"L'arroseur arrosé" : Mary Teuw Niane tombe à bras raccourcis sur Ousmane Sonko
Dans une violente tribune au vitriol intitulée « L’arroseur arrosé », le Professeur Mary Teuw Niane, Directeur de cabinet du Président de la République, décoche ses flèches contre le président de l'Assemblée nationale et leader de Pastef, Ousmane Sonko. Suite au rejet du projet de budget par la majorité en commission et aux ultimatums brandis pour bloquer la LFR et la LFI 2027, l'auteur dénonce une tentative de prise en otage de la République et une obsession malsaine pour saboter le mandat du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Seneweb vous propose l'intégralité de son texte.
Il avait réuni la crème de sa secte. Sûr de lui, gonflé d’aplomb et grisé par son propre bagou, il s’était lancé dans une démonstration de force, multipliant les affirmations péremptoires, quitte à renier, sans la moindre gêne, ce qu’il soutenait hier encore lorsqu’il dirigeait le gouvernement. La cohérence pouvait attendre ; l’ambition, elle, n’attend jamais.
Alors, avec la superbe de celui qui se croit maître du jeu, il lança à la face des Sénégalais médusés son ultimatum : pas de vote du projet de loi de finances rectificative (LFR), pas de vote du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027, si le gouvernement ne consentait pas à négocier avec lui et à se plier à ses exigences.
Il croyait tenir là son arme fatale, le coup de grâce qui allait enfin saborder le programme présidentiel et mettre le pouvoir à genoux. Il jubilait déjà. Dans son esprit, la République était devenue un échiquier dont il pouvait déplacer les pièces à sa guise, et le destin de tout un peuple, une monnaie d’échange au service de ses ambitions personnelles.
Quel sens du devoir ! Quel attachement à l’intérêt général !
Au moment même où le Sénégal s’efforce de renouer avec ses créanciers, de restaurer sa crédibilité économique et financière et de retrouver la confiance de partenaires dont les relations avec notre pays se sont considérablement dégradées conséquences de ses déclarations et mesures incontrôlées, voilà qu’il choisit de souffler sur les braises. Au lieu de contribuer au redressement national, il brandit la menace du blocage. Au lieu de servir la République, il voudrait la prendre en otage.
En fait, au fond, tout semble se ramener à une obsession : le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye ne doit pas réussir son mandat.
Sa réussite serait-elle devenue, à ses yeux, une défaite personnelle insupportable ?
L’avènement de ce Président à la magistrature suprême serait-il une blessure dont il ne parvient pas à guérir ?
Tout semble se passer comme si la réussite du Sénégal ne pouvait être envisagée qu’à la condition qu’il en soit lui-même le maître d’œuvre, le chef d’orchestre et, surtout, le bénéficiaire politique.
Pièges, stratagèmes, coups bas, ultimatums : tous les moyens paraissent bons. Une seule chose compterait : le pouvoir, tout le pouvoir. Non pas simplement participer à la conduite des affaires publiques, mais imposer son tempo, dicter ses conditions et décider qui peut gouverner, comment et à quelles conditions.
La République ne saurait être l’otage des frustrations d’un homme, pas plus que le Sénégal ne saurait être la propriété d’une ambition personnelle.
Croit-il en Dieu ? La question peut paraître brutale. Mais comment ne pas s’interroger lorsque l’acharnement politique semble prendre le pas sur le souci du bien commun, lorsque la conquête du pouvoir paraît justifier tous les artifices et que l’intérêt supérieur de la nation est relégué derrière les calculs d’un homme ?
Pourtant, l’histoire récente nous a déjà donné une leçon : chaque fois qu’il a cru tenir le pays, chaque fois qu’il a pensé avoir trouvé le levier décisif pour imposer sa volonté, la réalité a fini par déjouer ses calculs. Il croyait tenir le bout de la corde ; il ne tenait que du vent. Il annonçait la victoire ; il préparait sa propre déconvenue. À force de vouloir tout contrôler, il finit par se heurter à ce qui échappe à son emprise : la réalité, la conscience des citoyens et la solidité de la République.
Et c’est bien là que réside notre chance.
Dieu a béni le Sénégal. Nos saints, nos guides religieux, nos sages et notre peuple ont tant prié pour la paix, la stabilité et la préservation de notre commune destinée. Nous avons le bonheur de vivre cette remarquable exception démocratique, pacifique et républicaine : celle d’un pays qui, malgré les tensions, les provocations et les coups de boutoir de la fitna, continue de tenir debout, de préserver ses institutions et de faire prévaloir, par-delà les passions, la continuité de l’État.
Ne nous y trompons pas : cette stabilité n’est ni un hasard ni un acquis irréversible. Édifiée sur l’histoire, une culture politique, une conscience nationale et une aspiration profonde à la paix, elle est aussi le résultat des prières, des sacrifices et de la sagesse de générations de Sénégalaises et de Sénégalais qui savent qu’aucune ambition individuelle ne vaut la mise en péril de la maison commune.
Cette fois encore, les faits finiront par parler. Les voiles de la désinformation se déchireront, le brouillard des contrevérités se dissipera et les Sénégalais pourront juger sur pièces. Alors, les deux ultimatums, brandis avec tant de morgue comme des armes de destruction politique, vont naturellement se dégonfler, tels des ballons privés d’air. Le bruit aura été immense ; le résultat, dérisoire. Les menaces se seront fracassées contre le mur du réel.
Ce pays, le Sénégal, n’est pas une République bananière.
Notre Constitution n’est pas un chiffon de papier que l’on agite ou que l’on déchire au gré des humeurs. Notre République repose sur des institutions, des règles et des équilibres qui ne sauraient plier devant les caprices de qui que ce soit. Les institutions de la République sont plus grandes que les hommes qui les servent, plus durables que les ambitions qui les traversent et plus fortes que les manœuvres de ceux qui voudraient les détourner de leur vocation.
Une démocratie n’interdit ni la critique, ni l’opposition, ni les désaccords. Elle exige, au contraire, que chacun puisse défendre ses convictions et exercer ses responsabilités. Mais elle ne saurait confondre le débat avec le chantage, la négociation avec la soumission, ni la liberté politique avec le droit de prendre le pays en otage.
Il faut donc garder confiance. Non dans l’infaillibilité des hommes, mais dans la force de nos institutions, dans la maturité de notre peuple et dans notre capacité collective à faire échec aux entreprises de déstabilisation.
Car il est une vérité que les apprentis stratèges de la déstabilisation finissent toujours par découvrir : le piège que l’on tend à la République peut devenir celui dans lequel on s’enferme soi-même. À force de vouloir acculer l’adversaire, on peut finir par se mettre au pied du mur. À force de manipuler les faits, on finit par s’exposer à leur verdict. À force de vouloir arroser les autres, on finit parfois par recevoir soi-même les éclaboussures.
C’est toute la leçon de l’arroseur arrosé.
Ainsi va la République, dans ses épreuves comme dans ses victoires. Ainsi va le Sénégal, debout, souverain et résolu à poursuivre son chemin.
Le Sénégal survivra aux ambitions des hommes. La République survivra aux manœuvres. Et l’histoire, implacable, finira par départager ceux qui auront servi le pays et ceux qui auront voulu s’en servir.
Dakar, dimanche 25 octobre 2026
Commentaires (46)
Si vous respectez la République, alors organisez les élections à date échue. Conseillez-le au Président.
Tes gymnastiques dominicales ne nous feront pas oublier le scandale des ordinateurs dans ton ministère.
Respecter les institutions, c'est aussi accepter de venir répondre à la commission d'enquête. Se cacher derrière le président ne nous donnera pas confiance sur ta gestion.
Le gourou s est trompé de pays le Sénégal n’est pas une république bananière qu un gourou peut prendre en otage au gré de ses ambitions personnelles démesurées
Le Sénégal est une république avec une constitutions et des institutions solides que personne ne peut détruire
À bon entendeur salut
Les citoyens sénégalais attendent de vous des solutions sur les inondations, sur le coût de la vie, sur la jeunesse qui meurt en mer, sur la transparence des fonds politiques qui semblent ils ne vous privent pas du malheur d'avoir des cauchemars. Mais ayant vu comment déjà vous aviez du mal à donner des ordinateurs aux étudiants...
Mr Niane votre therapie vous concerne. Remettez vous en paix et en harmonie avec vous même. Mais épargnez nous des discours creux. Des actes, des actes du concret.
Vous ignorer incontestablement jusqu’à présent quiek est le personnage de Sonk
Un Directeur de Cabinet d'un Président de la République ne réagit pas ainsi au quotidien face à un opposant dans n'importe quel Pays du Monde. Un DC doit protéger son Président autrement en valeur ajoutée productifve. Par contre ces sorties sont improductives et sûrement doivent voir la Popularité augmenter dans l'opinion de millions de Sénégal en pertes bien sûr par ricochet au Président de la République. Un DC de Président c'est comme un Chef de cabinet d'un président, ces sont des fonctions de haute réserve en efficacité d'or au profit pour le Président. Le Président Diomaye avait dû se séparer de son premier Chef de cabinet trop bavard dans les médias. Marie Teuw est dans ce cas, trop bavard et agaçant à la fois. Il n'a pas compris le sens de la dernière interview du Président de la République dans " le Soleil" de Mercredi dernier. Contre toute attente, le Président n'a fait allusion ni à la sortie du Président du Pastef au sujet de la LFR ni à la situation sociale et syndicale du Pays. Il s'est focalisé uniquement sur...les JOJ. Il voulait montrer que tout le Sénégal devrait se concentrer sur cet événement Mondial.
Son DC lui n'a pas compris, il est dans la lutte stridente politique contre Sonko. Il ne sait toujours pas que ce dernier est imbattable à ce jeu politique : Parler ! Il avait noyé par sa seule sortie tout l'armada des 8 Ministres du gouvernement en conférence de presse quelques heures après. Attention Le Président, un DC ne doit pas être trop vieux car c'est l'âge de la démence pour certains. La Sagesse est un Produit Diamant Or réservé à des gens presque choisis par Dieu Hakim. Certains Gens sont à sa recherche et c'est louable, Dieu les aidera à être plus parfaits.
Tes gymnastiques dominicales ne nous feront pas oublier le scandale des ordinateurs dans ton ministère.
Respecter les institutions, c'est aussi accepter de venir répondre à la commission d'enquête. Se cacher derrière le président ne nous donnera pas confiance sur ta gestion.
Je rappelle ici que Fostin Toadera Président de République de la république Centrafricaine était enseignant chercheur et professeur de Mathématiques à l’université de Bangui.
Et votre Sonko qu‘il est capable de faire si c n’est d’écrire des chiffons mensongers avec des idées copiées de gauche à droite.
Macky le peureux devrait le coffrer depuis son premier chiffon de livre soi-disant ma solution truffée de contre-vérités.
Votre Sonko visage politique des indépendantistes ethnocentriques et anti républicains.
La brousse se trouve en casamance où les maquisards font régner la terreur.
C’est la région d’origine de Senghor qui vous a fait gagner inutilement les législatives.
Et les diolas ils quoii? Musulmans? Chrétiens ou païens?
On le saura bien tôt!
Comme l'ont dit les députés qui rejettent la loi elle est néfaste à la société en modifiant les politiques d'investissement prévues en éducation santé infrastructures
L'exécutif peut passer en force sans leur vote et ainsi endosser la responsabilité de sa politique et non pas dire que cette politique est partagé par l'Assemblée qui elle la dénonce de délétère.
Des démonstrations Marie
C est ce que Sonko et Diomaye avaient promis et c est qui permet de développer un pays.
Promouvoir les moins compétents, les moins expérimentés, c est parfois plus grave que faire détournements.
La responsabilité pour ces deux premières années incombent aux deux.
Maintenant de Sonko est parti, le Président doit rectifier et mettre les hommes qu il faut à la place qu il faut. Il ne semble pas avoir bien débuté et nous espérons que cela va rapidement changer. Tous ceux qui autour du Président doivent l encourager vers les meilleurs choix.
S il ne fait, il le regrettera car il ne va développer ce pays.
De toute facon l'histoire retiendra les fruits produits par ces altruistes qui de leur temps ont su poser des jalons qui ont permis à leur peuple de se surpasser et de s'inscrire dans les annales humaines
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