"Jusqu'à 18 000 FCFA d'amende" : Les vendeurs de rue sous pression face au contrôle sanitaire aux abords des hôpitaux
Aux abords des hôpitaux Idrissa Pouye de Grand-Yoff et Khadimou Rassoul de Mbao, les vendeuses de rue nourrissent chaque jour des centaines de patients, d'accompagnants, de riverains et d'agents de santé. Mais derrière les plats servis à même le trottoir, la sécurité sanitaire se heurte à un environnement hostile : poussière omniprésente, installations précaires, nourriture exposée aux intempéries et, dans le secteur de Mbao, stagne le problème récurrent des eaux usées qui débordent régulièrement sur la chaussée.
Après une première immersion à la gare routière des Beaux Maraîchers axée sur la sensibilisation des acteurs de la restauration informelle, l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), soutenue par la FAO, a poursuivi son enquête de terrain aux abords des grandes structures sanitaires de la capitale.
Sur place, certaines commerçantes affirment déployer des efforts constants pour garantir la propreté et la qualité de leurs préparations. Elles exercent toutefois dans un cadre précaire où la poussière ambiante, l'absence d'équipements adaptés et l'exposition des aliments constituent autant de facteurs de risque pour la santé publique.
Face à cette vulnérabilité, la brigade d’hygiène renforce sa présence sur le terrain. L'adjudant-chef El Hadji Moussa Diouf, responsable de la sous-brigade d’hygiène de Mbao, rappelle que ses agents effectuent des vistes de contrôle quotidiennes, axées sur la sensibilisation, la vérification de la salubrité des lieux, la protection des contenants et l'obligation stricte de détenir un certificat médical.
Lorsque les consignes sanitaires ne sont pas respectées, les agents appliquent la réglementation rigoureusement. L’absence de certificat médical ou les infractions liées à l’insalubrité et au défaut de protection des repas sont passibles d’amendes forfaitaires variant entre 9 000 et 18 000 francs CFA. Au-delà des visites de routine en journée, le service d’hygiène mène également des opérations nocturnes ciblées pour surveiller les étals opérant à des heures tardives.
Cependant, à Mbao, la gestion de la salubrité dépasse la simple responsabilité individuelle des restauratrices. L'adjudant-chef Diouf souligne que le problème majeur de la zone réside dans les écoulements intempestifs d’eaux usées.
Ce phénomène s'explique par la présence d'une nappe phréatique affleurante qui entraîne le gorgement rapide des fosses septiques, lesquelles finissent par déborder dans la rue, en l'absence d'un réseau d’égouts fonctionnel et étendu.
Cette situation crée une équation complexe autour des hôpitaux : les autorités s'efforcent d'assainir le contenu des assiettes alors même que l’environnement immédiat demeure contaminé par d'importants rejets liquides. Malgré la consignation mensuelle des procès-verbaux et des infractions par le service d’hygiène, la garantie d'une véritable sécurité sanitaire autour des hôpitaux imposera une prise en charge globale des déficits d'assainissement urbain.
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