Le baobab, des sacrifices pour les lutteurs et le bœuf empoisonné : Un marabout jugé puis relaxé
Dans un quartier de Joal, un baobab est au cœur d’un conflit de voisinage. Oumar Diame, qui se présente comme marabout, refuse que l'on touche à cet arbre situé à proximité de son domicile. Il affirme y effectuer régulièrement des pratiques rituelles, notamment des offrandes destinées aux lutteurs.
Son voisin Maodo Sow l’accuse d’avoir empoisonné ses animaux
« Il y a un baobab à côté de sa maison. Il a versé de l’aliment de bétail sous le baobab. Je l’ai aperçu en train de verser le l’aliment qui était empoisonné. Mes bœufs en ont mangé. Le plus grand est mort sur le coup. J’ai dû donner du lait aux autres bêtes », a-t-il déclaré.
Le marabout de 34 ans a comparu à la barre du tribunal de grande instance de Mbour pour répondre des délits d’empoisonnement d’animaux appartenant à Maodo Sow. Il a expliqué les raisons de cette interdiction : « Je ne veux pas qu’on touche au baobab parce que je travaille là-bas. La plupart du temps, je fais des offrandes pour les lutteurs et le travail est fait sur le baobab. » Il a aussi nié toute implication dans l’empoisonnement du troupeau de Maodo Sow.
Oumar Diame a également raconté avoir été confronté à une situation qu’il jugeait menaçante. Selon lui, le jour où les parties avaient été convoquées, il s’était présenté, mais ses protagonistes ne seraient pas venus. Il affirme ensuite avoir aperçu « une horde de Peuls sur des motos » se dirigeant vers son domicile.
« J’ai alors informé le commandant, qui a envoyé une patrouille. Puis, le soir, les Peuls ont envahi ma maison. J’ai encore interpellé le commandant, qui a une fois de plus envoyé une équipe », a-t-il expliqué.
Le prévenu poursuit en relatant un incident qui se serait produit la nuit vers 3 h : « J’étais sur la terrasse avec mon frère en train de veiller. J’ai alors vu Maodo Sow et Amadou Ka sauter dans ma maison. Ils se sont dirigés vers le puits et j’ai vu Amadou Ka y verser un liquide.»
Maodo Sow réclame ainsi 1 000 000 F CFA en réparation de son préjudice.
Appelé comme témoin, Amadou Ka a, pour sa part, déclaré ne pas avoir vu Oumar Diame verser le liquide. Le procureur a requis l’application de la loi.
La défense, assurée par Me Oumar Sène, a plaidé l’absence de preuves suffisantes. « Rien ne prouve qu’il y a empoisonnement. Le vétérinaire parle de suspicion ; il n’affirme pas qu’il y a du poison », a soutenu l’avocat.
Pour Me Sène, « c’est un dossier vide de sens » et son client serait injustement désigné comme responsable.
Au terme des débats, Oumar Diame a été relaxé au bénéfice du doute.
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