir l'eau tiede.un client de bordel est donc un pouriture.quelle surprise !!
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    Faye cheikh il y a 2 mois
    La dette cachée n'a jamais existé. D'ailleurs le menteur sa fitna l'a lui même déclaré sur les ondes de RFI . Lui qui avait créé cette polémique au sein de certains citoyens écervelés est revenu pour se dédire. Aujourd'hui le FMI et la BM après le départ de sa fitna sont prêts à accompagner le senegal. Ce menteur a ruiné le pays pdt 2 ans, zéro réalisation, 1 milliard 700 millions de fonds politiques et un patrimoine qu'il refuse de déclarer.

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