[Billet] Quand le gazon devient savane, les Lions retournent au bercail !
Nous avons tous encore en travers de la gorge cette élimination du Sénégal par la Belgique au dernier Mondial. On rêvait d’aller plus loin, de titiller l’Espagne, de chatouiller la France, bref, de jouer dans la cour des grands. Mais voilà : chez les grands, il n’y a pas que les crampons qui sont affûtés. Il y a aussi la gestion.
Chez nous, on peut construire un stade flambant neuf, l’inaugurer en grande pompe, chanter les louanges de sa pelouse « aux standards européens »… puis regarder le gazon se transformer tranquillement en savane.
Le stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, antre verdoyant des Lions il y a encore quelques mois, a perdu de sa superbe. Lors du tournoi Ufoa, la pelouse semblait avoir déclaré forfait avant même le coup d’envoi : sèche, fatiguée, décolorée. Bref, une vraie savane.
Et nos Lions, eux, très professionnels, seront bientôt obligés de jouer dans la savane. Car on apprend dans la presse que l’équipe de Patrick Vieira va retrouver le mythique stade Léopold Sédar Senghor. Très bien. Mais là aussi, la pelouse n’est pas franchement fameuse.
Voilà donc nos Lions condamnés à choisir entre deux jungles : Diamniadio, version savane, ou Senghor, version pelouse en convalescence.
On voulait rivaliser avec les grandes nations du football. Il faudra peut-être commencer par rivaliser avec elles sur un autre terrain : celui de l’entretien.
Car construire un stade, l’inaugurer et couper le ruban, nous savons faire. Le maintenir en bon état plusieurs années après, c’est apparemment une autre discipline olympique.
Et à quelques semaines des JOJ, le véritable défi est là : livrer les infrastructures, certes, mais surtout savoir les préserver après les Jeux.
Le grand chantier ne sera donc pas seulement de construire pour les JOJ. Ce sera de ne pas transformer nos infrastructures en ruines dès que les projecteurs s’éteindront.
Commentaires (16)
Avec, chez Pastef, une specialite maison : populisme a haute dose (chez les leaders), complotisme, indiscipline, arrogance notoire et esprit moutonniers chez les militants. Ils se targuent d'avoir 4 000 cadres formes dans les meilleures ecoles et universites du monde, mais quand il s'agit de passer des beaux discours a l'action, on decouvre surtout une formidable concentration d'amateurs, de jouisseurs, de cancres et d'incompetents. Des diplomes, peut-etre et de toutes facons de pietres universites. Des resultats, beaucoup moins.
La honte, ce n'est ni ce match, ni ce tournoi UFOA-A organisé dans des conditions catastrophiques, ni meme la menace de disqualification qui pese sur nos clubs engages en coupes d'Afrique, lesquels, a moins d'une semaine de leur match retour a Dakar, n'ont toujours pas de terrain disponible.
La vraie honte, ce seront les JOJ.
Quand je pense qu'a Paris, des mai 2024, soitt 3 mois avant l'ouverture des JO, des arteres majeures comme le pont Alexandre-III, l'avenue Gallieni ou la place de la Concorde etaient deja fermees a la circulation, mais qu'au Senegal, on a attendu le week-end dernier pour faire du Set-Setal avec Diomaye et l'une de ses dames et du reboisement autour du stade Leopold-Sedar-Senghor alors que tous les sites de competitions devaient deja etre verts...
Aujourd'hui, pas une seule route a Dakar n'est prete : aucune sans sa plaque d'evacuation volee en plein milieu de la chaussee, aucune sans ses glissieres de securite ou barrieres de villes decoupees et revendues aux ferrailleurs au vu et au su de tous. La question des embouteillages non plus n'est pas reglee.
Je me demande comment nous avons pu oser demander a organiser ces Jeux
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