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Infanticides, avortements... : Quand la loi condamne la femme et absout l'homme (par Awa Faye)

Auteur: Awa FAYE

Infanticides, avortements... : Quand la loi condamne la femme et absout l'homme (par Awa Faye)

Infanticides, avortements... : Quand la loi condamne la femme et absout l'homme (par Awa Faye)

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Au Sénégal, comme ailleurs, les droits des femmes sont consacrés par des textes internationaux et constitutionnels d’une portée considérable. L’État du Sénégal a ratifié, sans réserve, des instruments majeurs tels que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) dès 1985, ou encore la Déclaration solennelle de l’Union africaine sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Notre Constitution, dans son Préambule, intègre ces traités et leur confère, via l’article 98, une autorité supérieure à celle des lois. En droit, ces engagements solennels devraient garantir à chaque femme la protection contre toute discrimination, y compris législative, et assurer sa dignité et son intégrité physique et morale.

Pourtant, dans les faits, la loi sénégalaise en matière de santé reproductive reste discriminatoire. Elle impose à une femme ou à une fille, victime de viol ou d’inceste, de poursuivre une grossesse non désirée, alors qu’aucune disposition comparable n’oblige l’homme à assumer juridiquement sa paternité. Cette asymétrie est une violence juridique supplémentaire infligée à des victimes déjà fragilisées. Comme le rappelle la juriste Ndèye Madjiguéne Sarr, membre de la Task Force, comité de plaidoyer pour l’avortement médicalisé, cette situation engendre des drames humains à savoir décès maternels, avortements clandestins à risque, infanticides, et emprisonnements massifs de femmes. Les chiffres officiels font froid dans le dos : 34 079 avortements recensés en 2020. Et ce n’est là, fait-elle savoir, que la « partie visible de l’iceberg ».

Mais alors, où est l’homme dans tout cela ? Où est le partenaire, complice de fait, qui, après avoir contribué à la grossesse, disparaît, refuse toute reconnaissance, et laisse la femme seule face à la justice et à la réprobation sociale ? Dans l’immense majorité des cas, il ne risque rien. Aucune poursuite pour non-assistance à personne en danger, aucune complicité d’infanticide, aucune obligation de subvenir aux besoins de l’enfant à naître. Un vide juridique ?

Irresponsables, ingrats, hypocrites, les qualificatifs ne manquent pas pour désigner ces hommes qui, pour assouvir leur libido, entretiennent des relations coupables, puis refusent d’en assumer les conséquences. Pourtant, des voix religieuses autorisées nous enseignent que l’Islam comme le christianisme tiennent le complice pour aussi coupable que l’auteur principal. Alors pourquoi la justice n’en ferait-elle pas autant ?

Il est temps que la législation évolue pour étendre les sanctions à l’homme qui, par son refus de reconnaître sa paternité, participe de manière active à l’isolement et à la détresse de la femme. Le recours au test ADN pourrait, sans difficulté, établir la vérité biologique et permettre une responsabilisation effective. Un plaidoyer vigoureux des organisations de droits humains, et particulièrement de celles qui défendent les droits des femmes, est plus que jamais nécessaire. Car il ne s’agit pas ici de faire des femmes des éternelles victimes, mais de faire respecter l’égalité devant la loi, conformément aux engagements internationaux du Sénégal.

Le temps n’est plus à la complaisance. La société et la justice doivent cesser de jeter l’opprobre sur la seule femme et d’épargner systématiquement le véritable auteur, son partenaire. La complicité d’infanticide, la non-assistance à personne en danger, le refus de paternité sont autant de faits qui doivent être reconnus et sanctionnés. Car, en définitive, la loi ne peut pas continuer à protéger l’intouchable partenaire. Haro sur lui, et place à une justice enfin équitable et conforme à nos engagements constitutionnels et internationaux.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- La loi sénégalaise en matière de santé reproductive est jugée discriminatoire, imposant aux femmes victimes de viol ou d'inceste de poursuivre une grossesse non désirée sans obligation comparable pour l'homme. - En 2020, 34 079 avortements ont été recensés au Sénégal, un chiffre qualifié de "partie visible de l'iceberg" par la juriste Ndèye Madjiguéne Sarr, entraînant décès maternels, avortements clandestins et emprisonnements de femmes. - L'article plaide pour une évolution législative afin de sanctionner les hommes refusant de reconnaître leur paternité, notamment via des tests ADN, et pour une justice équitable conforme aux engagements internationaux du Sénégal.
Auteur: Awa FAYE
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Commentaires (8)

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    anonyme il y a 2 mois
    vous avez parfaitement raison . a la barre des femmes jugées pour infanticide doivent comparaitre en même temps l 'homme ayant refusé la paternité. si preuve est faite il doit etre sanctionné. Mais ce sera une oeuvre de très , très, très longue haleine pour faire établir une législation à cet effet. Bon courage à ceux et celles qui vont engager ce combat .
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    Freestyle il y a 2 mois
    et si elles ne retrouvent plus l'homme nak? qu'en est il des grossesses issues d'un viol ou l'homme disparait après avoir commis son forfait?
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    Loron il y a 2 mois
    Ces feminists,Ces menopausés hysteriques en mal d'afection ,ces complexes chargés de la propagande satanique d'un occident decadant qui veut déconstruire nos societes notre culture et nos religions
    Boys perdez votre temps vous et nos soutients
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    Ousmane111 il y a 2 mois
    "Le recours au test ADN pourrait, sans difficulté, établir la vérité biologique et permettre une responsabilisation effective": si vous réfléchissiez, vous vous seriez posé la question de savoir s'il est possible de contraindre une personne à effectuer un test ADN contre son gré. Depuis quand engrosser une femme majeure, vaccinée et consentante à l'acte sexuel est devenu un crime ou un délit dans ce pays? C'est à croire que le féminisme ou négation de la masculinité ou encore misandrie rend folle.
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    Vccc il y a 2 mois
    L’homme n’a tué personne. L’homme était dans une relation consentante. C’est la femme qui a tué . Donc sur quelle base condamnée l’homme ? Il faut nous expliquer !
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    Ccc il y a 2 mois
    Un refus de paternité ne justifie pas le meurtre d’un enfant innocent . Le problème c’est le meurtre . C’est ça que la justice sanctionne . Pour le refus de paternité , la loi prévoit des actions en justice pour établir la filiation paternelle .
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    PHS il y a 2 mois
    il y a la contraception, vous l'avez oublie ? . En ce 21 eme , il existe bel et bien de medicaments prescripts apres viol ou agressession justement contre les grossesses non desirees et les infections sexuellements transmissibles.

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