Keur Moussa : Un litige foncier de 22,5 hectares oppose des propriétaires terriens à un promoteur
Un conflit foncier autour d'un terrain de 22,5 hectares oppose, depuis plusieurs années, le promoteur privé Ndiogou Ly aux propriétaires terriens de quatre villages de la commune de Keur Moussa : Landou, Soune Sérère, Kessoukhatt et Touly.
Lors d'une conférence de presse tenue ce dimanche 20 septembre 2026, le Collectif pour la Défense des Intérêts de la Commune de Keur Moussa a dénoncé ce qu'il considère comme des irrégularités dans la chaîne administrative ayant conduit à la revendication de cette assiette.
Selon Aliou Diouf, secrétaire général du Collectif, les populations concernées disposaient déjà d'actes administratifs délivrés dans le cadre de l'alignement des villages, sur la base d'une délibération de 2007 approuvée en 2008. Pourtant, soutient-il, plusieurs nouvelles délibérations ont été établies en 2013 au profit de Ndiogou Ly, portant notamment sur des superficies de 7 hectares, 20 hectares et 22,5 hectares.
Le Collectif affirme également que ces délibérations n'ont pas été soumises au Conseil municipal dans les conditions requises. Il demande ainsi une vérification de leur régularité et de leur chaîne d'approbation.
Autre point au cœur de la contestation : l'autorisation de lotir n°003673, délivrée le 22 février 2019, portant sur les 22,5 hectares et prévoyant 481 parcelles.
Le Collectif conteste les conditions dans lesquelles cette autorisation a été obtenue, estimant qu'elle porte sur une assiette qui faisait déjà l'objet d'actes administratifs au profit de propriétaires terriens.
Il affirme par ailleurs qu'une commission d'attribution réunie le 2 mai 2019 a attribué les parcelles au promoteur alors que le lotissement n'était pas encore matérialisé physiquement sur le terrain.
Les propriétaires terriens affirment, pour leur part, n'avoir ni vendu ni cédé volontairement leurs champs à Ndiogou Ly sur cette superficie.
Le Collectif évoque également les opérations d'expropriation liées notamment à l'autoroute à péage et au projet KMS3. Selon lui, les propriétaires terriens avaient été recensés et indemnisés par l'État, tandis que Ndiogou Ly n'a pas été considéré comme propriétaire dans ces opérations.
Le conflit s'est également traduit par des tensions sur le terrain. Le Collectif dénonce des travaux de terrassement qui ont entraîné la destruction de bornes, clôtures et murettes. Un constat a été dressé par un huissier le 1er août 2025.
Après l'opposition des populations, Aliou Diouf souligne que le promoteur aurait saisi le procureur de la République. Plusieurs propriétaires terriens ainsi que des responsables du Collectif ont ensuite été convoqués à la brigade de gendarmerie de Mbour.
Face à cette situation, le Collectif réclame une clarification complète du statut juridique des 22,5 hectares, l'arrêt de tout nouveau travail sur le site et la vérification de l'ensemble des procédures administratives ayant conduit à l'autorisation de lotir et à l'attribution des 481 parcelles.
Le Collectif appelle ainsi les autorités compétentes à faire toute la lumière sur ce dossier foncier et à préserver les droits des différentes parties en attendant une décision définitive.
Commentaires (6)
Il doit investir et développer le Fouta que de venir s'emparer des terres de la famille Ciss
Nous souhaitons donc savoir où se trouvent actuellement les dossiers, quelles démarches ont été effectuées depuis leur dépôt, s’il existe des pièces ou formalités encore nécessaires et, surtout, pour quelle raison ces dossiers n’ont toujours pas abouti.
Sans préjuger d'une quelconque irrégularité, cette situation peut légitimement susciter des interrogations sur le fonctionnement du traitement administratif de ces dossiers à la mairie de Keur Moussé.
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