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Dakar 2026 : la jeunesse doit être plus qu’un public, elle doit être le visage des Jeux (Par Alassane Mbaye)

Auteur: Alassane Mbaye

Dakar 2026 : la jeunesse doit être plus qu’un public, elle doit être le visage des Jeux (Par Alassane Mbaye)

Dakar 2026 : la jeunesse doit être plus qu’un public, elle doit être le visage des Jeux (Par Alassane Mbaye)

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À quelques semaines des premiers Jeux Olympiques organisés sur le continent africain, Dakar 2026 représente une occasion historique pour le Sénégal. Mais les premières séquences publiques autour des Jeux posent déjà une question essentielle : accordons-nous à notre jeunesse une place à la hauteur de l’événement qui porte son nom ?

Dans quelques semaines, le Sénégal accueillera un événement historique : les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, premiers Jeux Olympiques organisés sur le continent africain. Au-delà de leur dimension sportive, ces Jeux constituent une occasion exceptionnelle de faire connaître davantage notre pays, de valoriser ses talents, de stimuler son économie et de renforcer son attractivité internationale.

Un événement de cette dimension ne peut être considéré comme une simple compétition sportive ou comme un rendez-vous de quelques semaines. Il doit être pensé comme un projet national de rayonnement, de création d’opportunités et de transmission. La vraie question n’est donc pas seulement de savoir si le Sénégal réussira à organiser les JOJ. Elle est de savoir ce que notre pays saura en tirer et ce qu’il en restera après 2026.

Les premières cérémonies posent déjà une question

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les premières séquences publiques autour de Dakar 2026, notamment l’accueil de la Flamme à Dakar, l’hymne officiel et les grands rendez-vous de communication qui commencent à installer l’événement dans l’espace public. Ces moments sont importants : ils donnent le ton, construisent l’imaginaire des Jeux et projettent une certaine image du Sénégal.

Ils m’ont cependant laissé une interrogation. La jeunesse sénégalaise est-elle suffisamment représentée au premier plan de ce récit ? À mes yeux, pas encore. Cela n’enlève rien au travail accompli, ni à la nécessité de célébrer notre patrimoine, nos références culturelles et les figures qui ont contribué à les faire rayonner. Mais pour un événement qui porte la jeunesse dans son nom et dans sa raison d’être, nous devons aller beaucoup plus loin dans la place que nous lui accordons.

Être présent dans le public, parmi les volontaires ou dans les dispositifs d’accompagnement ne suffit pas. Nos jeunes doivent aussi être visibles sur la scène, dans la création, dans la production, dans les choix artistiques, dans les contenus, dans l’innovation et dans l’image du Sénégal que nous allons montrer au monde.

« La jeunesse ne doit pas uniquement être le public de Dakar 2026. Elle doit en être le visage. »

Cette exigence n’est pas symbolique. Elle touche au sens même de ces Jeux. Pendant plusieurs semaines, des milliers de jeunes athlètes, de délégations, de journalistes et de visiteurs vont découvrir notre pays. Ils doivent rencontrer un Sénégal fier de son histoire, mais aussi un Sénégal jeune, créatif, audacieux, entreprenant et résolument tourné vers l’avenir.

Faire des JOJ une vitrine de la jeunesse sénégalaise

Notre pays dispose d’une jeunesse extrêmement créative, entreprenante et connectée. Dakar 2026 peut lui offrir une plateforme rare d’expression, d’apprentissage, de visibilité et d’insertion. Il faut donc faire une place beaucoup plus visible aux jeunes entrepreneurs, étudiants, créateurs, développeurs, communicants, photographes, vidéastes, designers, musiciens, danseurs, sportifs, artistes et porteurs de projets.

Ils peuvent intervenir dans l’organisation, la communication, l’innovation, le tourisme, la culture, l’événementiel et les services. Ils peuvent produire des contenus, imaginer des expériences, concevoir des solutions numériques, raconter les Jeux autrement et créer de la valeur autour de l’événement.

L’enjeu est de passer d’une logique où les jeunes sont surtout spectateurs ou bénéficiaires à une logique où ils deviennent pleinement acteurs et producteurs de valeur. Dakar 2026 doit pouvoir révéler des talents, créer des réseaux, développer des compétences et offrir à certains jeunes une première expérience professionnelle ou entrepreneuriale capable de produire des effets durables.

Transformer la visibilité en opportunités économiques

Le Sénégal sera observé bien au-delà des enceintes sportives. Dakar deviendra, pendant les Jeux, une vitrine du pays et, plus largement, une porte d’entrée vers l’Afrique. Cette exposition peut renforcer notre attractivité touristique, promouvoir nos destinations, notre hospitalité et notre savoir-faire, mais aussi susciter l’intérêt d’investisseurs et de partenaires internationaux.

Les retombées économiques ne doivent donc pas être pensées uniquement à travers les dépenses directement liées à l’organisation. Hôtellerie, restauration, transport, commerce, tourisme, artisanat, événementiel, audiovisuel, communication, sécurité et services numériques peuvent bénéficier de l’affluence et de la visibilité générées par les Jeux.

Le secteur privé sénégalais doit être pleinement associé à cette dynamique. Nos PME, startups, entrepreneurs, artisans et prestataires doivent pouvoir accéder aux opportunités offertes par l’événement. Les JOJ peuvent devenir une plateforme permettant à certaines entreprises de gagner en visibilité, de nouer des partenariats et, parfois, de conquérir de nouveaux marchés.

C’est aussi une occasion de mieux promouvoir le « Made in Senegal ». Les visiteurs ne devraient pas seulement repartir avec le souvenir des compétitions, mais aussi avec la découverte de produits, de créations et de services conçus au Sénégal. L’objectif doit être clair : faire circuler davantage la valeur créée par les JOJ dans l’économie nationale.

Notre culture doit transmettre, mais aussi révéler

Le sport ne sera pas le seul langage de Dakar 2026. La culture occupera nécessairement une place centrale. Le Sénégal dispose d’un patrimoine artistique considérable : musique, danse, cinéma, mode, littérature, artisanat, gastronomie, arts visuels et industries créatives. Cette richesse doit être montrée au monde.

Mais il ne s’agit pas d’opposer les générations, ni de choisir entre patrimoine et modernité. L’enjeu est précisément de les faire dialoguer. Notre culture est d’autant plus forte qu’elle est transmise, réinterprétée et portée par celles et ceux qui inventent aujourd’hui de nouvelles manières de raconter le Sénégal.

Les cérémonies, les fan-zones, les animations et les grands rendez-vous de Dakar 2026 devraient ainsi devenir à la fois des scènes de transmission et de révélation : des espaces capables d’honorer des figures reconnues tout en faisant émerger de nouveaux visages, de nouvelles voix et de nouvelles esthétiques sénégalaises.

C’est également un enjeu économique. Les industries culturelles et créatives créent de l’emploi, des revenus et de l’influence. Les JOJ peuvent contribuer à donner davantage de visibilité à cette nouvelle génération et à lui ouvrir des perspectives au-delà de nos frontières.

Le véritable enjeu : ce qu’il restera après 2026

Le succès de Dakar 2026 ne devra pas être mesuré uniquement au moment où la dernière compétition prendra fin. Il faudra surtout regarder ce que les Jeux auront laissé derrière eux : des infrastructures mieux valorisées, des jeunes mieux formés, des entreprises ayant gagné de nouveaux marchés, des artistes ayant conquis de nouveaux publics, des visiteurs souhaitant revenir et des partenariats internationaux capables de durer.

Cette logique d’héritage doit guider l’action dès maintenant. Les compétences acquises doivent être capitalisées. Les réseaux créés doivent être entretenus. Les entreprises et les talents accompagnés doivent pouvoir poursuivre leur développement. La visibilité internationale obtenue doit être transformée en attractivité durable.

Pour y parvenir, les Jeux ne peuvent être l’affaire d’une seule institution. Leur réussite et leur héritage nécessitent la mobilisation de l’ensemble de l’écosystème national : État, collectivités territoriales, secteur privé, universités, établissements scolaires, acteurs culturels, médias, associations, sportifs et, bien entendu, jeunesse.

Faire de Dakar 2026 un projet de génération

Le Sénégal dispose d’une occasion rare : recevoir le monde chez lui et lui montrer ce qu’il sait faire. Nous devons réussir l’organisation, bien sûr. Mais nous devons surtout réussir la transformation de cette opportunité.

Le véritable succès de Dakar 2026 ne se mesurera pas uniquement à la qualité des compétitions ou à la beauté des cérémonies. Il se mesurera à notre capacité collective à transformer quelques semaines de visibilité en plusieurs années d’opportunités, et à la place que nous aurons réellement confiée à notre jeunesse pour créer, décider, entreprendre, se former, se faire connaître et porter l’image du Sénégal.

Les JOJ doivent laisser un héritage sportif. Mais ils doivent aussi laisser un héritage économique, culturel, entrepreneurial, touristique et humain. Et si nous voulons que Dakar 2026 soit véritablement les Jeux de la Jeunesse, alors cette jeunesse ne doit pas seulement être invitée à participer : elle doit être appelée à les incarner.

Alassane Mbaye

Contribution

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- L'auteur estime que la jeunesse sénégalaise n'est pas encore suffisamment représentée au premier plan du récit de Dakar 2026, malgré son rôle de public, volontaire ou bénéficiaire. - Il appelle à faire des JOJ une vitrine de la jeunesse sénégalaise en impliquant jeunes entrepreneurs, étudiants, créateurs, développeurs et artistes comme acteurs et producteurs de valeur. - Il souligne que les retombées économiques (hôtellerie, tourisme, artisanat, numérique, etc.) doivent bénéficier aux PME, startups et prestataires locaux, et promouvoir le « Made in Senegal ».
Auteur: Alassane Mbaye
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Mis à jour le:

Commentaires (13)

Trier par :
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    Karim-USA ⭐ Top commentaire il y a 1 mois
    Moi je demanderais mes enfants de rester la maison ! Dans un pays quand on brade notre pétrole et gaz, augmente tous les prix et refuse à la population un vote sincère. Quand on limoge les ministres compétents pour nommer des fous, etc. Il ne faut jamais faire semblant de participer à ces compétitions trompe l'œil. Ce serait comme participer à sa propre destruction. Restez chez vous chers Sénégalais. Ne sortez que pour les meetings de SONKO. On est tous nés avec chacun un cerveau et un coeur donc il faut s'en servir pour survivre face au néocolonialisme et aux trahisons nègres. Vous ne vous imaginez même pas ce que nos ancêtres noirs ont vécu dans ce monde.
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    moi il y a 1 mois
    Effectivement, la jeunesse est, pour le moment, très absente. On dirait que les anciennes générations veulent encore s’accaparer cet événement, comme d’habitude. J’aurais préféré que l’hymne de ces JO soit porté par les jeunes talents du pays, qui sont pourtant nombreux. Il suffit de regarder les enfants de Sen Petit Gallé pour s’en rendre compte. Pour l’instant, la jeunesse semble absente de ses propres Jeux.
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    Senegalais il y a 1 mois
    Sene petit galle ????? comme reference????
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    Bilaye il y a 1 mois
    Ju
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    Ndiaga Ndiaye il y a 1 mois
    Une contribution qui mérite d’être lue et surtout méditée.
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    un passant il y a 1 mois
    Quelqu'un me disait que c'est une Jeunesse Oubliée à Jamais ( J. O. J. ).
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    Senegalais il y a 1 mois
    JOJ c pas pour notre jeunesse. Si on a faim on a pas la force de se divertir. Restez chez vous!
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    Ndeye Mareme Deme il y a 1 mois
    Un message qui mérite d’être entendu. Dakar 2026 ne devrait pas seulement être un événement que la jeunesse regarde, mais une occasion pour elle de prendre sa place, de montrer ce dont elle est capable et de participer pleinement à l’écriture de cette histoire. Les jeunes ont des idées, des talents, des projets et une énergie qui ne demandent qu’à être valorisés. Il est donc essentiel que les activités, opportunités et initiatives annoncées autour des Jeux soient réellement mises en œuvre et qu’elles puissent toucher la jeunesse au-delà des simples discours. Car au-delà des médailles et des cérémonies, le véritable héritage de Dakar 2026 sera aussi ce que ces Jeux auront permis de créer, de transmettre et d’ouvrir comme perspectives pour toute une génération. 🇸🇳
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    Itipalaway il y a 1 mois
    Priez donc pour que les inondations ne s'invitent pas à la fête car rien n'est fait pour palier les dégâts des eaux pluviales dans ce pays.
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    Gavroche il y a 1 mois
    Oscar des vacances version 2026😂
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    Garga il y a 1 mois
    Où est ce que l'on peut acheter les billets pour les JOJ2026?

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