Fronde au Parti socialiste : « Notre démarche ne vise pas à emprisonner Aminata Mbengue Ndiaye »
La fronde s'amplifie au sein de la formation historique de Léopold Sédar Senghor. Le Parti socialiste (PS) est aujourd'hui « dramatiquement clochardisé, humilié et rayé de la carte politique sénégalaise », a asséné Daour Sagna lors d'un point de presse tenu ce mardi 4 novembre 2026 à Thiès. Entouré de plusieurs cadres frondeurs à l'origine d'une assignation en justice contre la direction actuelle, le responsable politique n'a pas mâché ses mots face à la presse, fustigeant la gestion de la secrétaire générale, Aminata Mbengue Ndiaye.
Selon les frondeurs, le parti ne produit plus aucune idée et fait face à une hémorragie de démissions en cascade et à la fuite massive de ses cadres. « Et tout cela pour quoi ? Pour assouvir l'égoïsme sordide, la gloutonnerie et la cupidité d'une direction illégitime qui a décidé de prendre en otage le patrimoine de tout un peuple ! », s'est indigné Daour Sagna, affirmant que le temps des courbettes est désormais révolu.
Les initiateurs de l'action judiciaire battent en outre en brèche les accusations formulées par leurs adversaires politiques. « Au lieu de faire leur examen de conscience, la direction de fait s'épuise dans une propagande d'une vulgarité inouïe, osant prétendre que notre démarche viserait à emprisonner la secrétaire générale Aminata Mbengue Ndiaye. Que les meutes de propagande l'entendent bien : nous ne cherchons à emprisonner personne ! Agiter le spectre de la prison est l'unique bouclier des lâches, la fausse victimisation d'une direction aux abois qui tremble de terreur à l'idée de faire face à la rigueur de la loi », a martelé M. Sagna.
Revenant sur les récentes échauffourées survenues à la Maison du parti à Colobane, les contestataires ont fustigé l'accueil réservé aux militants de base. « Ce jour-là, les militants authentiques de ce parti, venus réclamer leur droit statutaire à la parole, ont été accueillis par des cadenas rouillés, des barricades de la honte et des milices privées payées pour ensanglanter des camarades ! Nous avons frôlé le drame humain. Face à cette sauvagerie politique, notre réponse ne pouvait pas être la violence des poings : nous avons choisi la force souveraine du droit et demandé à la justice de la République de trancher ! »
Sur le plan juridique et statutaire, les frondeurs estiment que l'illégitimité de la direction actuelle est d'une clarté limpide. À la disparition d'Ousmane Tanor Dieng en juillet 2019, l'article 30 des statuts du parti confiait à Aminata Mbengue Ndiaye une mission d'intérim stricte, consistant à achever le mandat en cours, arrivé à son terme légal en 2021. « Voilà plus de sept ans qu'elle s'accroche désespérément à un siège de suppléante, ce qui est plus long qu'un mandat présidentiel ! Un intérim technique s'est transformé en une gérontocratie absolue et illégale », dénoncent-ils, tout en rappellant que l'article 33 impose la tenue d'un congrès ordinaire tous les quatre ans.
Daour Sagna et ses camarades raillent également le fonctionnement de la direction actuelle, qu'ils accusent de se terrer dans des salons feutrés d'hôtels privés pour tenir des réunions clandestines par peur de la base, tout en qualifiant d'échec lamentable la commission spéciale mise en place pour réformer le parti. Ils balayent par ailleurs l'idée d'une manipulation extérieure : « La partie adverse tente de manipuler l'opinion en prétendant que notre action judiciaire est une télécommande des signataires du Manifeste Dundal PS. C'est un mensonge grossier ! L'assignation est l'acte fondateur de responsables libres et debout qui refusent l'euthanasie de leur parti. »
Adressant une mise en garde à Aminata Mbengue Ndiaye, les frondeurs l'invitent à constater le désastre de sa gestion et à opter pour une sortie honorable. « Votre démission aujourd'hui ne serait pas un aveu de faiblesse, mais l'ultime service à rendre au parti pour vous offrir une sortie par la grande porte avant la déchéance judiciaire et le mépris de l'Histoire », avertissent-ils.
Enfin, Daour Sagna a annoncé la couleur pour la suite du mouvement. L'assignation en justice ne constituerait que la première étape d'un plan d'action articulé autour de quatre-vingt-treize points. Les frondeurs prévoient d'investir pacifiquement la Maison du parti à Colobane pour exiger la libération des lieux et le départ sans condition de la direction actuelle, concluant leur propos par une ferme réprobation à l'égard de la communication des partisans de la ligne officielle.
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