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Mary Teuw Niane: « le Sénégal que nous aimons est une éthique de la relation humaine»

Auteur: Aminata SARR

Mary Teuw Niane: « le Sénégal que nous aimons est une éthique de la relation humaine»

Mary Teuw Niane: « le Sénégal que nous aimons est une éthique de la relation humaine»

Dans un long texte intitulé « Le Sénégal que nous aimons », le ministre, directeur de cabinet du président de la République, Mary Teuw Niane, dresse le portrait d'un Sénégal fondé sur le travail, la fraternité, la tolérance et le respect des institutions. Plaidant pour la préservation des valeurs qui cimentent la nation, il affirme que « le Sénégal que nous aimons est une éthique de la relation humaine, une promesse transmise de génération en génération », tout en rejetant les discours de haine, de division et d'intolérance. Nous vous proposons in extenso le texte. 

Le Sénégal que nous aimons

Il existe un Sénégal plus fort que les circonstances, plus ancien que nos divergences et plus durable que les passions du moment. Un Sénégal qui ne se résume ni à une géographie, ni à une administration, ni à une succession de gouvernements. Un Sénégal qui est d’abord une civilisation, une manière d’être au monde, une éthique de la relation humaine, une promesse transmise de génération en génération.

C’est ce Sénégal que nous aimons.

Le Sénégal du travail, où l’on se lève avant le soleil et où l’on se couche lorsque le devoir est accompli. Celui où l’effort élève l’homme, où le mérite inspire le respect et où l’oisiveté n’a jamais constitué un idéal. Dans notre culture, le travail n’est pas seulement une nécessité économique : il est une dignité.

Nous aimons le Sénégal où la foi ne divise pas les hommes mais les rapproche. Ici, les religions ne se regardent pas en adversaires ; elles dialoguent, s’estiment et s’enrichissent mutuellement. Depuis des siècles, musulmans, chrétiens et tenants des croyances traditionnelles ont appris à partager davantage que le même territoire : ils partagent les mêmes familles, les mêmes patronymes, les mêmes émotions, les mêmes deuils et les mêmes joies.

Combien de Jacques portent la foi musulmane ? Combien de Mamadou fréquentent les bancs des écoles chrétiennes ? Nos prénoms racontent déjà cette fraternité silencieuse.

À la Korité, les familles chrétiennes attendent le laakh ; à Pâques, les familles musulmanes dégustent le ngalakh. Le Gamou, le Magal, le pèlerinage de Popenguine ou les grandes conférences religieuses ne sont pas seulement des rendez-vous spirituels : ils sont des célébrations de notre unité nationale. Chez nous, la foi est un pont, jamais un mur.

Notre diversité n’a jamais été une menace. Elle est une richesse.

Les plaisanteries entre Peuls, Sérères, Diolas, Balantes, Wolofs, Soninkés, Mandingues ou Lébous ne blessent pas : elles désamorcent les tensions et rappellent que l’humour est parfois la plus belle des diplomaties. Même les mots ont refusé les frontières. Ils voyagent d’une langue à l’autre jusqu’à devenir le patrimoine commun de tous les Sénégalais.

Notre cuisine raconte cette histoire mieux que tous les discours. Du thiéboudiène de Saint-Louis au couscous de Joal, du gnoul de Casamance au ndiorndi des voyageurs, du thiéré mboum aux mille saveurs de nos terroirs, les plats ont brassé les peuples bien avant les politiques. Ils ont enseigné que l’identité ne s’appauvrit jamais lorsqu’elle partage sa table.

Il en est de même de nos vêtements, de nos musiques, de nos danses et de nos langues. Le boubou n’appartient à personne parce qu’il appartient à tous.

Le Sénégal est aussi une terre d’hospitalité.

Le voisin, l’étranger, le voyageur, l’indigent ne sont pas des présences à tolérer mais des hôtes à honorer. La teranga, le teddungal, n’est pas un slogan touristique ; elle est une philosophie de l’existence. La générosité, chez nous, n’a jamais été une affaire de fortune. Elle est une disposition du cœur. On peut posséder peu et partager beaucoup. Manger seul son repas lorsqu’un autre a faim demeure l’une des plus grandes pauvretés morales.

Nous croyons aussi que la connaissance est une forme de liberté.

L’école, le daara, le séminaire, le voyage, les livres, les anciens, les maîtres : tout est prétexte à apprendre. Le Sénégal a toujours honoré le savoir. Nos érudits ont parfois offert les plus grands sacrifices pour acquérir un livre, une science ou quelques pages de sagesse. Dans notre histoire, la connaissance vaut davantage qu’un troupeau, parce qu’elle éclaire les générations.

Nous sommes un peuple de lecteurs autant que de conteurs, un peuple qui sait que les bibliothèques prolongent les traditions orales et que la mémoire d’une nation se construit autant dans les manuscrits que sous l’arbre à palabres.

Le Sénégal est également le pays de la parole.

Nous débattons beaucoup. Certains y ont vu de simples palabres ; nous y voyons l’exercice naturel de la liberté. Discuter, argumenter, convaincre sans humilier, contredire sans haïr : voilà une vieille tradition sénégalaise. Une démocratie ne vit pas de l’unanimité mais de la qualité de ses désaccords.

Notre République s’est construite lentement. Elle s’est dotée d’institutions, d’une justice, d’une administration, d’un État de droit. Rien n’est parfait, rien n’est achevé, mais tout mérite d’être protégé. Les institutions ne sont pas des obstacles à la liberté ; elles en sont les garanties. Les respecter n’interdit ni la critique, ni l’ambition de les améliorer. Au contraire, la véritable irrévérence consiste à les affaiblir au nom des intérêts passagers.

Nous refusons la haine parce qu’elle est étrangère à notre histoire.

Nous refusons la division parce qu’elle est contraire à notre culture.

Nous refusons l’intolérance parce qu’elle est incompatible avec notre héritage spirituel.

Nous refusons le mépris parce qu’il offense la dignité humaine.

Aucune idéologie fondée sur la peur de l’autre, aucune entreprise de fragmentation de notre peuple, aucune tentative d’opposer les religions, les ethnies, les générations ou les territoires ne pourra durablement prospérer sur cette terre. Elles peuvent troubler les esprits un instant ; elles ne survivront pas à la profondeur de notre mémoire collective.

Le Sénégal est une œuvre patiente.

Il est le fruit des enseignements de nos saints, de la sagesse de nos anciens, des combats de nos intellectuels, du courage de nos paysans, de nos pêcheurs, de nos ouvriers, de nos enseignants, de nos artistes, de nos soldats, de tous ceux qui ont bâti la nation sans jamais demander que leur nom figure dans les livres d’histoire.

Notre pays possède une force singulière : celle de toujours revenir à l’essentiel. Aux heures de doute, il retrouve le chemin de la mesure, de la fraternité et du bon sens. Les mirages passent ; les valeurs demeurent.

Nous croyons en un Sénégal libre parce qu’il est responsable.

Nous croyons en un Sénégal fort parce qu’il est juste.

Nous croyons en un Sénégal respecté parce qu’il respecte chacun.

Nous croyons en un Sénégal cultivé parce qu’il sait que la connaissance protège de la manipulation.

Nous croyons en un Sénégal généreux parce que la solidarité est sa seconde nature.

Nous croyons enfin que notre avenir ne sera jamais construit contre une partie des Sénégalais, mais avec tous les Sénégalais.

Main dans la main, fidèles à notre histoire sans être prisonniers du passé, ouverts au monde sans renoncer à nous-mêmes, attachés à nos libertés autant qu’à nos responsabilités, nous continuerons de faire vivre cette exceptionnelle aventure humaine qu’est le Sénégal.

Car ce Sénégal que nous aimons n’est pas seulement un héritage.

Il est un engagement.

Et tant qu’il restera des femmes et des hommes pour croire à la fraternité plutôt qu’à la haine, à la raison plutôt qu’à la violence, à la République plutôt qu’à l’arbitraire, à la dignité plutôt qu’à l’invective, ce Sénégal-là vivra.

Il vivra en chacun de nous.

Et il demeurera, pour toujours, notre plus belle espérance.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Mary Teuw Niane décrit le Sénégal comme une « éthique de la relation humaine » et une « promesse transmise de génération en génération », fondée sur le travail, la fraternité, la tolérance et le respect des institutions. - Il souligne que la diversité religieuse et ethnique est une richesse, avec des exemples comme les familles chrétiennes attendant le laakh à la Korité et les musulmanes dégustant le ngalakh à Pâques, ainsi que les plaisanteries entre groupes ethniques. - Il rejette explicitement la haine, la division, l’intolérance et le mépris, affirmant qu’aucune idéologie fondée sur la peur de l’autre ne prospérera durablement au Sénégal.
Auteur: Aminata SARR
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Mis à jour le:

Commentaires (24)

Trier par :
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    Makhou ⭐ Top commentaire il y a 2 mois
    Des gens qui n'assument rien et ne s'assument jamais! Dis clairement ce que tu veux faire et dans quelle direction tu veux aller. Point de philosohie a 2 francs avec nous. Vous avez a faire avec une generation tres eveillee, mais vous persistez a l'ignorer
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    Il faut l'aider à Présider il y a 2 mois
    Vous êtes loin du Peuple Mr Teuw et ça n'aide pas le Président de la République en tant que DC. Pas besoin de la poésie ou littérature pour les millions de Sénégalais fatigués.
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    bro il y a 2 mois
    Les politiciens sont entrain d'inoculer peu à peu les virus de la cupidité, du vice, de la trahison, du mensonge et de la haine dans le cœur des sénégalais, avec l'aide des soit disant acteurs de la société civile et des journalistes.
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    sc il y a 2 mois
    Vous avez bien raison. L'effritement de ce qui faisait jadis notre singularité a bien disparu chez bons nombres de concitoyens et tout à cause des politiciens sans fois ni lois, seulement guidé par la cupidité.
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    Drôle il y a 2 mois
    Les proches collaborateurs du président, sont devenus des champions de l'explication. À chaque sortie, c'est un nouveau justificatif, comme s'ils cherchaient à soulager leur conscience.
    À un moment, il faut savoir assumer ! Tourner éternellement autour du pot ne change pas les faits… ça finit juste par devenir comique.
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    Teuw il y a 2 mois
    Vous dites refuser la haine, la division, l'intolérance et le mépris. C'est un engagement qui mérite d'être salué. Mais, dans ce cas, qu'en est-il du mot « traître »
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    Ami il y a 2 mois
    @Drôle  Surtout les adultes. Laissez une telle relation se gater chez des jeunes qui ont l'âge de vos enfants et tous les sacrifices consentis, c'est manquer de sagesse, de générosité et de patriotisme. Trés dommage que des adultes tirent mes ficelles, se font discrets se presentant comme des saints mais, sacrifient notre pays pour leurs propores interêts. Massa à nous peuple ayant cru et croyons encore à l'ideal pomis par M.Sonko
    Que Dieu nous protège.
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    Thiaroye il y a 2 mois
    @Teuw  Il n‘y a pas plus traitre que celui qui veut détruire un système, fondé sur l’égalité de chances, sans lequel il n’aurait jamais pu émerger et ‘s’épanouir
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    Ameth il y a 2 mois
    Qui parle d’éthique de relation humaine? Mary teuw qui voulait fondre son parti dans le Pastef le meeting du 08 et qui s’est finalement retrouvé dans le KIIRAAY?
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    Mamadou Lamine Diop il y a 2 mois
    Ne mérite meme pas un commentaire!
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    MagsMaguette il y a 2 mois
    J'aimerais connaître le prétexte de ces vérités ter à terre que les griots rappellent tout le temps mieux que lui avec des anecdotes savoureuses bien diffrentes de sa logorrhée insipide.
    Monsieur le proffesseur si vous n'avez plus que de la littérature à offrir pour le développement du Sénégal, je vous rappelle que nous avons eu Senghor comme premier président de la république !
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    Lazo il y a 2 mois
    Tout ça pour dire quoi au juste.????
    C pitoyable
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    Bo il y a 2 mois
    Je pense qu'il essaie de se justifier de sa présence auprès de Diomaye.
    Il nous relate de valeurs mais dans son environnement professionnel du moment, la perception des sénégalais sensés est autre.
    Voilà un monsieur en qui j'ai toujours eu du respect mais je ne le reconnais plus .
    En toute sincérité sa place n'est plus plus au palais
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    Observer il y a 2 mois
    J'aimais bien le Mathematicien mais il devient un ridicule Samba Mbaye Mbayane!
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    Diouf il y a 2 mois
    Un vaut rien !
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    Sonko rék il y a 2 mois
    Le poste que tu aimes
    Diomaye petit persidan sur simple diokhogne de sonko
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    Bethio il y a 2 mois
    C est très normal que nous ayons de la haine du mépris contre ceux qui par leurs pratiques politiciennes odieuses ont fait que ce pays malgré ses immenses ressources humaines et naturelles se retrouvent parmi les 35 pays les plus pauvres du monde.
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    Un passant il y a 2 mois
    Marie Teuw tu es oú ? Sonko ou Diomaye après calculs et hésitations hop Domaye c plus sûr ! Quelle éthique ?
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    Anonyme il y a 2 mois
    C’est beau cette belle gaieté innocente commune, partagée et ambiante de l’époque. Aujourd’hui, avec les médias, nous assistons à une globalisation du monde, des pertes et effritements des valeurs ancestrales décrites. « La grande maladie moderne, c’est le déracinement. Déracinement du travail, quand il n’est plus fierté mais usure; déracinement des communautés, déracinement de la parole, quand elle devient slogan; déracinement de la vérité, quand tout se réduit à des récits d’un camp contre un autre. » Quelque chose se casse, se rompt et se délite progressivement. Comment se reprendre et revenir à nos valeurs ou quel modèle de société voulons- nous? « Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi. (Kwame Nkrumah »)
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    Merci il y a 2 mois
    Beau papier , belle réflexion j'espère que les sénégalais vont s'imprégner de cette contribution pleine d'enseignement
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    Mofaye il y a 2 mois
    Je n'y comprends Rien.....Quels sont les /Senegalais haineux contee les autes?.....Vous allez perdre ce president, au lieu de voir les problemes et essayer d'apportger des solutions des inquietudes legitimes des citoyens qui en ont marre de ent l'anarchie, du chomage, de l'INSECURITE, eb bien c plus simple de les DIABOLISER.....Voila ces gens a la science infuse entourant ce president!

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