[Reportage] L'emprise grandissante des campements de mendiants étrangers dans la capitale
À la Zone de Captage, à Liberté 6, Colobane, aux Mamelles, à Ouest Foire, à Keur Massar et dans plusieurs autres quartiers de la capitale, des familles vivent sous des bâches en plastique, des cartons et quelques morceaux de bois. Leur quotidien est rythmé par la précarité et la quête d'un repas.
À l'aube, les femmes quittent les campements avec leurs enfants. Certaines portent un nourrisson dans le dos, d'autres tiennent plusieurs petits par la main. Après une toilette sommaire, elles prennent la direction des marchés, des feux tricolores et des grands axes de Dakar.
Chaque journée commence avec le même objectif : solliciter l'aumône. Pour beaucoup de Dakarois, ces scènes sont devenues banales. Mais derrière cette présence de plus en plus visible se cachent des réalités complexes, où se mêlent pauvreté, migration, exil et survie.
Les riverains, eux, décrivent une cohabitation difficile. Ils évoquent l'insalubrité, l'occupation de certains espaces publics et, pour certains, un sentiment d'insécurité. À Colobane, des commerçants affirment retrouver leurs cantines et devantures transformées en lieux de couchage à la tombée de la nuit. D'autres appellent toutefois à regarder au-delà des apparences.
Aux Mamelles, un mécanicien qui côtoie ces familles depuis plusieurs années raconte avoir entendu des récits de guerre, de persécutions et de violences extrêmes. Selon lui, plusieurs de ces personnes affirment avoir fui leur pays pour sauver leur vie. Des témoignages bouleversants qui n'ont toutefois pas pu être vérifiés de manière indépendante, mais qui rappellent que derrière chaque main tendue peut se cacher une histoire de déracinement.
« Les Sénégalais donnent de l'argent. Ils sont gentils », confie simplement une femme rencontrée par notre équipe. Une phrase qui résume la dépendance de nombreuses familles à la solidarité des passants.
Ces dernières années, les forces de sécurité ont procédé à plusieurs démantèlements de campements à Dakar. Mais quelques jours ou quelques semaines plus tard, de nouvelles installations réapparaissent souvent aux mêmes endroits.
Qui sont réellement ces familles ? Combien vivent aujourd'hui dans ces campements ? Sont-elles toutes en situation régulière ? Existe-t-il des réseaux de mendicité ou s'agit-il essentiellement de personnes fuyant la misère et les conflits ? Autant de questions qui restent largement sans réponse.
Le Sénégal est membre de la CEDEAO, organisation qui garantit la libre circulation des personnes entre les États membres. Toutefois, cette liberté de circulation s’accompagne de règles nationales relatives au séjour, à l’installation et au respect de l’ordre public.
Sous ces bâches, il y a des femmes, des hommes et des enfants. Derrière chaque visage se cache une histoire que nous ne connaissons pas toujours. Mais une question demeure : comment un phénomène d'une telle ampleur a-t-il pu s'installer durablement au cœur de Dakar ? Entre impératifs de sécurité, protection des plus vulnérables et gestion des flux migratoires, les réponses des autorités sont désormais attendues.
Notre équipe est allée à la rencontre de ces familles, mais aussi des habitants qui vivent quotidiennement à leurs côtés.
Un reportage exclusif au cœur d'une réalité qui interpelle, divise et pose une question essentielle : comment concilier humanité, ordre public et dignité face à un phénomène qui prend de l'ampleur dans la capitale sénégalaise ?
Commentaires (56)
Alors ne vous plaignez pas
Wa Salam
Moi je pense que le problème c'est quand tu fais des enfants et tu sais très bien que t'as pas les moyens de t'occuper de ces enfants. C'est extrêmement irresponsable. Le truc des talibes ne choque personne au Sénégal
Tout est dénaturé
La politique du matin au soir
Astahfirula!! le senegalais est con oui .... motakhit.. ils vont nous envahir comme des mouches zse zse.
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