Hépatite E : Le virus détecté pour la première fois dans des élevages porcins à Thiès
Une étude présentée lors de la Vème Journée Scientifique de la Sécurité Sanitaire des Aliments met en évidence, pour la première fois au Sénégal, la circulation du virus de l'hépatite E (VHE) dans des élevages porcins de la région de Thiès. Ces résultats, obtenus par une équipe de chercheurs sénégalais et français, soulignent la nécessité de renforcer la surveillance sanitaire selon l'approche « One Health », qui intègre la santé humaine, animale et environnementale.
Le virus de l'hépatite E est un agent pathogène zoonotique émergent, principalement transmis par voie féco-orale. Toutefois, les scientifiques rappellent que la consommation de produits carnés contaminés constitue également une voie de transmission de plus en plus documentée. Les porcs, comme d'autres animaux domestiques et sauvages, peuvent héberger le virus et le disséminer dans l'environnement à travers leurs déjections.
Afin d'évaluer la circulation du VHE, les chercheurs ont mené, en avril 2026, une enquête dans quatre fermes porcines de Thiès. Au total, 120 échantillons ont été prélevés, comprenant des écouvillonnages de mangeoires, des fèces et des eaux usées. Les analyses moléculaires réalisées par RT-PCR ont permis de détecter le virus dans 21 échantillons, soit un taux global de positivité de 17,5 %.
Les mangeoires se sont révélées être les plus contaminées, avec un taux de positivité de 40 %, suivies des fèces (12,5 %). Les fermes n°2 et n°3 présentaient les niveaux de contamination les plus élevés, avec respectivement 33,3 % et 26,7 % d'échantillons positifs, contre seulement 3,3 % et 6,7 % dans les fermes n°1 et n°4. Les chercheurs ont également observé une corrélation entre la présence du virus, la taille des exploitations et la densité des élevages.
Selon les auteurs, ces résultats constituent les premières preuves de la circulation du virus de l'hépatite E dans des élevages porcins au Sénégal. Ils estiment toutefois que ces données devront être confirmées par des analyses de séquençage afin d'identifier les génotypes circulants.
Au-delà du constat scientifique, cette étude met en lumière le risque potentiel de transmission du virus entre les animaux, l'environnement et l'homme, notamment pour les personnes travaillant dans les élevages, les abattoirs ou manipulant des produits carnés. Les chercheurs plaident ainsi pour la mise en place d'une surveillance intégrée « One Health », incluant le suivi sanitaire des élevages porcins, la surveillance de l'environnement, le contrôle des produits carnés et la protection des professionnels exposés. Une telle stratégie contribuerait à prévenir l'émergence et la propagation de l'hépatite E au Sénégal, tout en renforçant la sécurité sanitaire des aliments.
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