Gaza : Major nationale du bac malgré les bombes et le deuil, le destin héroïque de Saba Rabah
Malgré la destruction de sa maison à Gaza, de multiples déplacements et la mort de son père, Saba Rabah, 18 ans, a brillé aux examens du baccalauréat dans les Territoires palestiniens — les premiers à se tenir depuis octobre 2023.
Peu avant les épreuves, elle a même dû fuir son logement provisoire, situé dans le camp de réfugiés d'Al-Maghazi, à la suite du bombardement d'une habitation voisine. Mais il en fallait davantage pour entamer la détermination de la jeune fille.
Saba Rabah a décroché la meilleure note en filière scientifique à l'examen de fin d'études secondaires, équivalent du baccalauréat, connu sous le nom de « Tawjihi ».
« J'ai obtenu la note de 99,9 %, décrochant la première place nationale dans la filière scientifique », confie-t-elle fièrement à l'AFP, vêtue de sa tenue de diplômée, lors d'une cérémonie organisée en son honneur à Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza.
À la suite de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, Israël a mené une offensive d'envergure dans le territoire palestinien, où une grande majorité des établissements scolaires ont été endommagés ou détruits par les bombardements, privant des dizaines de milliers d'enfants d'accès à l'éducation.
Les rares écoles encore debout ont été transformées en centres d'accueil surpeuplés pour abriter des centaines de milliers de familles déplacées.
« Les déplacements répétés, la peur... Notre maison détruite. J'ai perdu la moitié de mes livres, mais je n'ai jamais renoncé à mes objectifs », explique Saba Rabah, qui étudiait la nuit à la lumière de son téléphone portable en raison des coupures d'électricité.
« Et quelques jours avant les examens, la maison d'en face a été bombardée et nous avons dû tout abandonner pour partir », ajoute-t-elle.
Environ 89 000 élèves ont passé les examens du secondaire en juin, une première depuis le début du conflit il y a près de trois ans, organisés simultanément à Gaza, en Cisjordanie occupée, en Égypte et dans d'autres pays abritant la diaspora palestinienne.
Plus de 25 000 candidats étaient inscrits dans la filière scientifique, au sein de laquelle la jeune Rabah a obtenu le meilleur résultat.
« Une joie indescriptible »
À l'annonce des résultats, la famille et les voisins de Saba Rabah ont laissé éclater leur joie, applaudissant et félicitant la jeune fille. Des jeunes hommes ont dansé au rythme des tambours.
« Cette joie est indescriptible. Je m'attendais à ce qu'elle figure parmi les meilleurs élèves, mais elle est devenue la première de toute la Palestine. C'est un sentiment impossible à exprimer avec des mots », a confié sa mère, Feryal Ahmed Rabah, 52 ans, après des mois de douleur et d'épreuves pour la famille.
Saba Rabah a dédié sa réussite à son père, ancien enseignant dans les écoles de l'Unrwa (l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens), tué lors d'une frappe aérienne en juin 2024.
Devant son portrait accroché au mur, des fleurs ont été déposées en hommage.
Aujourd'hui, l'étudiante ambitionne d'intégrer une faculté de médecine : « Mon plus grand espoir est que mes efforts soient reconnus et que j'obtienne une bourse d'études. C'était le rêve que mon père avait pour moi. »
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