Marché de l'oignon : Entre craintes des producteurs et défense des consommateurs, la polémique s'installe
La polémique autour de l'approvisionnement en oignon à l'approche du Grand Magal de Touba enfle. Quelques jours après la tournée du directeur général de l'Agence de régulation des marchés (ARM) dans la zone des Niayes, des producteurs de Ngomène ont dénoncé l'autorisation accordée à la commercialisation de l'oignon indien, estimant que cette décision menace l'écoulement de leurs stocks.
Lors de cette visite, le directeur général de l'ARM s'était pourtant montré rassurant. Il avait annoncé la disponibilité de près de 60 000 t d'oignons stockées dans les zones de production de Ngomène, de Gandiol et dans les chambres froides, assurant que ces quantités étaient suffisantes pour couvrir les besoins du Grand Magal de Touba, voire ceux du Gamou, tout en écartant tout risque de rupture.
Selon les producteurs de Ngomène, l'autorisation de mise sur le marché de l'oignon indien risque de freiner la vente de leurs productions et d'entraîner d'importantes pertes si leurs stocks venaient à pourrir.
En réaction à cette contestation, le président de l'Interprofession oignon, Aly Ndiaye, est monté au créneau. Il rappelle qu'il avait déjà alerté, la semaine dernière, sur un risque de tension sur le marché, évoquant des incertitudes sur la disponibilité de l'oignon à l'approche du Magal ainsi qu'une hausse précoce des prix. Des déclarations que l'ARM avait alors démenties dans un communiqué, assurant que les stocks disponibles suffisaient jusqu'au Gamou.
Pour Aly Ndiaye, la décision d'autoriser la commercialisation de l'oignon indien confirme que ses inquiétudes étaient fondées. Il affirme qu'à Ngomène, le sac d'oignons se négocie entre 9 000 F CFA et 10 000 F CFA, une évolution des prix qu'il juge préoccupante.
S'il soutient l'ouverture du marché à l'oignon indien afin de stabiliser les prix, Aly Ndiaye insiste toutefois sur la nécessité d'un encadrement rigoureux de cette mesure. Selon lui, un suivi va permettre de préserver les intérêts des producteurs tout en garantissant aux consommateurs des prix raisonnables.
« Les producteurs de Ngomène ne doivent pas occuper seuls le marché pour dicter leur loi. Le consommateur a le droit de choisir ses achats », affirme-t-il.
Le président de l'Interprofession oignon soutient également avoir constaté des ruptures d'approvisionnement dans plusieurs localités du pays, estimant que la seule production de Ngomène ne peut répondre à la demande nationale.
Il appelle ainsi les producteurs à proposer des prix plus accessibles, estimant qu'il n'est pas acceptable d'imposer des hausses successives à une période de forte consommation comme celle du Grand Magal de Touba.
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