Retrait de mandat aux maires qui changent d'obédience politique : La réplique de Kiiray Thiès à Amadou Ba
« La politique exige de la cohérence, de la constance et un minimum de mémoire.» Ces propos, tenus par des cadres du KIIRAY Les Patriotes Républicains de Thiès, sont adressés à Amadou Ba. Ils n’ont pas fait de cadeaux au député de Pastef : «Après avoir défendu avec ardeur le projet de loi interprétative sur la loi d'amnistie, qui a suscité une vive controverse et un important revers politique, le voilà qui revient à la charge avec une nouvelle proposition visant à retirer leur mandat aux maires qui changent d'obédience politique. »
Pr Lamine Sène et ses camarades rappellent qu’à la veille des élections législatives, lors du meeting d'ouverture de campagne à Thiès, Ousmane Sonko lançait un appel public aux maires afin qu'ils rejoignent son camp. « À cette époque, la transhumance était présentée comme un acte de courage, de lucidité et de patriotisme. Les maires étaient accueillis à bras ouverts, applaudis et célébrés », disent-ils.
Aujourd'hui, ces responsables de KIIRAY Thiès signalent que « parce que certains choisissent un autre chemin, les mêmes veulent transformer ce qu'ils glorifiaient hier en faute politique passible de la perte du mandat». Voilà, selon eux, « une contradiction que rien ne peut justifier. »
Pour Lamine Sène et Cie, la morale publique ne peut pas être à géométrie variable. «Les principes démocratiques ne changent pas selon que l'on est dans l'opposition ou au pouvoir. Si la transhumance est immorale, elle l'était également lorsque vous sollicitiez le ralliement des élus», disent-ils.
Aussi de se demander : « Si elle était légitime hier, pourquoi deviendrait-elle aujourd'hui un motif de sanction ? » Les membres de KIIRAY estiment que « cette proposition de loi ressemble moins à une réforme de moralisation qu'à une tentative de verrouillage du jeu politique».
KIIRAY Les Patriotes Républicains / Thiès d'indiquer : « une démocratie mature ne se construit ni sur des lois de circonstance ni sur des textes inspirés par les intérêts du moment. Elle repose sur des règles impartiales qui s'appliquent à tous, sans distinction. »
Lamine Sène et ses camarades de poursuivre : « Hier, vous ouvriez grand les portes aux maires qui vous rejoignaient. Aujourd'hui, vous voulez les leur fermer à double tour. Quelle incohérence ! Quelle hypocrisie politique ! Les Sénégalais se souviennent. Ils se rappellent les appels au ralliement lancés depuis les tribunes de campagne, notamment à Thiès. On ne peut pas applaudir la transhumance lorsqu'elle renforce son camp et vouloir la criminaliser lorsqu'elle profite à d'autres. »
Pour les partisans du Président Bassirou Diomaye Faye, « en politique, la crédibilité naît de la cohérence, à défaut, les discours perdent toute leur force et apparaissent comme de simples postures dictées par les circonstances. » Selon eux, les Sénégalais attendent des responsables publics des principes constants, et non des convictions qui changent au gré des intérêts politiques.
Commentaires (13)
La démocratie ne saurait prospérer dans un climat où les principes fluctuent au gré des intérêts partisans. La constance dans les convictions constitue l'un des premiers critères d'appréciation de la crédibilité d'un responsable politique. Lorsqu'une même pratique est successivement célébrée lorsqu'elle favorise son propre camp, puis condamnée dès lors qu'elle profite à l'adversaire, il ne s'agit plus d'une évolution doctrinale, mais d'une contradiction politique manifeste.
La proposition visant à retirer leur mandat aux maires qui changent d'appartenance politique soulève ainsi une interrogation fondamentale : poursuit-elle véritablement un objectif de moralisation de la vie publique ou répond-elle à des considérations circonstancielles dictées par le contexte politique actuel ?
Nul n'a oublié qu'à l'approche des élections législatives, les appels au ralliement lancés à l'endroit des maires étaient présentés comme une démarche patriotique et une adhésion légitime à un projet de transformation nationale. Ces élus étaient alors accueillis avec enthousiasme et leur choix était érigé en preuve de lucidité politique. Aujourd'hui, les mêmes comportements sont décrits comme des actes condamnables susceptibles d'entraîner la perte du mandat. Une telle inversion de lecture ne peut qu'interpeller tout observateur attaché à la cohérence des institutions.
La loi ne doit jamais être conçue comme un instrument destiné à consolider momentanément une majorité ou à affaiblir des adversaires. Elle doit incarner une règle générale, abstraite et impersonnelle, applicable avec la même rigueur à tous les acteurs, indépendamment de leur appartenance politique. C'est précisément cette exigence d'impartialité qui fonde l'État de droit.
Si la transhumance politique constitue effectivement une dérive portant atteinte à la confiance des citoyens, alors son encadrement doit résulter d'un consensus national, fondé sur des principes stables et non sur les intérêts d'une conjoncture particulière. En revanche, si cette pratique était jugée acceptable lorsqu'elle servait une alternance politique, il devient difficile de soutenir, sans incohérence, qu'elle mérite aujourd'hui une sanction juridique.
La mémoire collective demeure l'un des meilleurs garants de la responsabilité politique. Les citoyens se souviennent des discours, des engagements et des positions défendues hier. Ils attendent des dirigeants non pas des principes à géométrie variable, mais une fidélité constante aux valeurs qu'ils proclament.
En définitive, la grandeur de l'action politique ne réside pas dans la capacité à adapter les règles aux intérêts du moment, mais dans le courage de défendre les mêmes principes, que l'on soit dans l'opposition ou aux responsabilités. La cohérence n'est pas une option ; elle est la condition indispensable de la confiance publique et de la légitimité démocratique.
De toute façon ce nouveau parti fantoche, vous n’en entendrez plus parler dans deux ans.
Et il subira très vite des déculottés mémorables.
On vous a élu pour nous voter des lois qui renforcent les valeurs au Sénégal.............................ce qui s'applique aux députés en tant que élus doit s'appliquer aux maires
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