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Le Sénégal qui se lève tôt ne peut plus attendre une élite sans vision [Par Papis Traoré]

Auteur: Papis Traoré

Le Sénégal qui se lève tôt ne peut plus attendre une élite sans vision [Par Papis Traoré]

Le Sénégal qui se lève tôt ne peut plus attendre une élite sans vision [Par Papis Traoré]

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Payer le créancier étranger sans délai, faire attendre le fournisseur sénégalais jusqu'à la faillite : voilà la hiérarchie silencieuse de nos paiements. Six décisions pour y mettre fin sans attendre le FMI.

Tribune de Papis Traoré

Il y a un Sénégal dont on parle beaucoup et qu'on écoute peu. Celui qui se lève tôt. Il attrape un car, un bus, ou prend sa voiture pour aller travailler. Il ouvre une boutique. Il conduit un taxi. Il fait tourner une PME, tient un atelier, vend au marché. Il emploie trois personnes, ou dix, parfois des centaines.

Ce Sénégal-là ne demande pas la charité. Il demande que son travail paie. Que son entreprise tienne. Et que l'État respecte ce qu'il a signé.

Aujourd'hui, il étouffe.

Les ménages comptent chaque dépense. Les entreprises encaissent une demande en berne, des charges lourdes, des trésoreries à cran. Et aucune visibilité. Alors on repousse un recrutement. On ajourne un investissement. On retient une commande. J'en vois passer, des dossiers comme ça.

Le vrai baromètre du pouvoir d'achat, c'est une question toute bête : qu'est-ce qu'il reste à la fin du mois ?

Une fois payés le loyer, le transport, l'électricité, la nourriture et l'école, il reste quoi à celui qui travaille ?

Prenez le transport. Seneweb en faisait le récit ce jeudi : ces salariés de la banlieue pour qui aller travailler coûte déjà une partie du salaire. À Keur Massar, à Pikine, à Rufisque, on se lève avant le jour, on enchaîne les correspondances, on subit les embouteillages. Et on paie. 500 francs par-ci, 500 francs par-là : au bout du mois, une part du salaire est partie avant d'être arrivée. La mobilité n'est pas qu'une affaire de bitume : c'est du pouvoir d'achat, et elle décide de qui peut travailler où.

Là non plus, pas besoin d'ouvrir grand les vannes. Le chantier est engagé : sous l'égide du CETUD, les opérateurs Dem Dikk, BRT, TER, AFTU s'accordent sur une billettique interopérable et un titre de transport unique. Accélérons-le, pour qu'un même trajet cesse de se payer deux ou trois fois, et faisons-en un levier de pouvoir d'achat : un tarif réduit aux heures de pointe pour ceux qui vont travailler, financé par un meilleur remplissage aux heures creuses plutôt que par une rallonge budgétaire. Ça ne coûte pas une autoroute. Surtout de la volonté et de la coordination.

Sortons d'une idée qui traîne dans notre débat depuis trop longtemps. Le pouvoir d'achat, ce n'est pas que les prix. Derrière chaque salaire, il y a une entreprise. Quand elle ralentit, quand elle n'embauche plus, quand elle repousse ses investissements, ce sont des familles qui finissent par payer.

Pas de pouvoir d'achat durable sans entreprises solides.

Une élite de privilèges ne redressera rien

Le déclin d'un pays ne commence pas quand les comptes se dégradent. Il commence quand les élites cessent de se sentir responsables de son destin. Elles regardent, c'est tout.

Depuis trop longtemps, une partie de notre élite défend ses positions plus qu'elle ne transforme le pays. On guette une nomination. Un marché. Une proximité avec le pouvoir. On se bat pour entrer dans le cercle. Jamais pour l'élargir.

Une élite qui réclame des sacrifices au peuple tout en protégeant ses privilèges perd toute autorité morale.

Et pendant ce temps, la vraie question reste sans réponse. Quel Sénégal voulons-nous dans dix ou vingt ans ? Quelle économie ? Quelle industrie ? Quels emplois pour nos jeunes ? Une élite qui n'a plus de réponse à ça gère le présent. Elle ne prépare rien.

Il faut changer de logiciel. Moins de rente et de commentaires, plus de vision, de compétence et de résultats. La bonne question, ce n'est pas « quelle place je vais occuper ? » C'est « qu'est-ce que je vais construire ? »

Une élite qui ne construit plus rien n'accompagne pas le déclin. Elle l'accélère.

La diaspora ne demande pas des promesses, elle demande du respect

On oublie souvent un pan entier de ce Sénégal-là. Celui qui se lève à l'étranger. Des femmes et des hommes qui travaillent loin des leurs. Chaque mois, ils renvoient une part de leur salaire au pays. Ces transferts, ce n'est pas du superflu. Ça paie une scolarité, une ordonnance, un loyer, un repas. Pour des millions de familles, c'est ce qui fait tenir.

Cette diaspora mérite mieux que des discours. On lui a beaucoup promis. On lui a peu tenu. Courtisée en campagne, oubliée le reste du temps. Elle ne demande pas qu'on la flatte. Elle demande qu'on respecte son effort. Des démarches simples. Une fiscalité qu'on comprend. De vrais projets, où son argent construit quelque chose. Pas des annonces sans lendemain.

Une diaspora qui nourrit le pays, ce n'est pas un tiroir-caisse en devises. C'est une actrice de son développement.

Six décisions pour remettre l'économie en mouvement

On ne soigne pas un cancer avec du Doliprane. Il faut un choc. Un choc de pouvoir d'achat et de compétitivité.

Premièrement, l'État doit payer ce qu'il doit.

Il y a dans nos paiements une hiérarchie que personne n'avoue. Le porteur d'obligations à l'étranger est réglé sans délai. Le fournisseur sénégalais, lui, patiente. Le premier a une agence de notation pour défendre ses intérêts, un club de créanciers pour renégocier. Le second n'a personne. Il attend. Il s'endette pour continuer d'attendre. Et il finit par fermer.

C'est là que notre élite devrait être. Le fournisseur national n'a ni agence de notation, ni club de créanciers, ni relais d'influence. Il faudrait au moins que quelqu'un parle pour lui. On n'entend rien.

J'en vois, des entreprises qui détiennent une créance certaine sur l'État et qui, dans le même temps, se font bloquer leurs comptes par avis à tiers détenteur pour des charges fiscales impayées alors que ce qu'elles doivent à l'État est parfois inférieur à ce que l'État leur doit. On étrangle un fournisseur pour une somme plus petite que la créance qu'on ne lui règle pas. Comment veut-on qu'il tienne ?

Aujourd'hui, la loi ne l'impose pas. Le Trésor peut exiger sa créance fiscale sans être tenu de régler d'abord la sienne : il se prévaut de son privilège et de la séparation des caisses publiques. C'est légal. Ça n'en est pas moins injuste. Il faut donc changer la règle, pas la contourner.

Instaurons un principe simple : quand l'État détient une créance certaine sur une entreprise et que cette entreprise détient elle-même une créance certaine, liquide et exigible sur l'État, on compense avant de saisir. On solde d'abord ce qu'on se doit de part et d'autre. Et on ne bloque, le cas échéant, que le solde qui resterait réellement dû. Cela suppose une réforme, une disposition claire dans le Code général des impôts. Mais elle éviterait des situations où l'administration fiscale étrangle un fournisseur pour une somme qu'elle lui doit déjà, en plus grand, par ailleurs.

Réglons les créances publiques incontestées. En commençant par les TPE, les PME et les sous-traitants. Un retard de paiement de l'État, c'est un fournisseur impayé. Un investissement repoussé. Un recrutement annulé. Un salaire menacé.

La dette de l'État envers une entreprise finit toujours par retomber sur la trésorerie d'un ménage.

Deuxièmement, transformons les créances publiques en liquidités.

Quand l'État ne peut pas régler tout de suite une créance certifiée, l'entreprise devrait pouvoir la mobiliser auprès de sa banque. Avoir une créance certaine sur l'État et manquer de trésorerie, c'est quand même absurde.

Troisièmement, donnons de l'air aux entreprises viables.

Des échéanciers fiscaux et sociaux de six à douze mois. Pour les entreprises vraiment en difficulté, et à condition qu'elles gardent leurs salariés. De quoi éviter qu'un mauvais passage ne tourne à la faillite. Reporter une recette, ce n'est pas y renoncer. C'est parfois protéger le contribuable qui la paiera demain.

 

 

Quatrièmement, travailler doit payer davantage.

Pendant un temps limité, l'État pourrait alléger la fiscalité sur les premières tranches des revenus du travail. Et certaines charges des entreprises qui gardent leurs effectifs. L'idée est simple : remettre du revenu dans la poche de celui qui travaille, sans créer une dépense publique qui reste.

Cinquièmement, investir doit redevenir un avantage.

Les investissements nouveaux, production, numérique, formation, création d'emplois pourraient avoir droit, pour un temps, à des incitations fiscales ciblées. Vous investissez au Sénégal. Vous créez de la valeur et des emplois. L'État est à vos côtés.

Sixièmement, faisons de la TVA un outil de pouvoir d'achat.

Faire de la fiscalité un levier, pas un dogme

L'Assemblée nationale ouvre le débat sur les exonérations, remises et abandons de créances fiscales accordés depuis 2014. Une distinction s'impose. Une exonération, ce n'est pas forcément un cadeau fiscal. Tout dépend de sa justification, de sa transparence, de son efficacité. Une exonération sans contrepartie mesurable, oui, il faut la questionner. Mais une fiscalité allégée qui fait baisser le prix des produits de première nécessité, qui préserve des emplois, qui soulage une trésorerie ou déclenche de nouveaux investissements, ça, c'est un vrai outil.

Le Sénégal ne doit pas seulement savoir quelles recettes il a abandonnées hier. Il doit décider quelles recettes il peut différer ou réduire intelligemment aujourd'hui, pour créer plus de richesse demain.

C'est dans cet esprit qu'il faut regarder une baisse ciblée et temporaire de la TVA. Avec un garde-fou : qu'elle se retrouve bien dans les prix payés par les ménages.

Pourquoi ne pas essayer, sur six à douze mois, une TVA fortement réduite sur un panier très restreint de biens et services essentiels aujourd'hui taxés au taux normal ?

Une règle facile à retenir : l'État baisse la TVA, l'entreprise baisse le prix.

La baisse d'impôt doit se retrouver sur le ticket de caisse. Sinon elle n'a servi à rien.

Ce ne serait pas un chèque en blanc. Limité dans le temps. Plafonné. Concentré sur quelques dépenses essentielles. On connaît le coût d'avance, on mesure l'effet. Si la baisse ne se voit pas dans les prix, on arrête.

Il ne s'agit pas de baisser la TVA partout. Trop cher, et inefficace. Il s'agit de mettre l'effort là où il change vraiment quelque chose pour le pouvoir d'achat.

Et tant qu'on parle de TVA, allons au bout. Remboursons aussi, plus vite, les crédits de TVA incontestés aux entreprises.

La même réforme joue des deux côtés. Moins de pression sur certains prix pour les ménages. Plus de trésorerie pour les entreprises.

Ne pas attendre le FMI

À ce jour, le Sénégal n'a pas de nouvel accord avec le FMI. Cette incertitude n'excuse pas l'inaction.

Les contraintes budgétaires interdisent la fuite en avant. Elles obligent surtout à choisir : la trésorerie, l'emploi, l'investissement, le pouvoir d'achat.

Payer une créance incontestable, ce n'est pas une subvention. Donner quelques mois d'air à une entreprise viable, ce n'est pas renoncer à l'impôt. Essayer une baisse fiscale ciblée, ce n'est pas lâcher la discipline budgétaire quand le coût est connu, plafonné, évalué.

Redresser les finances publiques et redresser l'économie productive, ce n'est pas contradictoire. Une entreprise qui disparaît ne paiera plus d'impôts. Un salarié licencié consommera moins. Un investissement annulé ne créera ni emploi ni recette demain.

Il ne s'agit pas de dépenser plus. Il s'agit d'utiliser autrement les marges qu'on a. Et de faire circuler l'argent plus vite dans l'économie réelle.

Un accord avec le FMI renforcerait la confiance et donnerait un cap. Mais le Sénégal ne doit pas mettre sa politique en suspens en l'attendant. Le FMI peut accompagner notre redressement. Il ne le fera pas à notre place.

Le Sénégal qui se lève tôt

Le Sénégal doit remettre ses finances publiques en ordre. Là-dessus, personne de sérieux ne discute. Mais la rigueur budgétaire, à elle seule, ne fait pas une politique économique.

Il faut payer ce qui est dû. Débloquer la trésorerie. Redonner de la visibilité aux entreprises. Protéger le travail. Agir sur le pouvoir d'achat. Relancer l'investissement.

Et surtout, choisir quel Sénégal on défend. Celui des privilèges, des rentes et des places acquises ? Ou celui de ceux qui travaillent, entreprennent, embauchent, prennent des risques, nourrissent leur famille et bâtissent quelque chose ?

Pour moi, c'est réglé.

C'est ce Sénégal-là qui est la vraie souveraineté.

Une souveraineté qui ne se crie pas dans les discours. Elle se construit dans les entreprises, les ateliers, les commerces, les champs. Dans le travail de tous les jours de millions de Sénégalais.

Le Sénégal qui se lève tôt ne demande ni privilège, ni rente, ni faveur.

Il demande juste qu'on le laisse travailler.

Et il ne peut plus attendre.

Papis Traoré

Spécialiste en fiscalité, finance d'entreprise, financement et fusions-acquisitions.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- L'article critique la hiérarchie des paiements de l'État sénégalais, qui règle les créanciers étrangers sans délai mais fait attendre les fournisseurs locaux jusqu'à la faillite. - Il propose six décisions pour améliorer le pouvoir d'achat et la compétitivité, notamment accélérer la billettique interopérable des transports et payer les dettes de l'État aux entreprises nationales. - Il appelle à une nouvelle élite axée sur la vision et les résultats, et à un meilleur respect de la diaspora, qui soutient des millions de familles via ses transferts.
Auteur: Papis Traoré
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Commentaires (14)

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    Momo2 ⭐ Top commentaire il y a 2 mois
    Vous posez des principes et proposez des solutions, avec une dose d’affirmations qui me semblent péremptoires. 1/ Sur les exonérations et remises d’impôts : il ne faut pas occulter le passé mais plutôt l'auditer et récupérer les recettes illégalement perdues. C’est une manière non seulement d’avoir de nouvelles recettes, mais aussi de déceler toutes les astuces perfides, élaborer ou améliorer les procédures, instaurer des moyens et méthodes de gestion, et appliquer des sanctions assez dissuasives pour éviter les éternelles récidives. 2/ Rendre liquides les créances d’Etat : comment faire si ce même État vous concurrence auprès des banques avec des emprunts obligataires (effet d’éviction) ? 3/ Paiements des créances : l’Etat ne peut privilégier l’intérieur au détriment de l’extérieur, au risque de voir ses comptes ou ses actifs saisis, et faire fuir davantage les investisseurs étrangers. Il n’a pas le choix ! Il s’y ajoute qu’une bonne partie des créances intérieures est surfacturée, les nationaux sont souvent de petits actionnaires dans les entreprises visées et seule une poignée de rentiers et d’initiés sont concernés. Au Sénégal, beaucoup d’autres entreprises fonctionnent correctement ou sont même en croissance, notamment les sociétés concessionnaires, la grande consommation, l’agroalimentaire, l'immobilier, le transport, etc. Il n’y a pas que les marchés d’Etat dans une économie permanente, certaine y sont des abonnés à la facilité, au gré de relations parfois nébuleuses. 4/ Réduire la TVA, crédits d’impôts : comment faire, pour un État déjà en difficultés pour avoir des ressources et faire face à ses dettes ? 5/ Injecter l’argent dans l’économie réelle : d’accord avec vous, car seule la production souveraine peut nous faire souffler, notamment la production alimentaire, la mécanisation, l’optimisation et la transformation locale. Cette dynamique peut permettre de faire baisser les prix de façon plus forte et plus durable, à la place d’une baisse de TVA par exemple. Il faut dire que le problème du Sénégal est (i) une administration et des sociétés publiques dispendieuses, où on conduit de 4x4 de luxe, des V8 et des limousines qu’on ne trouve dans aucune société privée, même les multinationales, ou encore les banques. Des bureaux luxueux, des moquettes, des salons de gamme, des meubles très chers, rien que pour jouir sur le dos du contribuable. Des salariés riches sans cause, une corruption qui gangrène beaucoup de segments. (ii) L’autre immense fardeau pour notre économie c’est cette faramineuse dette dont il est clair qu’une partie est odieuse. Comment faire pour rembourser dans les délais sinon tout sacrifier sur une génération au moins ? (iii) Le Sénégal n’a pas besoin de théorie, ni d’experts, mais d’une justice qui obligerait tous les détourneurs à restituer les fonds dissipés et à empêcher définitivement les vols et détournements de deniers publics, combattre la corruption sous toutes ses formes. Comment expliquer que des assujettis refusent de déclarer leur patrimoine, dans un pays normal où la justice est forte et indépendante ? Comment expliquer des fonds politiques aussi importants dans un pays pauvre surendetté ? Une poignée de privilégiés qui s’engraissent et placent la majorité dans des « filets sociaux » ? Les Sénégal n’a point besoin de grands intellectuels, ni de théories, ni de financements, notre priorité est une cure des mentalités, une piqûre de probité, un sérum de justice, un cocktail de modestie et d’honnêteté. Le Sénégal est un grand malade, étranglée par ses élites, surtout politiques.
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    Bien vu il y a 2 mois
    Bien vu Momo2. Vous avez amelioré le sujet en mettant en lumière les aspects qui manque dans le texte.
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    Merci il y a 2 mois
    Vraiment merci.
    Nous avons besoin de voir beaucoup plus de contributions de ce genre que je qualifierai même de "citoyennes".
    Merci de relever le niveau des textes publiés ici là.
    Beaucoup de pistes et de suggestions qui méritent une attention.
    Très belle analyse Monsieur Traoré 👏
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    Cc il y a 2 mois
    Il a une gueule de malien
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    À Cc il y a 2 mois
    s’i il a une gueule de Malien faut préciser l’ethnie puisqu’il y en a 22 sans oublier les brassages de population.
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    Oustaz Jacuzzi il y a 2 mois
    Vous vous choisissez vos élites alors assumez...caisses noires, oryx, maybach, fesman, oci...vous adorez la fange
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    Ras-le-bol il y a 2 mois
    Il faut y ajouter la baisse du niveau de vie de l'état. Un PM qui se tape une Maybach aux moments où les populations galèrent.
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    Thiédo Camara il y a 2 mois
    Très belle contribution de monsieur Traoré qui a su toucher du doigt les problèmes de ce pays. Pour ma part, il s'agit de créer les conditions optimales afin que notre économie puisse générer des biens et services adaptés au marché mondial. Une économie de rente adossée à une bureaucratie adepte de politique politicienne ne peut que retarder l'élan de ce pays..
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    Maba du Rip il y a 2 mois
    Le monsieur parle de pouvoir d'achat mon oeil dans ce pays de crevé la faim il y'a bien longtemps que les gens ne peuvent plus se payer 2 repas quotidiens
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    PLAGIAT il y a 2 mois
    PAPiS TRAORE
    ce n’est pas bien de plagier.
    La « France qui se lève tôt « est une expression de SARKOZY à la campagne électorale de 2007.
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    Momo2 il y a 2 mois
    @ PLAGIAT : dites-nous si le plagiat se limite juste au titre. Si oui, vous êtes un idiot, un individu négatif. Avoir des diplômes et des connaissances livresques n’est pas un gage d’intelligence ni de clairvoyance. L’auteur du texte parle de réalités bien sénégalaises, et propose des pistes de solutions. Des participants à la discussion ont donné leurs avis, faites comme lui et proposez des alternatives ou à la limite déconstruisez le texte, si vous êtes si sachant et cultivé ! La réflexion intellectuelle est orpheline au Sénégal car presque tous ses cadres se sont compromis, guidés par le luxe, le gain facile, la frime, l’argent facile. Ils sont devenus soit des politiciens (souvent véreux), soit leurs militants intéressés, soit leurs avocats (cyniques et commerciaux), soit leur comités de défense. Tous les cadres ou presque sont devenus des esclaves de l’argent, du sexe et des privilèges, ils se sont tellement compromis et rabaissés qu’ils ont perdu leur indépendance, leur créativité, leur liberté d’esprit et de pensée. Les rares livres et contributions visibles sont consacrés à la calomnie, la flatterie, la laudation honteuse ou l’amusement pueril. Les seules bonnes références actuelles sont l’héritage de nos grands intellectuels aujourd’hui âgés ou disparus. Et dire que feu Maguette Thiam, alors professeur agrégé de maths, l’un des meilleurs d’Afrique, prenait le bus (P10) en même temps que nous, ses étudiants ? Où allait acheter ses rames de papier au marché Tilène, parfois à pied ? Les exemples sont nombreux, nos dirigeants de l’époque étaient motivés par la performance, la probité, l’honnêteté et la modestie. Depuis les libéraux, les intellectuels se sont prostitués, prosternés pour de l’argent, devant des vas-nu-pieds qui ont usurpé le pouvoir et trônent sur des montagnes de fonds politiques. On ne rêve que de 4x4, d’immeubles et de châteaux, rien qu’avec de l’argent illicite. Quelle honte ! À ce rythme, et sans changements majeurs, sans reprise de conscience par nos élites il n’est pas exclu une rébellion massive de la jeunesse, majoritaire et délaissée par les adultes délinquants financiers. Tous ceux qui auront accumulé des biens de luxe et de l’argent facile, n’oseront plus les exposer, n’auront plus la paix et la quiétude pour s’adonner aux jouissances eux et leurs progénitures, il est temps d’arrêter les vols, les détournements et la prévarication, revenons sur terre et vivons honnêtement et modestement !
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    Merci Momo il y a 2 mois
    Merci de votre contribution. C’est l’objectif de cette tribune. Je partage vos analyses. La faillite de nos élites n’est plus à démontrer. Je vis à l’étranger et je voyage beaucoup. Quand j’observe ce qui se passe dans d’autres pays africains et je vois ce qui se passe au Sénégal, je ne peux pas rester silencieux. Notre pays décroche alors qu’il dispose d’atouts considérables. C’est ça la tragédie du Sénégal. Encore merci

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