Paludisme : 146,6 milliards FCFA pour atteindre l’élimination en 2030
Le Sénégal s’approche du dernier kilomètre dans sa lutte contre le paludisme. Mais pour atteindre l’objectif d’élimination à l’horizon 2030, le pays devra relever un défi majeur : sécuriser les financements nécessaires au maintien des acquis. Il faut donc interroger les conditions d’évolution des chiffres. Il s’agit de comprendre qui finance aujourd’hui la lutte contre le paludisme ? Les ressources nationales seront-elles suffisantes ? Les interventions seront-elles maintenues dans les zones les plus touchées ? Les populations connaissent-elles leurs droits en matière de prise en charge ?
À quatre ans de l’échéance de 2030, le Plan stratégique national pour l’élimination du paludisme 2026-2030 chiffre les besoins à 146,6 milliards de francs CFA. Les chiffres témoignent pourtant des progrès accomplis. Selon les données communiquées par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), 73 des 79 districts sanitaires du pays sont désormais en phase de pré-élimination. La prévalence parasitaire nationale est, elle, estimée à 0,3 %.
Mais derrière ces résultats encourageants, des disparités persistent. Le paludisme reste davantage présent dans certaines zones, notamment à Tambacounda, Kédougou et Kolda. Ces régions constituent des points de vigilance où la continuité des interventions doit être garantie pour éviter une résurgence de la maladie.
146,6 milliards FCFA pour le dernier virage
L’enveloppe de 146,6 milliards de francs CFA prévue pour la période 2026-2030 donne la mesure du défi. L’élimination du paludisme ne se limite pas à faire baisser le nombre de cas. Elle suppose de maintenir la surveillance épidémiologique, de garantir la disponibilité des tests et des médicaments, de poursuivre les actions de prévention et les interventions communautaires, tout en conservant la capacité d’intervenir rapidement dans les zones où la transmission demeure élevée.
Dans ce contexte, le retrait de l’USAID de plusieurs programmes d’aide au développement constitue un nouveau défi. Pendant des années, l’appui américain a contribué au financement de nombreuses interventions liées à la lutte contre le paludisme, notamment le renforcement des capacités, les interventions communautaires, la prévention et l’accompagnement des structures de santé. La question dépasse donc le remplacement d’un bailleur. Il s’agit désormais de savoir comment assurer un financement durable de la dernière étape vers l’élimination. Les résultats nationaux ne doivent pas masquer les réalités locales. Tambacounda, Kédougou et Kolda demeurent particulièrement exposées.
À Kédougou, les difficultés rencontrées dans la continuité de certaines interventions après le départ d’un partenaire soutenu par l’USAID illustrent les conséquences concrètes que peut avoir le retrait d’un partenaire financier ou technique. Le risque est ainsi de voir le Sénégal fragiliser ses acquis au moment même où il s’approche de son objectif. La réussite de la stratégie dépendra donc autant de la mobilisation des ressources que de leur capacité à atteindre les territoires les plus vulnérables.
Commentaires (4)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.