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Mamadou Manizor Thiam sur la hausse du prix du carburant : « La vérité nous rattrape »

Auteur: Léna THIOUNE

Mamadou Manizor Thiam sur la hausse du prix du carburant : « La vérité nous rattrape »

Mamadou Manizor Thiam sur la hausse du prix du carburant : « La vérité nous rattrape »

Invité de l’émission "Seneweb Eco" ce dimanche 30 août, Mamadou Manizor Thiam est revenu sur la hausse des prix du carburant entrée en vigueur le 15 août dernier. Pour lui, cette décision répond à une contrainte budgétaire devenue difficilement soutenable pour l’État. « La vérité nous rattrape », a-t-il déclaré, estimant que la hausse était « techniquement envisageable ». 

Selon le financier, la véritable interrogation n’était pas tant de savoir s’il fallait augmenter les prix que de déterminer si le maintien des anciens tarifs pouvait être durablement supporté par l’État. « La question qu’on doit se poser, c’est : est-ce que la baisse était soutenable ? », a-t-il lancé.

Monsieur Thiam rappelle que les prévisions retenues lors de l’élaboration de la loi de finances initiale reposaient sur un baril autour de 65 à 68 dollars. Or, explique-t-il, le cours s’est établi autour de 85 dollars, avec des perspectives pouvant atteindre 100, voire 110 dollars. Une évolution qui exerce une pression supplémentaire sur les finances publiques.

Par ailleurs, il est aussi question du coût des subventions sur les produits pétroliers. Selon Mamadou Manizor Thiam, l’État avait prévu une enveloppe d’environ 250 milliards F CFA. Mais avec la hausse des cours internationaux, la facture pourrait atteindre 774 milliards F CFA, soit un écart de plus de 500 milliards par rapport aux prévisions. « Nous montons à 774 milliards de subventions. Donc nous avons un gap de plus de 500 milliards de subventions qui n’ont pas forcément été budgétisées et qui rattrapent l’État du Sénégal, qui rattrapent le gouvernement », a-t-il expliqué. 

Ainsi, l’État devait, selon lui, arbitrer entre la préservation du pouvoir d’achat des ménages et la nécessité de contenir la dégradation des finances publiques. 

Cependant, le financier insiste sur le fait que l’augmentation du 15 août 2026 ne constitue pas une application intégrale de la « vérité des prix ». « L’État a quand même fait des efforts de ne pas aller sur la vérité des prix, mais de revenir à la situation initiale et de continuer à accompagner le peuple sénégalais », a-t-il expliqué.

Un signal pour les marchés et les agences de notation

Au-delà de l’impact immédiat sur les ménages, Mamadou Manizor Thiam considère que l’ajustement des prix peut être interprété positivement par les marchés financiers internationaux. « À leur niveau, c’est un bon signal. Là où ce n’est pas un bon signal, c’est peut-être au niveau des populations », a-t-il analysé.

Selon lui, l’enjeu pour le Sénégal est désormais de parvenir à concilier la restauration de ses équilibres budgétaires avec la protection du pouvoir d’achat. La hausse des carburants constitue ainsi l’un des éléments susceptibles d’améliorer la perception du pays par les agences de notation. 

« Il y a cette hausse qui peut avoir un impact, il y a également la reprise des relations avec les institutions, il y a aussi cette confiance des bailleurs historiques », a-t-il souligné.

Il estime que la conjugaison de ces différents facteurs pourrait favoriser une amélioration de la notation du Sénégal. « Je pense que lorsqu’on conjugue l’ensemble de ces faits majeurs que nous avons vécus durant ces trois à quatre derniers mois, ça concourt quand même à une notation favorable », a-t-il déclaré. 

Pour le financier, une amélioration de la notation permettrait au Sénégal de retrouver plus de marges de manœuvre sur les marchés internationaux, notamment pour accéder à nouveau aux émissions obligataires internationales.

Sauf que le vendredi 28 août 2026, l’agence de notation Moody’s a une nouvelle fois abaissé la notation du Sénégal de CAA1 à CAA2, tout en maintenant une perspective négative. Justifiant cette dégradation à CAA2, l’agence estime que le risque de voir le Sénégal éprouver des difficultés à rembourser ou à refinancer sa dette s’est accru.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Mamadou Manizor Thiam justifie la hausse des prix du carburant du 15 août par une contrainte budgétaire insoutenable, le cours du pétrole ayant atteint 85 dollars au lieu des 65-68 dollars prévus dans la loi de finances initiale. - Le coût des subventions sur les produits pétroliers devrait atteindre 774 milliards F CFA au lieu des 250 milliards prévus, créant un écart de plus de 500 milliards que l'État n'avait pas budgétisés. - L'augmentation du 15 août ne constitue pas l'application intégrale de la "vérité des prix" et pourrait être interprétée positivement par les marchés financiers et agences de notation, bien que Moody's ait abaissé la notation du Sénégal de CAA1 à CAA2 le 28 août.
Auteur: Léna THIOUNE
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Commentaires (2)

📈 En hausse : Mbaye SENE (1 👍)
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  • avatar
    Lt il y a 2 mois
    Le complot Sonko Diomaye, est qu’ils se sont rendus compte de leur incompetence et veulent jouer la politique pour duper les Senegalais en creant une forme de discorde entre eux. Ils sont tous comptables de cette catastrophe sonko en premier.

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