Planification familiale au Sénégal : lever les obstacles pour une meilleure santé des mères et des enfants
« La santé de la reproduction et la planification familiale (SR/PF) est l'ensemble des moyens et méthodes donnant aux couples et aux individus le loisir maximum d'informations sur les conséquences possibles de leurs décisions, tant au niveau personnel que social. Au-delà de sa dimension sanitaire, elle touche aux droits des femmes, à l'équité sociale et à la croissance démographique. La SR/PF est une stratégie efficace de réduction de la mortalité maternelle. Chaque année, en Afrique de l'ouest et du centre, plus de 100.000 femmes meurent de causes évitables liées à la grossesse ». Ces mots sont de la présidente de l'Association nationale des sages-femmes d'État du Sénégal (ANSEF), Bigué Ba Mbodji. Elle s’exprimait ainsi, ce mardi, à Dakar, lors de l’atelier de renforcement des compétences des journalistes, organisé par l'Association des Journalistes en Santé, Population et Développement (AJSPD) en partenariat avec Marie Stopes International (MSI).
Des défis persistants
Elle soutient qu’au Sénégal, les efforts consentis ont permis une baisse significative de la mortalité maternelle, passant de 510 décès pour 100 000 naissances vivantes à 236 en 2017, puis à 213 en 2023. À l'échelle régionale, chaque année, en Afrique de l'Ouest et du Centre, plus de 100 000 femmes meurent de causes évitables liées à la grossesse.
La Sage-femme de renseigner que les adolescents représentent une part importante de la population mais rencontrent de nombreux obstacles avec un accès limité aux services adaptés, une faible éducation sexuelle complète et des obstacles socio-culturels.
Toutefois, dit-elle, les autorités ont fixé des objectifs clairs à savoir de porter le taux de prévalence contraceptive (TPC) de 26 à 46 % chez les femmes mariées, réduire les naissances chez les adolescentes (15-19 ans) de 22,9 % à 15 %, et assurer une souveraineté fiscale annuelle avec une augmentation de 20 % de la contribution de l'État, soit 500 millions de francs CFA pour l'achat de contraceptifs.
L'atelier a permis d'identifier plusieurs catégories de défis qui entravent l'accès universel à des services de SR/PF de qualité.
Sur le plan sanitaire, la présidente des Sages-femmes d’Etat du Sénégal a listé les insuffisances d'accès aux services, les ruptures occasionnelles de produits, le manque de ressources humaines qualifiées en milieu rural, la faible utilisation par les jeunes, la faible capitalisation des données, l’insuffisance de l'offre communautaire et disparités régionales.
« Faute de décret d'application, les femmes n'ont pas encore cette pleine capacité de pouvoir bénéficier de tous les bienfaits de la planification familiale »
« Sur le plan socioculturel, il y a les rumeurs et perceptions négatives, le caractère pronataliste de la société, la sensibilité du sujet, l’influence des réseaux sociaux, les tabous autour de la sexualité et la désinformation. Sur le plan institutionnel et législatif, il y a la non-signature du décret d'application de la loi sur la SR votée en 2005, le faible niveau d'instruction des femmes et faible pouvoir de décision économique, le consentement du conjoint encore exigé, l’insuffisance de financement et dépendance aux partenaires techniques et financiers », a-t-elle expliqué, entre autres défis à relever comme la communication.
Eugène Kaly : « Beaucoup de femmes refusent d’adopter une méthode parce que les effets secondaires ne sont pas bien expliqués »
Bigué Ba Mbodji de soutenir que « faute de décret d'application, les femmes n'ont pas encore cette pleine capacité de pouvoir bénéficier de tous les bénéfices de la planification familiale ».
Par contre, elle fait savoir que le Sénégal s'est engagé dans le cadre de FP30, du Plan d'action collaboratif de plaidoyer (CAAP) et de la mobilisation des parlementaires pour renforcer le financement national.
« La SR/PF est un pilier du développement humain. Au Sénégal, des progrès importants ont été réalisés, mais des défis majeurs persistent. Les journalistes ont un rôle déterminant à jouer dans la sensibilisation, le plaidoyer et la lutte contre les rumeurs. La synergie entre médias, prestataires de santé et communautés est la clé pour créer un environnement favorable à l'accès universel à des services de SR/PF de qualité », a laissé entendre la Sage-femme.
Président de l’Association des journalistes en Santé, population et développement (AJSPD), Eugène Kaly a, à son tour, soutenu : « C’est notre devoir, en tant que journalistes spécialisés en santé, d’aller au-devant de ces silences. Beaucoup de femmes refusent d’adopter une méthode parce que les effets secondaires ne sont pas bien expliqués. Mais une fois qu’elles comprennent les avantages pour elles, pour leur enfant, pour leur famille, elles acceptent aussitôt ».
Commentaires (3)
Quand vous regardez ceux qui subventionnent l'adoption de la contraception, rien que ça, ça devrait alerter tout sénégalais soucieux du devenir du pays. Bill Gates pour ne pas le citer.
Sénégalaises ayez des enfants car vous avez encore la chance d'en faire. Bientôt il vous sera impossible d'en faire naturellement
avant d'en concevoir.
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