Fabrication illégale d'eau en sachets : la BR de Saraya arrête 7 exploitants
La Brigade de Recherches de Saraya a interpellé sept personnes soupçonnées d'exploiter illégalement des unités de fabrication d'eau en sachets dans les villages de Tenkoto et de Kharakhéna. Il s'agit de S. CAMARA, M. Y. DIALLO, O. DEME, A. B. LY, M. BOITE, A. DIOP et D. DIARRA. Ils sont poursuivis pour exploitation illicite d'installations de fabrication d'eau en sachets, faux et usage de faux de documents administratifs portant sur les autorisations de fabrication, mise en danger de la vie d'autrui et tromperie sur la qualité. Ils ont été déférés le 12 octobre 2026 devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kédougou,d’après des sources de Seneweb.
Selon l'enquête, l'affaire commence le 6 octobre 2026. Ce jour-là, T. K. DIENG et S. M. SARR, représentants de l'Union des Promoteurs d'Eau filtrée en Sachets (UPES) de Kédougou, se présentent à la Brigade de Recherches de Saraya. Ils dénoncent la prolifération d'unités de fabrication d'eau conditionnée en sachets dans le département, sans aucune autorisation administrative. Ils citent les marques « MBOUMA », « GUEYE EAU », « TALEFALA », « ZAM ZAM », « BOITE et Frères », « KOKI » et « D.D », installées à Kharakhéna et à Tenkoto. Selon eux, ces unités ternissent leur secteur.
L'UPES, section de Kédougou, précise être une structure légalement constituée, qui respecte la procédure d'obtention des documents requis : registre de commerce, NINEA, rapport d'enquête, certificat de salubrité, analyse de l'eau dans le privé et analyse de six litres d'eau par l'État. Son siège régional est à Kédougou. Elle affirme œuvrer à la promotion de la fabrication d'eau filtrée dans la zone, à la préservation de l'environnement et à la protection de la santé publique. Après plusieurs démarches infructueuses auprès des contrôleurs économiques, elle a saisi la brigade.
La gendarmerie ouvre immédiatement une enquête et adresse une demande de concours à la Direction du commerce intérieur, habilitée à délivrer les autorisations communément appelées FRA. Une demande de concours est également adressée au chef de la Division de la Consommation et de la Sécurité des Consommateurs. Les résultats révèlent des irrégularités par rapport aux informations contenues dans la lettre de dénonciation.
Les interpellations sur les sites de production
Le 8 octobre 2026, les enquêteurs se rendent à Tenkoto. S. CAMARA, M. Y. DIALLO et O. DEME y sont surpris dans leurs unités en pleine production et en train d'emballer des sachets d'eau filtrée. Invités à présenter les documents relatifs à l'exploitation, ils produisent tous des pièces jugées fallacieuses et non conformes à cette activité.
Le lendemain, 9 octobre 2026, la même scène se répète à Kharakhéna. A. B. LY, M. BOITE, A. DIOP et D. DIARRA sont surpris en pleine production et présentent à leur tour des documents non conformes.
Les représentants de l'UPES ont d'abord été entendus. Ils ont déclaré que plusieurs unités de la zone n'ont pas les papiers administratifs nécessaires pour produire de l'eau en sachets. S. M. SARR a expliqué que l'union regroupe les producteurs d'eau et travaille à améliorer leurs conditions sociales et d'exercice, ainsi qu'au respect des normes légales. Il a indiqué que l'UPES organise périodiquement des séminaires de sensibilisation et en profite pour conseiller aux acteurs d'abandonner certaines pratiques.
L'UPES, par la voix de son coordonnateur, condamne fermement ces irrégularités et annonce sa décision de porter plainte avec constitution de partie civile.
Pour les enquêteurs, tous les mis en cause ont délibérément installé leur unité de conditionnement sans respecter les formalités exigées. Ils ont commercialisé une eau qui ne répond pas aux normes de sécurité et de bien-être des consommateurs, faute d'analyses. Les FRA détenus ont tous été déplacés de leur adresse d'origine sans nouvelle analyse de l'eau, et certains ont été achetés sur le marché noir de Touba.
Les installations se trouvent sur des périmètres fréquentés par des animaux, exposés aux eaux usées et aux passages d'eau de pluie, ce que montre la planche photographique jointe au dossier. Le personnel n'a ni certificat de salubrité ni blouse et a été recruté sans aucune qualification. L'enquête y voit une mise en danger manifeste de la vie d'autrui.
Sur le faux et usage de faux, l'enquête rappelle que les FRA sont délivrés par la Direction du commerce intérieur. Ces autorisations ne sont plus attribuées depuis l'adoption de la loi sur les plastiques. Les exploitants les achètent donc à d'autres détenteurs d'unités, qui les dupliquent pour un double emploi.
Sur la tromperie sur la qualité, les exploitants n'ont pas respecté les critères clés de l'eau potable : paramètres microbiologiques, chimiques, organoleptiques et physico-chimiques. Le dossier explique que, pour obtenir un FRA, le ministère du Commerce prélève l'eau sur le site d'installation, l'analyse pour vérifier qu'elle est buvable, puis la compare à celle des localités environnantes avant de délivrer le document. Le déplacement vers un autre site suppose donc le même processus et un changement d'adresse. Le FRA est personnel et ne peut faire l'objet ni de cession ni de vente.
Les enquêteurs notent que, si certains exploitants disposent d'un numéro de FRA, aucune procédure d'obtention n'a été respectée pour d'autres. Même ceux qui avaient rempli ces formalités ont, par mépris de dispositions obligatoires, violé la loi. M. BOITE, lui, ne détient aucun document.
Le matériel saisi
À Tenkoto, les enquêteurs ont saisi 8 machines de filtrage d'eau, 26 filtres, 8 pompes à eau, 2 groupes électrogènes et 2 caméras de surveillance. Des sachets d'eau ont été prélevés comme échantillons sur chacun des sites démantelés. Un autre exploitant, Y. DANFAKHA, détenteur de 3 machines de filtrage, 3 pompes à eau, 7 filtres, 2 groupes électrogènes et 2 caméras de surveillance, ne s'est pas présenté à son unité, au motif qu'il serait malade.
À Kharakhéna, la saisie porte sur 7 machines de filtrage d'eau, 23 filtres, 3 pompes à eau, 2 régulateurs de tension et 1 onduleur, avec là aussi des échantillons prélevés sur chaque site.
Au total, les enquêteurs ont saisi 15 machines de filtration, 49 filtres, 11 pompes à eau, 2 groupes électrogènes, 2 caméras de surveillance, 2 régulateurs de tension et 1 onduleur. Les unités de production ont été placées sous scellés, suivant les objets saisis n° 01 à n° 07, et gardées à l'unité en attendant la décision de la justice. L'ensemble du matériel reste à la disposition de la brigade jusqu'à la décision du tribunal. La demande de concours est annexée à la procédure.
Déférés devant le parquet
Au terme de l'enquête, la brigade estime qu'il existe contre S. CAMARA, M. Y. DIALLO, O. DEME, A. B. LY, M. BOITE, A. DIOP et D. DIARRA des indices graves et concordants.
Selon le dossier déposé sur la table du procureur de la République, ces indices justifient leur arrestation pour exploitation illégale d'une unité de fabrication d'eau en sachets, mise en danger de la vie d'autrui, faux et usage de faux de documents administratifs, et tromperie sur la qualité. Ils ont été déférés le 12 octobre 2026 devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kédougou.
Commentaires (4)
Vraiment trop longs.
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