Sénégal: Otra Africa met en garde contre la stigmatisation des communautés
Face à la montée des tensions et à la multiplication des débats sensibles sur les réseaux sociaux, l’Organisation internationale Otra Africa lance un appel à la responsabilité, à la retenue et au respect des droits humains. Lors d’une rencontre avec la presse consacrée à la situation des étrangers vivant au Sénégal, l’organisation a exprimé ses préoccupations concernant les discours stigmatisants visant certaines communautés, notamment les Peuls originaires de Guinée.
Au cœur de cette actualité figure l’affaire opposant Mariama Ba, connue sous le nom de Noura, à des personnes se réclamant d’un mouvement nationaliste. Cette altercation, qui suscite de nombreuses réactions, soulève des interrogations sur le respect des libertés fondamentales, la présomption d’innocence et la coexistence pacifique entre les communautés.
Selon les informations communiquées par Otra Africa, Mariama Ba, qui se présente comme étant de nationalité sénégalaise, serait en garde à vue depuis vendredi soir, sur instruction du parquet. L’organisation indique être dans l’attente d’une décision des autorités judiciaires concernant son dossier.
Otra Africa conteste les accusations relayées à l’encontre de l’intéressée, notamment celles portant sur de supposés propos injurieux visant l’institution présidentielle et une autorité religieuse. L’organisation affirme qu’aucun élément audio ou vidéo ne permettrait, selon elle, d’établir ces accusations et dénonce ce qu’elle considère comme une campagne d’intoxication et de manipulation.
Tout en appelant à la prudence, elle demande que les contenus audiovisuels et les déclarations attribués à Mariama Ba soient examinés avec rigueur, afin d’éviter les accusations infondées et les jugements précipités. Ces affirmations devront toutefois être appréciées à la lumière des éléments disponibles et des conclusions des autorités compétentes.
Au-delà de cette affaire, Otra Africa s’inquiète de la circulation de discours présentant la présence de la communauté Peul du Fouta au Sénégal comme un problème national. Pour l’organisation, de telles perceptions risquent d’alimenter les tensions, de renforcer les préjugés et de fragiliser les relations entre les populations.
Elle met notamment en garde contre toute tentative de transformer cette situation en une rivalité entre le Sénégal et la Guinée, ou en une opposition entre les Peuls du Fouta et les autres communautés sénégalaises.
Sur la question de l’état civil, l’organisation estime que l’établissement et la reconnaissance des documents administratifs doivent faire l’objet d’un traitement sérieux, équitable et conforme aux lois de la République. Elle rappelle que les éventuelles irrégularités individuelles ou administratives ne sauraient justifier la stigmatisation collective d’une communauté.
«La question de l’état civil ne peut servir de prétexte à la discrimination ou à l’amalgame», souligne en substance l’organisation, qui appelle à distinguer les responsabilités individuelles de l’identité communautaire.
Otra Africa exprime également sa vive préoccupation face aux agressions physiques, aux attaques verbales et aux atteintes au droit à l’image qu’elle dit avoir constatées ou signalées à l’encontre de personnes et de commerces appartenant à des membres de la communauté peule du Fouta originaires de Guinée.
L’organisation considère que ces actes, lorsqu’ils sont établis, constituent des atteintes à la sécurité des personnes, à la dignité humaine et au respect des biens. Elle demande que les faits signalés fassent l’objet d’enquêtes rigoureuses et de réponses appropriées de la part des autorités policières et judiciaires.
Dans cette perspective, elle interpelle l’État du Sénégal sur sa responsabilité dans la protection des personnes et de leurs biens. Elle appelle notamment au suivi des plaintes déposées par différentes associations pour des faits similaires et à la répression de toute forme de violence, de discrimination ou de justice populaire, dans le respect des procédures légales.
Pour Otra Africa, la protection des citoyens comme celle des étrangers résidant sur le territoire national relève d’une exigence fondamentale de l’État de droit.
L’organisation invite par ailleurs les médias, les journalistes, les influenceurs et l’ensemble des utilisateurs des réseaux sociaux à faire preuve de professionnalisme et de discernement dans le traitement de cette affaire.
Commentaires (10)
De l'empire du Djolof (Jolof) , du Tekrour, du Fouta-Toro, du Waalo et le Cayor (Kadior), du Baol, du Sine et le Saloum et enfin, le Galam et le Boundou en Casamance, le Sénégal précolonial, territoire auquel la puissance coloniale fut contrainte d’accorder un statut spécial de département français à part entière en raison de sa résistance, s’est unifié pour former un État-nation. Cette entité comprend à la fois une structure juridique souveraine (l’État) et une communauté humaine unie par un sentiment partagé d’appartenance culturelle et historique (la nation) au sein d’un territoire défini ; elle possède des caractéristiques spécifiques et immuables que nul ne peut tenter d’influencer et encore moins de dénigrer ou de bafouer, sans en subir les conséquences. Cette entité (le Sénégal) a forgé une identité qui confère un caractère unique et distinctif à ses populations autochtones ; il s’agit d’une « supra-identité » que certains étrangers naturalisés peinent à saisir ou à comprendre suffisamment pour trouver pleinement leur place et atteindre un niveau d’intégration, aussi limité soit-il, permettant leur acceptation.
Au Sénégal, quel que soit le mode d’acquisition de la citoyenneté, sauf dans les cas de naturalisation fondée sur le *jus sanguinis* (droit du sang), qui vous intègre et vous fond dans les strates autochtones, vous devez accepter le statut de citoyen de « seconde zone ». Vous êtes tenu de respecter les normes sociales et coutumières du pays, tout comme votre descendance, à moins qu’elle ne contracte des mariages mixtes et s’intègre aux lignées des groupes ethniques autochtones. Malheureusement, de nombreux ressortissants étrangers détenteurs de documents d’identité sénégalais perdent de vue cette réalité.
Pour les Sénégalais de souche, cela représente un héritage ancestral, un mécanisme qui leur a permis, depuis des générations, de se prémunir contre l'afflux d'étrangers et les influences qu'ils apportent avec eux venus du sous-continent et d'ailleurs.
Vous êtes parmi ceux qui accusent le plus le Sénégal, alors que vous vivez à l’intérieur de notre pays. Comment peut-on bénéficier de l’hospitalité d’un pays et, en même temps, mépriser ce pays et ses citoyens ?
Si des fraudes ont été commises, la vérité doit éclater et les responsables doivent répondre de leurs actes. Le Sénégal appartient à ses citoyens et ses lois doivent être respectées par tous.
Nous n’accepterons ni la fraude ni le mépris de notre pays. Le respect du Sénégal n’est pas négociable.
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