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Ziguinchor : Niaguis sonne l’union sacrée de l’agroécologie africaine

Auteur: Max Euclide KANFANY

Ziguinchor : Niaguis sonne l’union sacrée de l’agroécologie africaine

Ziguinchor : Niaguis sonne l’union sacrée de l’agroécologie africaine

Pendant cinq jours, la commune de Niaguis a accueilli une rencontre internationale inédite consacrée à l’agroécologie. Organisée par le mouvement panafricain « Nous Sommes la Solution » (NSS) avec l’appui de Thousand Currents, la conférence a réuni des acteurs venus d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe autour d’un objectif commun : bâtir un espace continental de dialogue, d’apprentissage et d’action pour accélérer la transition agroécologique en Afrique.

Niaguis vient d’inscrire son nom dans l’histoire du mouvement agroécologique africain. Durant cinq jours de travaux, de réflexions et de partage d’expériences, des représentants de réseaux paysans, d’organisations de la société civile, d’instituts de recherche et de mouvements citoyens ont échangé sur les défis et les perspectives de l’agroécologie en Afrique.

À l’heure où le continent est confronté aux effets du changement climatique, à la dégradation des sols, à la dépendance aux intrants chimiques et aux défis de la souveraineté alimentaire, les participants ont lancé un appel fort en faveur d’une coopération renforcée entre les différentes régions africaines engagées dans la transition agroécologique.

Pour Mamadou Goïta, Directeur exécutif de l’Institut de Recherche et de Promotion des Alternatives en Développement (IRPAD) du Mali, cette rencontre avait avant tout pour ambition de réunir les principaux acteurs de l’agroécologie des différentes régions du continent afin de favoriser les échanges d’expériences et de créer des dynamiques de convergence.

Selon lui, la première étape a consisté à permettre à chaque réseau de présenter ses actions, ses réussites, mais aussi les difficultés auxquelles il est confronté. Cet exercice a révélé une réalité frappante : malgré la diversité des contextes géographiques et socio-économiques, les préoccupations demeurent largement partagées.

Parmi les principaux défis identifiés figurent les difficultés d’accès aux financements, la disponibilité des intrants organiques, la valorisation des savoirs locaux et traditionnels ainsi que leur intégration dans les dispositifs de formation destinés aux producteurs.

« Nous avons constaté qu’il existe de nombreuses convergences entre les régions africaines. Les enjeux sont souvent les mêmes et les réponses développées ici ou là peuvent être utiles à d’autres territoires », a-t-il expliqué.

Les travaux ont ensuite permis d’approfondir les réflexions sur les formes de collaboration possibles entre les différents réseaux. Les participants ont analysé les politiques publiques existantes, les instruments institutionnels disponibles ainsi que les acteurs impliqués dans les processus de transition agroécologique.

Les échanges ont notamment mis en lumière les avancées enregistrées en Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays se sont engagés dans l’élaboration de stratégies nationales de transition agroécologique. Une expérience qui pourrait inspirer d’autres régions du continent.

Pour Mamadou Goïta, l’un des résultats majeurs de cette rencontre est l’émergence d’une volonté commune de créer un cadre permanent de concertation entre les acteurs africains de l’agroécologie. Toutefois, il ne s’agit pas de mettre sur pied une nouvelle organisation continentale.

« Nous ne voulons pas créer un nouveau réseau. Ce que nous souhaitons construire, c’est un espace dynamique de dialogue, de collaboration et d’apprentissage collectif où chacun pourra partager ses expériences et tirer profit des réussites des autres », a-t-il précisé.

Cet espace devrait permettre aux organisations d’harmoniser leurs interventions, de renforcer leurs capacités d’influence sur les politiques publiques et d’accroître leur plaidoyer auprès des institutions africaines et des États.

Le responsable malien a également rappelé que l’agroécologie repose sur trois piliers indissociables : la science, les pratiques et le mouvement social.

« La production de connaissances à travers la recherche est essentielle. Le partage des pratiques agricoles innovantes est tout aussi important. Enfin, l’agroécologie est un mouvement qui doit créer des espaces de solidarité et d’action collective », a-t-il soutenu.

Même si aucune déclaration finale n’a été adoptée à l’issue de la rencontre, les organisateurs estiment que le processus engagé nécessite encore du temps pour construire des consensus solides entre les différentes régions. Une nouvelle rencontre interrégionale est d’ores et déjà envisagée afin d’approfondir les discussions et de définir une vision commune à l’échelle du continent.

Du côté du mouvement panafricain « Nous Sommes la Solution », le bilan est largement positif.

Son coordonnateur au Sénégal, Mamadou Danfakha, considère que cette rencontre marque une étape importante vers une meilleure coordination des initiatives agroécologiques africaines.

« Nous travaillons tous pour promouvoir l’agroécologie, mais souvent chacun dans son espace. Aujourd’hui, nous avons pu réfléchir ensemble à des mécanismes de collaboration qui permettront de renforcer notre impact collectif », a-t-il déclaré.

Parmi les perspectives dégagées figure l’organisation prochaine d’une foire africaine de l’agroécologie. Cette initiative, saluée par de nombreux participants, devrait offrir une vitrine continentale aux innovations paysannes, aux produits agroécologiques et aux savoir-faire développés dans les différentes régions africaines.

Pour Mamadou Danfakha, une telle manifestation constituerait un puissant outil de sensibilisation et de plaidoyer auprès des décideurs publics.

« La foire permettra de démontrer que l’agroécologie est une réponse crédible à la souveraineté alimentaire et qu’elle peut offrir une alternative durable à l’agriculture fortement dépendante des produits chimiques de synthèse », a-t-il affirmé.

Les échanges ont également mis en avant l’importance des fermes agroécologiques paysannes, considérées comme de véritables laboratoires d’apprentissage et de démonstration. Les participants souhaitent multiplier ces espaces afin de favoriser la formation des producteurs et la diffusion des bonnes pratiques à travers le continent.

Au terme de ces cinq jours de concertation, un constat s’impose : l’agroécologie africaine entre dans une nouvelle phase de son développement. À Niaguis, les acteurs du secteur ont choisi de dépasser les frontières régionales pour construire une vision commune fondée sur le partage des connaissances, la solidarité et l’action collective.

Une ambition qui pourrait, à terme, faire de l’agroécologie l’un des principaux leviers de transformation des systèmes alimentaires africains et de conquête de la souveraineté alimentaire du continent.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- La commune de Niaguis a accueilli pendant cinq jours une rencontre internationale sur l'agroécologie organisée par le mouvement panafricain « Nous Sommes la Solution » avec l'appui de Thousand Currents. - Les participants ont identifié des défis communs comme l'accès aux financements, la disponibilité des intrants organiques et la valorisation des savoirs locaux. - Une foire africaine de l'agroécologie est envisagée parmi les perspectives dégagées.
Auteur: Max Euclide KANFANY
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