LFR 2026 : les armes secrètes de Diomaye Faye face à Ousmane Sonko
Ce mardi 27 octobre, la séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée au projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 s’annonce explosive. Après le rejet du texte en Commission des finances, le 23 octobre dernier, les députés de Pastef réclament des pièces justificatives et des éclaircissements sur les réajustements budgétaires proposés par le gouvernement. Face à cette impasse, le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a prévenu : « Si un blocage doit perdurer, nous allons utiliser tous les outils institutionnels. »
Quels sont les leviers juridiques et constitutionnels dont dispose le Président Bassirou Diomaye Faye pour faire face à un éventuel blocage ? Des spécialistes, interrogés par L’Observateur, examinent essentiellement trois pistes pour garantir la continuité de l’État.
Le premier concerne le recours au décret d’avance. Selon le Dr Mor Fall, enseignant-chercheur en droit public, l’article 23 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) permet au gouvernement d’ouvrir des crédits supplémentaires en cas d’urgence et de nécessité impérieuse nationale. Le juriste évoque également une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel. Il souligne toutefois que, contrairement à la loi de finances initiale (LFI), la LFR ne fait pas l’objet de dispositions spécifiques prévoyant le cas où le Parlement refuse de voter le texte. Il propose donc d’examiner la possibilité d’une saisine pour soulever cette carence législative.
Mor Fall avance aussi une interprétation de l’article 68 de la Constitution, dont l’objectif serait, selon lui, de prévenir les blocages budgétaires. Il explique : « L'argumentaire que l'on pourra soulever, c'est l'interprétation téléologique de l'article 68 de la Constitution, qui vise à garantir la protection de la loi de finances contre des situations de blocage. Le projet de LFR fait partie du bloc budgétaire annuel, et à partir de ce moment, on peut lui faire bénéficier des conditions d'adoption et d'examen dans les délais impartis. » Le juriste envisage ainsi que le Conseil constitutionnel puisse autoriser l’exécutif à agir par décret ou ordonnance de nécessité.
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Le deuxième levier repose sur les délais constitutionnels. L’ancien député et spécialiste du droit parlementaire Alioune Souaré rappelle l’article 68, alinéa 5, de la Constitution, qui dispose : « Si le projet de la loi de finances n'est pas définitivement voté à l'expiration du délai de 60 jours, il est mis en vigueur par décret, compte tenu des amendements votés par l'Assemblée nationale et acceptés par le Président de la République. » Selon son analyse, cette disposition pourrait également être invoquée pour la LFR, puisque les deux textes relèvent des lois de finances.
Enfin, Alioune Souaré évoque le mécanisme du vote bloqué, prévu au dernier alinéa de l’article 82 de la Constitution. Son raisonnement repose sur une condition : « S'il est confirmé que la majorité parlementaire du Pastef a rejeté les amendements du Gouvernement lors des travaux de la commission des finances, alors ce ne serait plus nécessaire de recourir à l'art. 85.6 de la constitution. »
L’ancien député estime que le Premier ministre pourrait alors invoquer le vote bloqué et saisir le Conseil constitutionnel après la plénière pour contester la procédure ayant conduit au rejet de la LFR. L'interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias avance que cette démarche pourrait entraîner l’annulation du rejet pour vice de procédure, sans exposer le successeur de Ousmane Sonko à une motion de censure.
Commentaires (25)
Au Sénégal, les individus prêts à proposer des solutions imaginaires ne manquent pas ; des solutions qui ne reposent sur rien et ne mènent nulle part, si ce n’est, peut-être, dans le fossé.
Si l’on laisse ce kaw-kaw traître, qui n’a jamais dirigé un dahira, poursuivre dans ses folies, bientôt, il nous dira que les députés seront désormais nommés par décret présidentiel et que le président de la République sera élu par le Conseil constitutionnel. Ces broussards ne veulent absolument pas quitter le pouvoir en 2029. Sonko a tout sacrifié pour faire élire Diomaye. Pourtant, ce dernier n’a même pas pris la peine de féliciter Sonko pour son élection à la présidence de l’Assemblée nationale. Voilà le summum de la lâcheté et de l’ingratitude !
Il revient au Gouvernement d'accepter ces règles du jeu démocratique et défendre, justifier et convaincre le peuple à travers ses représentants, que sont les députés, de la justesse de son projet jusqu’à trouver un accord ou un compromis acceptable et applicable tel que cela se fait dans les vraies démocraties dans le monde sans que cela ne pose de problème. Cela devrait être normal et tout le monde devrait s’en féliciter, l’accepter et se plier à cette exigence vertueuse de l’exercice du pouvoir.
Au lieu de cela nous assistons à une levée de boucliers tous azimuts de personne de tous bords, mystificateurs, aventurier ou sorciers juridiques qui tentent d’inventer des recettes juridiques infâmes pour justifier l’injustifiable, ou tordre le bras à la justice, politiques en mal de notoriété qui crient au scandale, au sacrilège ou au crime de lèse majesté tout simplement parce que les députés ont osé demandés des comptes au Gouvernement.
Ces personnes doivent dorénavant bien comprendre que le Sénégal est entré dans une nouvelle ère de maturité et a franchi un nouveau cap démocratique.
Le vent a tourné et que dorénavant toute les actions et sommes engagés au nom des sénégalais devront être justifiés et expliqués auprès des sénégalais via les députés qui sont leur représentant. Celui qui ne l’aura pas compris aura raté le train de l’histoire.
Non ce ne sont pas des experts
C’est ridicule ! Le vote c’est : oui , non , ou abstention
Si l’assemblée vote non , ça s’appelle pour des pseudos experts blocage ?
Dites plutôt dans ce cas que fera le gouvernement au lieu de s’épancher sur du vent
Pour dire que votre titre racoleur n'a aucun sens ni juridique ni politique.
Si le PR et le gouvernement au regard de la loi dispose de possibilités elle n'a qu'à l'exercer pleinement et dans le cadre restreint stricte de la loi. Rien de plus ni de moins.
L'assemblée nationale aussi idem. Et les vaches seront bien gardées. Et l'église au milieu du village. Permettez moi ces expressions.
Le reste l'avenir nous le dira. Mais le Sénégal est une République et le demeurera avec ses trois pouvoirs indépendants. N'en déplaise aux admirateurs secrets de Mussolini et Hitler. Nous sommes et demeurons un peuple républicain.
Diomaye a été élu sur la base de ousmane sonko pour servir le Sénégal au lieu de travailler il se sert lui même et ses membres fondateurs ce que les sénégalais ne vont jamais accepter
Il a gouverné jusqu'à être réélu certains ses textes ont bloqué d'autres ont passé parce qu'il a su dialoguer
Il est réélu encore sans majorité
Je me permet de Poser une question
Est-ce que la démocratie est bon pour l'africain ou des régimes de type chinois
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