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Rejet de la révision du Code pétrolier : Le juge Dème pointe une « occasion manquée » du Conseil constitutionnel

Auteur: Cheikh CAMARA, Correspondant à Thiès

Rejet de la révision du Code pétrolier : Le juge Dème pointe une « occasion manquée » du Conseil constitutionnel

Rejet de la révision du Code pétrolier : Le juge Dème pointe une « occasion manquée » du Conseil constitutionnel

​Après la décision n° 9/C/2026 du Conseil constitutionnel déclarant irrecevable la proposition de loi portant modification de l’article 20 du Code pétrolier, les réactions se multiplient au sein de la communauté juridique et politique. Dans cette contribution circonstanciée, le magistrat Ibrahima Hamidou Dème livre une analyse approfondie des enjeux sous-jacents de cette jurisprudence. Estimant que la haute juridiction a manqué une occasion majeure de renforcer la transparence et l'équilibre des pouvoirs, l'ancien juge plaide pour une audace jurisprudentielle au service de l'État de droit. Seneweb vous propose l'intégralité de sa tribune.

​Le Conseil constitutionnel vient, par sa décision n° 9/C/2026 du 5 octobre 2026, de déclarer irrecevable la proposition de loi portant modification de l’article 20 du Code pétrolier. Pour le magistrat Ibrahima Hamidou Dème, la question posée dépassait pourtant largement la simple délimitation entre le domaine de la loi et celui du règlement.

​« La proposition parlementaire prévoyait que les contrats de partage de production soient soumis, avant leur approbation par décret, à un débat en séance plénière de l’Assemblée nationale, sans vote.

​Le Conseil considère que cette procédure constitue une condition préalable à l’exercice du pouvoir réglementaire et relève, à ce titre, du domaine réglementaire.

​Cette lecture est juridiquement défendable dans sa logique formelle. Mais c’est précisément cette approche formelle qui appelle aujourd’hui réflexion. Car derrière la question de la répartition des compétences entre la loi et le règlement se posent des enjeux plus fondamentaux : ceux de la transparence de l’action publique, de l’information du Parlement sur les choix engageant les intérêts de la Nation et, plus largement, de l’équilibre entre les pouvoirs.

​Autrement dit, la question n’est pas seulement de savoir si le Parlement peut imposer une telle procédure au pouvoir réglementaire. Elle est aussi de déterminer si, dans une démocratie constitutionnelle, les mécanismes de contrôle et de transparence doivent être appréciés exclusivement à travers le prisme de la répartition formelle des compétences, ou s’ils doivent également être envisagés à la lumière de l’esprit et des exigences matérielles de la Constitution.

​C’est à ce niveau que le débat dépasse les clivages politiques. Il importe, d’abord, de lever toute ambiguïté.

​Notre analyse ne procède d’aucune volonté de conforter la majorité parlementaire actuelle contre l’Exécutif, pas davantage que de cautionner la stratégie inverse.

​Elle ne saurait davantage être confondue avec les positions politiciennes de la majorité de PASTEF, qui consistent à instrumentaliser l’Assemblée nationale pour la transformer en arme politique contre l’Exécutif.

​Le problème posé est d’une autre nature. Il transcende les majorités du moment, parce qu’il concerne les règles du jeu institutionnel elles-mêmes.

​La véritable question est donc celle-ci : quelles garanties institutionnelles avons-nous pour que chaque pouvoir puisse exercer pleinement son rôle constitutionnel et que l’équilibre entre les institutions soit effectivement préservé ?

C’est précisément pourquoi le débat doit être placé au-dessus des intérêts partisans.

​La Constitution ne répartit pas seulement des compétences, elle organise aussi un équilibre.

Le préambule de la Constitution affirme l’attachement du Sénégal à la transparence dans la conduite et la gestion des affaires publiques, à la bonne gouvernance, à la séparation et à l’équilibre des pouvoirs ainsi qu’à l’État de droit.

​L’article 25-1 dispose que les ressources naturelles appartiennent au peuple et que leur exploitation et leur gestion doivent se faire dans la transparence.

​L’article 59 confie, quant à lui, à l’Assemblée nationale le pouvoir législatif, mais aussi une mission constitutionnelle de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques.

Ces dispositions ne peuvent être lues isolément.

​Le juge constitutionnel doit les interpréter de manière à préserver leur cohérence d’ensemble.

​Or, le débat parlementaire prévu par la proposition de loi ne conférait à l’Assemblée nationale aucun pouvoir d’autorisation, d’approbation ou de veto. Il ne dessaisissait donc pas l’Exécutif de son pouvoir de décision. Il organisait simplement un débat public et institutionnel sur l’utilisation de ressources appartenant au peuple.

​C’est précisément cette distinction qui méritait, selon nous, une analyse constitutionnelle plus approfondie.

​C’est en réalité une question de transparence et de bonne gouvernance qui ne saurait être interprétée comme une intrusion du pouvoir législatif dans le pouvoir réglementaire.

​Le raisonnement du Conseil revient à considérer la procédure parlementaire comme une condition préalable à l’exercice du pouvoir réglementaire.

​Mais il était possible d’envisager cette procédure sous un autre angle : celui de l’exercice par le Parlement de sa mission constitutionnelle de contrôle.

​Il ne s’agissait pas de permettre au Parlement de gouverner, mais plutôt d’examiner, publiquement et contradictoirement, comment sont gérées les ressources naturelles appartenant au peuple. La différence est essentielle.

​Cette distinction aurait pu permettre au Conseil de concilier les deux impératifs constitutionnels : la préservation du pouvoir réglementaire de l’Exécutif et le renforcement du contrôle démocratique du Parlement.

​Il faut également replacer cette affaire dans l’histoire constitutionnelle du Sénégal.

Depuis la crise institutionnelle de 1962, notre architecture politique a été durablement marquée par une forte prééminence de l’Exécutif. La Constitution de 1963 avait instauré un régime présidentiel et supprimé le poste de Premier ministre. La Constitution de 2001 a, pour sa part, élargi les pouvoirs du Président de la République, notamment en matière de dissolution de l’Assemblée nationale.

​En définitive, le défi actuel est donc moins de substituer une prééminence parlementaire à une prééminence présidentielle que de construire un véritable équilibre institutionnel.

C’est précisément le rôle du juge constitutionnel.

​Les réflexions institutionnelles inspirées des Assises nationales ont elles-mêmes constaté que l’hégémonie de l’Exécutif avait progressivement accentué le déséquilibre entre les pouvoirs et identifié le rééquilibrage institutionnel comme un enjeu majeur de consolidation de l’État de droit et de la bonne gouvernance.

​Dès lors, lorsque le Parlement cherche à renforcer les mécanismes de transparence et de contrôle sans s’arroger un pouvoir de décision appartenant à l’Exécutif, le juge constitutionnel devrait examiner cette initiative non seulement sous l’angle de la séparation des compétences, mais aussi sous celui de l’équilibre effectif des pouvoirs.

​La décision du 5 octobre 2026 nous invite ainsi à une réflexion qui dépasse largement l’aménagement et la délimitation du pouvoir. Le Conseil constitutionnel doit-il être uniquement le gardien des frontières formelles entre les compétences ?

​Ou doit-il être également le gardien de l’équilibre réel des pouvoirs, de la transparence et des garanties démocratiques que la Constitution entend assurer ?

​Notre conception est claire : sans se substituer au législateur ni au Gouvernement, le juge constitutionnel doit donner toute leur portée aux principes constitutionnels de transparence, de contrôle démocratique, de séparation et d’équilibre des pouvoirs.

​Le Conseil constitutionnel a montré, le 15 février 2024, qu’il pouvait être audacieux lorsque l’essentiel était en jeu. Il lui appartient désormais de faire de cette audace non une parenthèse, mais une véritable culture jurisprudentielle de l’État de droit, de la démocratie et de l’intérêt général.

​C’est à cette condition que le Conseil constitutionnel pourra pleinement jouer son rôle de gardien de la suprématie de la Constitution et d’arbitre impartial des institutions de la République. »

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le Conseil constitutionnel a déclaré irrecevable, par sa décision n° 9/C/2026 du 5 octobre 2026, la proposition de loi modifiant l'article 20 du Code pétrolier. - Le magistrat Ibrahima Hamidou Dème estime que le Conseil a manqué une occasion de renforcer la transparence et l'équilibre des pouvoirs. - Selon lui, la proposition prévoyait un débat en séance plénière de l'Assemblée nationale, sans vote, avant l'approbation des contrats de partage de production par décret.
Auteur: Cheikh CAMARA, Correspondant à Thiès
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Commentaires (40)

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    Nandité ⭐ Top commentaire il y a 3 semaines
    Diomaye le traître a décidé de trahir dix ans de lutte, de limoger tous ceux qui ont sué sang et eau pour le porter au pouvoir et nommer ceux qui le combattaient. Tout s'est fait sous le coaching de Macron et de la franc-maçonnerie. Aujourd’hui, il s’est embourbé parce que, n’ayant zéro député, il a mis la justice dans sa poche pour bloquer l’Assemblée nationale. C’est cela la lâcheté. Sonko a sa majorité parlementaire et le traître a sa majorité judiciaire 😂😂
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    Ousmane Diagne il y a 3 semaines
    Un président de juridiction qui loue sa maison de fonction donne une idée du personnage qu’il est.
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    2AD il y a 3 semaines
    Oui, vraiment !
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    aime son pays il y a 3 semaines
    Merci Mr DEME je suis parfaitement d'accord avec toi
    et j'ajoute qu'aucun juge du conseil constitutionnel ne devrait être désigné par l'exécutif (koula abal beut molay wakh foy xol)
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    Bagass il y a 3 semaines
    Senegal dou reew, leup corruption la, mais alakhira, ces juges vont repondre de leurs actes sur terre., et je suis sur qu'ils sont plus proches de la tombe, yalla na yeekh, que ceux qu'ils les ont mis a ces postes.
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    Eticien il y a 3 semaines
    Je suis fier d'être un membre du parti du juge DEME depuis le début. Il ne s'est jamais détaché de ses principes. Vérité et intérêt national guide tous ses actes comme il l'a toujours soutenu. Rouslo wo say andado.
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    Observateur il y a 3 semaines
    Elle est tellement délicieuse cette réflexion du juge Deme ! Analyse brillante, pédagogique et objective. Quand on dit que tous les politiciens sont les mêmes, il démontre le contraire. Dans le champ politique, c'est lui et Maitre Mame Adama Guéye.
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    A_ il y a 3 semaines
    @Eticien  Tu parles mais tu ne connais pas le nom du parti et personne d'ailleurs 😂
    Mais j'avoue que c'est une tres bonne contribution qui m'a permis de mieux comprendre les enjeux
    Merci
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    Une question il y a 3 semaines
    @Observateur  Dites moi, est-ce qu'il est interdit à l'assemblée de débattre sur une question de genre actuellement ? autrementdit, a-t- on besoin de cette loi comme autorisation pour que l'AN fasse sa mission de contrôle et d'évaluation des politiques publiques sur les ressources naturelles ? En fonction de la réponse, on pourra apprécier la contribution.
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    A_ il y a 3 semaines
    @Une question  Le soucis c'est de savoir sur quoi il doivent debattre. Sans savoir ce qui va etre signer c'est juste des speculations et invectives qu'ils vont faire ou rester a crier au scandale. On doit depasser cela
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    Le problème il y a 3 semaines
    Tout à fait d’accord avec le juge DEME.
    Le problème du c c c’est qu’il est exclusivement composé de magistrats n’ayant qu’une expérience judiciaire et ayant fait du droit constitutionnel une seule année : celle de leur entrée en faculté, en première année.
    Ils ne comprennent pas grand-chose aux enjeux constitutionnels contemporains et passent à côté de beaucoup de choses.
    L’ignorance des gouvernants qui les nomment y est aussi pour quelque chose.
    Pour eux, un juge est un juge et qui juge des affaires de divorce ou de délimitation de champs doit pouvoir juger de la Constitution. Ce qui est une absurdité sans nom.
    On sort ainsi de la retraite des personnes que le droit constitutionnel n’a jamais intéressé.
    C’est triste.
    Cette chaîne des ignorances.
    Des gouvernants incultes.
    Des juges incultes en droit constitutionnel.
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    Et puis... il y a 3 semaines
    ...Il ne manque dans la série que les députés incultes et ignares qui se prennent pour Zeus
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    senegal rek il y a 3 semaines
    aujourdhui mome tu ne vas pas recevoir d'insulte ligua wax va au sens de leur gourou.
    LA SECTE PASTEF.
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    Che il y a 3 semaines
    Fi koufi wakh honnêtement niou nangoul lako...Arrêter de raisonner aye soudonne contre pastef etc.
    .
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    Ndeye Diagne il y a 3 semaines
    Malheureusement pour les esprits sectaires de Pastef, quand le juge Deme prend position, il ne cherche pas ce qui vous arrange, mais c'est l'intérêt général qui le préoccupe. Vous vous accrochez à un homme versatile, lui il est avec la vérité. C'est votre différence.
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    Ndiaye dragon il y a 3 semaines
    Les moutons de Pastef ils me font rire… quand le gars dit quelque chose qui arrange leur berger, ils applaudissent. Demain, quand le même gars revient dire quelque chose qui n’arrange pas leur berger, ils viennent l’insulter. Malheureusement pour eux et heureusement pour nous autres, il y a des monsieurs comme Juge Deme qui n’ont rien à cirer des applaudissements ou des insultes et qui ne défendent que des principes. Wasalam !
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    @ndiaye chèvre il y a 3 semaines
    Pour les gens au QI comme vous, tout est binaire. Quand les apprécient une opinion qui contraire à celle du conseil constitutionel, ils doivent être de pastef. Quand ils sont D’accord, ils sont contre pastef. Comment un pays peut il avancer avec autant de crétins comme vous?
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    Gilberto il y a 3 semaines
    Et toi tu es le mouton de qui?
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    Wax sa xalaat il y a 3 semaines
    Notre pays a besoin d’une personne comme lui pour remettre de l’ordre dans tout ce bordel
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    Sa Diara il y a 3 semaines
    Le conseil constitutionnel du Sénégal n’a rendu des décisions pertinentes qu’à certains moments seulement.
    Il était question de le réformer mais on n’en parle plus !
    Et j’ai l’impression que pour ne pas être supprimés comme institution, ils sont prêts à tout pour plaire au pouvoir actuel.
    Ces juges sénégalais aiment les petits privilèges et les petits avantages.
    Ils sont prêts à tout pour durer encore. Ce sont des carriéristes dans l’âme.
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    Abdoulaye Sané il y a 3 semaines
    Tout à fait d’accord avec vous Monsieur Deme. Je suis étudiant en L2 et c’est grâce vous que je me suis inscrit à la fac de droit. Vous êtes ma référence !
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    tine le fou il y a 3 semaines
    OUSMANE DIAGNE est vraiment decevant .Et pourtant je prenais le mec pour l'un des magistats les plus honnetes de ce pays .Le mec est decu et est devenu un vallet de DIOMAYE le traitre du siécle .AU SENEGAL seuls et les juges THIOR et SABASSY FAYE sont des magistrats dignes et integres tous les autres baissent leur culotte
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    Ngor Jegaan Juuf il y a 3 semaines
    Je ne suis pas juriste au vrai sens du mot, mais quiconque a lu la constitution sait que sur la base des articles 25-1 et 59 la proposition de loi sur le Code pétrolier est irréprochable.
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    ce n'est pas il y a 3 semaines
    ce n'est pas ce qu'a dit la contribution? Au contraire. Sur le plan technique, elle est d'accord avec la décision. Sur le plan de la vision politique (ou stratégie pour enforcer la démocratie), elle pense qu'une autre approche est possible. Mais, il faut qu'il nous dise comment s'y prendre techniquement.
  • avatar
    ce n'est pas il y a 3 semaines
    ce n'est pas ce qu'a dit la contribution? Au contraire. Sur le plan technique, elle est d'accord avec la décision. Sur le plan de la vision politique (ou stratégie pour enforcer la démocratie), elle pense qu'une autre approche est possible. Mais, il faut qu'il nous dise comment s'y prendre techniquement.
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    Juriste il y a 3 semaines
    Excellente analyse juge DEME. Le problème du juge constitutionnel a toujours été de suivre la lettre de la loi au lieu d'essayer d'en saisir l'esprit. L'objectif de la proposition de loi de la majorité Pastef ( avec laquelle je ne suis pas d'accord, car elle utilise l'assemblée nationale comme arme politique comme l'a précisé juge Deme ), était de renforcer la transparence sans remettre en cause la décision finale du gouvernement.
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    b il y a 3 semaines
    cest rare que je suis daccord avec lui.
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    Mohamed il y a 3 semaines
    Un conseil constitutionnel de honte oui.
    Moi qui défendais ce président du conseil constitutionnel. Je ne sais pas où mettre la tête !
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    Falla il y a 3 semaines
    Le Sénégal a échappé à l'hécatombe entre 2021 et 2024 par la faute de notre justice qui n'a pas du tout jugé au nom du peuple. Depuis 2019,pour tous les morts, les tortues, les brimades, les arrestations, cette justice a sa part énorme de responsabilité.
    Parce que, le bon sens étant la chose la mieux par partagée,le peuple a une idée claire des décisions de justice qui sont justes et celles pour plaire.
    Jour bou Sénégal di takeu, ce sera par cette justice. .Wassalam
  • avatar
    Enseignante il y a 3 semaines
    C'est vraiment frustrant de voir un homme politique du niveau du juge Deme : brillant, intègre, correct... qui a fait un grand sacrifice pour le pays en démissionnant de la magistrature n'avoir jamais été élu, alors que des menteurs patentés comme Bara Ndiaye sont entrain de parader à l'assemblée nationale. C'est pourquoi les personnes honnêtes hésitent à faire la politique. Séngalais mo beugue lou bone.
  • avatar
    Xeme il y a 3 semaines
    Le Conseil Constitutionnel actuel, même si Diomaye, ou son gouvernement, ou un autre opposant, déposait un recours contre les commissions d'enquêtes parlementaires en cours, il les aurait déclaré anti constitutionnel. Même les précédents conseils, qu'on déclarait infondés à l'exécutif, étaient plus libres, plus respectueux du droit que le CC actuel. Parce que ces conseils là, quand les désirs de l'exécutif était clairement anti constitutionnels, ils trouvaient une manifestation se déclarer incompétents. Alors que le CC actuel se fixe xomme objectif de ne jamais donner raison à l'assemblée sur le président. Même dans leur précédente décision où la loi donne au gouvernement la prérogative de demander un vote bloqué, et que le président de la réplique fait cette demande à la place du gouvernement, le CC décide que le président est le gouvernement. Ce qui fait une décision erronée, mais sur laquelle ils ne peuvent plus revenir. Cela restera pour l'histoire un cas d'école d'une grosse erreur d'un conseil constitutionnel. Parce que tout simplement ils devaient satisfaire le président vaille que vaille.
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    Papa Dieng il y a 3 semaines
    Rien à dire vraiment : brillant et utile. Même si on est pas juriste, on comprend et acquiesce. Bravo juge.
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    Mamadou Lamine Diop il y a 3 semaines
    Ma contribution pour passer outre le blockage du CC.

    La présente loi s'inscrit strictement dans le cadre de la séparation des pouvoirs (Article 83) en évitant toute forme de codécision, de veto ou d'autorisation préalable de l'Assemblée nationale. Elle se fonde exclusivement sur le principe d’effectivité de l'article 25-1 de la Constitution : les ressources naturelles appartenant au peuple, la transparence de leur gestion constitue une obligation constitutionnelle dérivée.
    La logique est claire : l'exécutif conserve l'intégralité de son pouvoir de négociation et de décision, mais perd le monopole de l'information. L'ensemble des mécanismes (publication sous 15 jours, registre permanent, rapport d'impact, débat annuel sans vote et audits) intervient exclusivement a posteriori pour garantir le droit constitutionnel à l'information de la Nation.

    Proposition De Loi Relative À La Transparence Et Au Contrôle Public De La Gestion Des Ressources Naturelles
    L'Assemblée nationale a adopté, en sa séance du X octobre 2026, la loi dont la teneur suit :
    Vu la Constitution, notamment en ses articles 25-1, 60, 68, 82, 83 et 84 ;
    Vu la Loi n° 2019-03 du 1er février 2019 portant Code pétrolier ;
    Vu la Loi n° 2022-22 portant Règlement intérieur de l'Assemblée nationale ;

    Titre I : De La Transparence Et De L'accès Continu À L'information
    • Article 1 (Obligation de publication et Registre Numérique Permanent) :
    En application de l’article 25-1 de la Constitution, tout contrat de partage de production, accord de concession, ou avenant relatif aux ressources pétrolières, gazières et minières, fait l’objet d’une publication intégrale au Journal officiel de la République du Sénégal et sur la plateforme numérique publique du ministère compétent, dans un délai maximal de quinze (15) jours francs à compter de sa signature. Les contrats, avenants, rapports d'évaluation et actes d'approbation demeurent accessibles pendant toute leur durée d'exécution sur un Registre numérique national, public et librement consultable. La publication porte sur l’intégralité des stipulations du contrat, sous réserve des seules informations dont la divulgation porterait gravement et manifestement atteinte à la défense nationale. Toute restriction fait l’objet d’une motivation expresse, écrite et publique de l'autorité signataire.
    • Article 2 (Régime d'accès de la Représentation Nationale) :
    Les informations protégées au titre du secret des affaires ou du secret industriel ne peuvent être soustraites à la connaissance de l’Assemblée nationale lorsqu’elles sont nécessaires à l’exercice de sa mission constitutionnelle de contrôle. Elles sont transmises sous le sceau de la confidentialité parlementaire aux membres de la commission permanente compétente.

    Titre II : De L'information Et De L'évaluation A Posteriori
    • Article 3 (Le Rapport d'Impact Multidimensionnel et Évaluatif) :
    Le Gouvernement transmet à l'Assemblée nationale, dans un délai de trente (30) jours suivant la signature de tout contrat avant-mentionné à l'article 1, un rapport d'impact. Le rapport d'impact détaille :
    1. Les recettes prévisionnelles, les dépenses fiscales et les dérogations octroyées ;
    2. Les engagements en matière de contenu local, d'emploi national et de transfert de technologies ;
    3. Les études d’impact environnemental et les obligations de restauration des sites.
    Il expose également les principales hypothèses économiques retenues ainsi que les écarts significatifs constatés entre les prévisions antérieures et les résultats effectivement observés lors des contrats précédents.
    • Article 4 (Le Débat d'Orientation Annuel) :
    L'Assemblée nationale inscrit d'office à son ordre du jour, au cours de la session ordinaire unique, un débat sur la gestion des ressources naturelles, sur la base du rapport annuel transmis par le Gouvernement. Ce débat ne peut donner lieu à aucun vote d'approbation ou de rejet des contrats, ni à aucune résolution contraignante pour le pouvoir exécutif.
    • Article 5 (Auditions Publiques Restreintes) :
    La commission permanente compétente procède à l'audition du ministre chargé de l'Énergie, ainsi que de toute autorité publique, organe de régulation ou représentant de la société nationale ayant participé à la négociation, à la conclusion ou au suivi du contrat. Les comptes rendus de ces auditions font l'objet d'une publication systématique, à l'exception des éléments couverts par le secret de la défense nationale.

    Titre III : De L'évaluation Budgétaire Et Indépendante
    • Article 6 (Le Jaune d’œuf Budgétaire "Ressources Naturelles") :
    Le Gouvernement joint obligatoirement chaque année au projet de loi de finances un état récapitulatif (document budgétaire annexe) des revenus tirés de l'exploitation des ressources naturelles, des affectations réellement réalisées et des principaux engagements contractuels en cours.
    • Article 7 (L'Audit Triennal de la Cour des Comptes) :
    Tous les trois (3) ans, la Cour des comptes réalise un audit consolidé et indépendant de la gestion, de la collecte et de la redistribution des revenus issus des industries extractives. Ce rapport d'évaluation est rendu public et transmis simultanément au Président de la République, au Gouvernement et à l'Assemblée nationale.

    Titre IV : Disposition Relative Au Règlement Intérieur
    • Article 8 (Habilitation interne) :
    Les dispositions relatives à la création, à l'organisation et au fonctionnement d'une Mission permanente de suivi des ressources extractives, ainsi qu'à la désignation d'un Rapporteur permanent chargé d'évaluer l'application de l'article 25-1 de la Constitution, sont mises en œuvre par une modification subséquente du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale.
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    L’apprenti juge il y a 3 semaines
    😂
    En me basant sur le considérant 18 de la décision 9/C/2026 du Conseil constitutionnel, bras armé de la Présidence, tout ce verbiage plus haut n’a finalement pas sa raison d’être.
    Et je vais vous épargner les circonvolutions alambiquées d’un apprenti en droit.

    Dans la décision 9/C/2026, le Conseil constitutional en substance a tort : « Le Conseil a tort parce que l’article 25-1 de la Constitution impose le débat parlementaire. »

    Le Conseil établit certes que la proposition institue une condition préalable à la signature du décret. Toutefois, il ne démontre pas suffisamment en quoi cette condition, du seul fait de sa nature procédurale, échapperait au domaine de la loi.

    I rest my case.
  • avatar
    Abass il y a 3 semaines
    Vraiment irréprochable dans actes et ses paroles juge Deme. Un exemple à suivre vraiment.
  • avatar
    Mocky il y a 3 semaines
    Malheureusement ce conseil constitutionnel est devenu le bras armé d un président illégitime qui est dans un rapport de force avec l assemblée alors ces réformes vont dans le sens de renforcer la transparence

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