Cayor : un sous-sol riche, des populations toujours en quête de prospérité
Malgré ses ressources minières, agricoles, artisanales et son positionnement géographique stratégique, le Cayor peine à transformer ses atouts en emplois durables et en prospérité partagée. C'est ce qu'a fait comprendre Ousseynou Fall, contrôleur financier à la Présidence de la République, lors d'une rencontre sur la situation économique du Cayor.

Il trouve que cela constitue un paradoxe. Pour lui, ce constat est préoccupant. « Le Cayor ne manque ni de ressources ni de potentialités. Ce qui semble lui faire défaut, c’est surtout la capacité à transformer ces richesses en activités productives, en emplois pérennes et en revenus décents pour ses habitants », dit-il. C’est autour de cette contradiction que se tient une rencontre placée sous le thème : « Le Cayor : révéler son potentiel économique, connecter le Sénégal au monde ».
Cette initiative ambitionne de faire du Cayor un territoire économiquement intégré, compétitif et ouvert sur les marchés internationaux. Mais l’urgence est moins de rappeler les richesses de la région que de comprendre pourquoi celles-ci ne profitent pas davantage aux populations.
Des ressources, mais une économie qui peine à décoller
Le potentiel du Cayor est pourtant considérable. Les gisements de phosphates de Koul, Keur Maniaw, Lam-Lam et Ngandiouf, ainsi que la zone industrielle de Thilmakha, pourraient contribuer à structurer un tissu industriel créateur de valeur ajoutée. Les productions agricoles des Niayes et du Cayor des profondeurs offrent également des perspectives importantes, tout comme l’artisanat de Méckhé et les savoir-faire locaux.
À ces atouts s’ajoutent un patrimoine culturel et spirituel remarquable, incarné notamment par Tivaouane, Ndiassane, Pire Goureye, Ndiarndé, Mboul et Mbacké Cadior, ainsi qu’une position géographique favorable au développement des échanges et de la logistique.
Mais cet inventaire, aussi prometteur soit-il, ne suffit plus. Car, dit Ousseynou Fall, la véritable mesure du développement d’un territoire ne réside pas dans la quantité de ses ressources, mais dans sa capacité à créer des richesses et à les redistribuer.
Agriculteurs, artisans, jeunes : les oubliés du potentiel économique
Sur le terrain, les difficultés persistent. Ousseynou Fall trouve que dans l’agriculture, les producteurs restent tributaires des saisons et des fluctuations des marchés.
« Après des mois d’efforts, certains se retrouvent confrontés à la mévente, à la dégradation des récoltes et à l’absence de capacités suffisantes de conservation et de transformation. Cette situation révèle les limites d’un système productif qui peine encore à assurer aux producteurs des revenus réguliers », confie M. Fall.
Il ajoute que l’artisanat traditionnel, notamment dans les métiers du cuir et de la forge, subit lui aussi la pression de la concurrence et la transformation des marchés. « Sans accès suffisant au financement, à la modernisation des équipements, à la formation et aux circuits de commercialisation internationaux, des savoir-faire pourtant reconnus risquent de perdre leur compétitivité », souligne-t-il.
Poursuivant, il a noté que la jeunesse, quant à elle, demeure confrontée au manque de perspectives professionnelles. Quant aux collectivités territoriales, M. Fall affirme qu'elles se heurtent à des ressources limitées et à un déficit de projets structurants, notamment dans les infrastructures à haute intensité de main-d’œuvre.
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