CANCERS FÉMININS : CES CHIFFRES QUI ALERTENT SUR LE POIDS DU CANCER DU SEIN ET DU COL DE L’UTÉRUS
Environ 30 % des cancers diagnostiqués chez les femmes et près de 25 % des décès féminins seraient liés aux cancers du sein et du col de l’utérus, selon le Dr Claude Ngabou, chargé des programmes de santé au bureau régional de l’UNICEF à Dakar. Face à ces chiffres, le spécialiste appelle à faire du dépistage précoce, de la prévention et de la vaccination des priorités tout au long de l’année.
« Tous les mois devraient être les mois roses pour les femmes. » Pour le Dr Claude Ngabou, chargé des programmes de santé au bureau régional de l’UNICEF à Dakar, la lutte contre les cancers féminins ne peut se limiter à une campagne annuelle. À l’occasion d’une randonnée de sensibilisation organisée samedi 24 octobre aux Almadies, à Dakar, le spécialiste a alerté sur le poids du cancer du sein et de celui du col de l’utérus.
« Nous célébrons Octobre Rose, centré sur la lutte contre les cancers chez la femme. Mais attention, il ne faut pas que ce soit une célébration d’Octobre Rose seulement. Tous les mois devraient être les mois roses pour les femmes, parce que le dépistage, le diagnostic et la prise en charge des cancers chez la femme doivent pouvoir se faire largement tôt », explique-t-il.
Selon le médecin, les cancers du sein et du col de l’utérus représentent une part importante des cancers diagnostiqués chez les femmes. « Les deux cancers réunis, le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus, représentent environ 30 % de tous les cancers diagnostiqués chez la femme. Tous les cancers, pas seulement les cancers féminins diagnostiqués chez la femme, tous les cancers réunis, ces deux-là représentent 30 %, ce qui est extrêmement énorme », souligne-t-il.
Le spécialiste évoque également leur poids en matière de mortalité. « Lorsqu’on reprend également en termes de mortalité, de létalité, les femmes qui meurent, on voit qu’environ 25 % des femmes meurent à cause de ces deux cancers-là, du col de l’utérus et du sein », déclare le Dr Ngabou.
Il précise que ces données restent des estimations générales, les statistiques disponibles reposant notamment sur les diagnostics enregistrés dans les structures sanitaires. Une partie des femmes touchées échappe ainsi aux chiffres recensés. « Beaucoup de femmes souffrent ou meurent tranquillement à la maison », déplore-t-il.
Face à cette situation, le médecin appelle à agir sur les facteurs de risque qui peuvent être maîtrisés.
« Nous avons tous des facteurs de risque. Il y a des facteurs qui sont contrôlables et d’autres que nous ne pouvons pas contrôler. Mais les facteurs sur lesquels nous pouvons agir, il est extrêmement important que nous travaillions sur ça », recommande-t-il.
Le dépistage précoce reste essentiel. Le Dr Ngabou invite les femmes à être attentives aux changements de leur corps et à consulter dès l’apparition d’un signe inhabituel. « Chaque femme doit écouter son corps, en apprendre de son corps. Tout changement, toute modification qui peut intervenir à n’importe quel moment doit pouvoir faire signe d’alerte et stimuler la femme à aller consulter, parce que c’est extrêmement important », insiste-t-il.
La prévention passe également par la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), responsable de la grande majorité des cancers du col de l’utérus. Le spécialiste recommande notamment la vaccination des filles dès l’âge prévu par les recommandations. « Ce qui est recommandé, c’est de pouvoir faire la vaccination préventive chez les filles dans une certaine fourchette d’âge, généralement à partir de 9 ans. Donc le gouvernement du Sénégal encourage et nous encourageons également, à ce que cette vaccination soit faite. La vaccination est faite et est offerte pour les filles, mais elle pourrait aussi se faire pour les garçons lorsque les conditions sont réunies, ou lorsque les vaccins sont disponibles », explique-t-il.
C’est dans cette dynamique de sensibilisation que l’association du personnel de l’UNICEF, avec ses partenaires, a organisé une randonnée autour du thème « Solidaires à chaque pas, mobilisés contre le cancer ». Des collègues, des conjoints, des enfants, des professionnels de santé et des clubs de marche ont pris part à cette mobilisation aux Almadies, malgré la poussière. Une séance de sensibilisation animée par une sage-femme avait également été organisée jeudi.
Pour Maïmouna Diallo, représentante adjointe aux opérations au bureau pays de l’UNICEF, la lutte contre le cancer doit se poursuivre au quotidien.
« Ce n’est pas une cause d’une seule journée, c’est une lutte qui continue », rappelle-t-elle, appelant à relayer les messages de prévention dans les communautés, y compris auprès des enfants. Elle insiste sur la nécessité de se faire dépister rapidement au moindre doute et confie avoir elle-même perdu un proche à cause du cancer.
« C’est une cause qui est proche de nous, qui est parmi nous et il faut la prendre très, très, très au sérieux », souligne-t-elle.
Le président de l’association régionale du personnel de l’UNICEF a, pour sa part, insisté sur la nécessité de « mobiliser, contribuer et participer », afin de promouvoir le dépistage précoce et de maintenir l’espoir auprès des communautés touchées.
Au-delà d’Octobre Rose, le message des participants est clair : la prévention, le dépistage et la vaccination ne doivent pas être des réflexes ponctuels. Face aux cancers du sein et du col de l’utérus, la mobilisation doit se poursuivre tout au long de l’année.
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