Diomaye-Sonko : la bataille de « fonds » si spéciaux
Après les grandes batailles de principe et de visions ayant abouti au divorce politique, voici venu le temps des querelles des petites lignes budgétaires ou plus simplement de caisses. Au Sénégal, le débat sur les crédits spéciaux prend des airs de feuilleton politico-budgétaire : qui contrôle quoi, qui garde quoi et surtout, qui peut regarder dans quelle caisse ?
À l’Assemblée nationale, la proposition de loi visant à encadrer ces fameux crédits a déjà fait tousser l’Exécutif.
Le gouvernement voulait étendre le contrôle aux fonds de la Présidence, de la Primature et de l’Assemblée nationale. Les députés de Pastef ont répondu par un joli « Niet ! ». Six amendements gouvernementaux ? Six recalés. Voilà une commission qui sait compter.
Le gouvernement souhaitait aussi donner aux crédits spéciaux une définition suffisamment large pour y loger les urgences sociales, la solidarité, la stabilité nationale et quelques autres nécessités à tiroirs. Les députés, eux, veulent serrer la définition autour de la défense, de la sécurité et du renseignement. Bref, chacun veut verrouiller la boîte… mais pas forcément avec la même clé.
Le plus croustillant reste le contrôle. Les députés veulent que la Commission des Finances puisse jeter un œil sur l’utilisation des fonds. Pas fouiller les poches, non. Juste regarder les registres, les journaux, les pièces justificatives. Une petite lumière dans une zone traditionnellement plongée dans la pénombre.
Et voilà que le gouvernement rappelle que les crédits spéciaux relèvent du pouvoir réglementaire du Président. Traduction politique : « Circulez, il y a déjà une procédure ! » Réponse parlementaire : « Justement, nous voulons savoir laquelle».
Cette nouvelle bataille entre Diomaye et Sonko promet donc de se poursuivre en plénière.
Après les caisses noires, voici les caisses grises, les caisses blanches et, bientôt peut-être, la caisse transparente.
Au pays de la reddition des comptes, le plus difficile n’est finalement pas de compter les fonds. C’est de s’entendre sur qui a le droit de compter.
Commentaires (18)
De toutes les façons Sonko une fois aux commandes bye bye l’alternance au sommet de l‘État dans ce pays.
Les deux années pendant lesquelles ont l‘a laissé faire il en a profité pour laminer les leviers qui l’ont porté au sommet à savoir: la presse et les étudiants.
Il en a profité aussi pour saborder le bilan de Diomaye son serviteur fidèle
pour d'aucuns s'occupent des activités du pays e d'autres aillent vendre leurs cartes ..
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