Yoro Dia sur l’alternance de 2024 : « L’économie n’a jamais été une priorité »
Deux ans et presque six mois après l’alternance de 2024, Yoro Dia estime que l’économie n’a toujours pas été placée au cœur des priorités du Sénégal. Lors de la présentation de son nouvel ouvrage, « Le temps ne chôme pas », ce samedi 19 septembre 2026 dans les locaux de Harmattan Sénégal, le politologue affirme dans son ouvrage que « l’économie n’a jamais été une priorité ».
Selon l’ancien ministre porte-parole de la Présidence de la République, cette situation s’explique notamment par la place accordée aux questions institutionnelles, électorales et judiciaires dans le débat politique. « On ne se concentre pas assez sur l’économie et il n'y a pas encore consensus sur la vision », déplore-t-il, estimant d’ailleurs qu’en «deux ans et six mois, concrètement, le pays a reculé ». M. Dia estime en effet, que le Sénégal n’a pas suffisamment tiré profit de ses nouveaux atouts économiques et que l’absence de consensus autour d’une vision économique constitue un problème majeur.
Pour lui, le pays doit désormais exploiter ses avantages comparatifs, notamment sa stabilité politique, son administration, ses ressources humaines et sa position géographique. L’objectif, selon Yoro Dia, est de faire de cette stabilité un moteur de développement. « Il faut faire de l’exception démocratique l’exception économique », insiste-t-il.
« 99 % de leur énergie » consacrée aux institutions
Yoro Dia estime ainsi que la classe politique consacre une part disproportionnée de son énergie aux questions institutionnelles et électorales. « La classe politique sénégalaise consacre 99 % de son énergie à chercher des solutions à un problème qui n’existe pas », soutient-il.
Il cite notamment les débats récurrents sur les institutions et les élections. À ses yeux, « ces questions-là doivent relever au plus de la Direction générale des élections, mais pas des élites politiques qui, doivent plus se préoccuper des grandes questions », affirme-t-il.
En effet, pour le spécialiste des Sciences Politiques, le Sénégal dispose déjà d’un système institutionnel suffisamment solide pour permettre les alternances politiques. « Quand on peut élire un président de la République le 24 mars et l’installer le 1er avril, ça veut dire que le pays n’a pas un problème institutionnel, le pays n’a pas un problème de Constitution », soutient-il.
« En 2024, quand on a du pétrole et du gaz, quand tu arrives, tu accélères »
L’ancien ministre estime que l’arrivée du pétrole et du gaz en 2024 aurait dû constituer un levier pour accélérer le développement économique du pays. « En 2024, quand on a du pétrole et du gaz, quand tu arrives, tu accélères », affirme-t-il.
Il considère que cette nouvelle donne aurait dû pousser le Sénégal à accélérer sa marche vers l’émergence. Mais, selon lui, les priorités politiques sont restées largement concentrées sur les questions de justice, les audits et les réformes. « On est retournés à la démocratie de Sisyphe », déplore-t-il, reprenant une expression utilisée dans son précédent ouvrage pour désigner ce qu’il présente comme un « éternel recommencement » après chaque élection.
À travers les 444 pages de l’ouvrage « Le temps ne chôme pas », le consultant appelle les acteurs politiques à sortir du cycle des débats institutionnels et électoraux pour placer l’économie au centre de l’action et du débat politiques.
Commentaires (16)
C’est dans cette seule mesure qu’on peut prêter du crédit à ses analyses. Même si le Pastef a commis des erreurs et déçu sur un certain nombre de choses.
Mais Yoro dia est obsédé par la critique du régime.
Si vous êtes systématiquement partisan on cesse de vous lire.
Apparemment tous les six mois il écrit un livre.
Il y a un problème de fond dans notre société : chacun se prend pour plus compétent qu’il n’est et pour dire les choses vertement, prend ses compatriotes pour des imbéciles à qui on fait gober n’importe quoi.
Le Sénégal est un pays peuplé en grande partie d’escrocs en col blanc, de gens qui prétendent savoir.
Yoro, il lit des choses et les répète.
La faiblesse analytique de l’ouvrage : Il fait l’impasse de l’état des lieux hérités en 2024; Une totale abstraction de la réalité concernant les agrégats macroéconomiques
Le service de l’énorme dette contactée par le régime précédent (2012-2024) absorbe un quart (25 %) de l'ensemble des recettes fiscales nationales; En outre, Le renchérissement des crédits dû à cette situation difficile laisse très peu de marges de manœuvre au nouveau régime en place.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est totalement grippé et les entreprises sont en crise de trésorerie.
Nous faisons face à une quasi détresse financière qui limite le champ d’action des nouvelles autorités qui s’emploient de leur mieux possible à tenir le Cap.
Comme jadis Latif Coulibaly.
Depuis que nous assistons à l’existence d’ un grand nombre de Docteurs en droit, communication le senegal est devenu compliqué. Ay fenkat aki doff youy xalat sank Senegal.
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