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Sociétés à faible capital, délais de création d’entreprise : Me Mory Diakhaté pointe les limites

Auteur: Youssouf SANE

Sociétés à faible capital, délais de création d’entreprise : Me Mory Diakhaté pointe les limites

Sociétés à faible capital, délais de création d’entreprise : Me Mory Diakhaté pointe les limites

Le modèle de création des sociétés à faible capital mis en place au Sénégal mérite d’être réévalué. C’est l’avis de Me Mory Diakhaté, secrétaire général de la Chambre des notaires du Sénégal, qui estime que la possibilité de créer des sociétés avec un capital de 100 000 francs CFA ne garantit pas leur viabilité économique.

L’invité de l’émission Seneweb Eco de ce dimanche 9 août 2026 estime ainsi que la réforme visant à faciliter la création d’entreprises a certes permis de réduire les coûts, mais qu’elle présente aujourd’hui certaines limites. « On s’est rendu compte que depuis 2014, il y a énormément de sociétés qui ont été créées. Et pour la plupart, ces sociétés ne sont pas viables », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’objectif initial était notamment de permettre aux acteurs du secteur informel de formaliser leurs activités et de faciliter leur identification par l’administration fiscale. Mais la faiblesse du capital de certaines sociétés constitue, à ses yeux, un problème. D’ailleurs, estime t-il, dans certains cas, le capital peut disparaître dès la création de la société, en raison des différents frais engagés. « À la création, en vérité, cette société voit son capital disparaître avec les frais de création », explique-t-il.

Des risques de sociétés peu viables

Par ailleurs, le secrétaire général de la Chambre des notaires met également en garde contre les risques liés à l’utilisation de certaines sociétés à faible capital à des fins illicites. « Parfois, ce sont des sociétés qui sont créées et qui sont un peu dans le secteur du blanchiment d’argent », affirme-t-il.

À titre d’exemple, il évoque le cas de sociétés affichant un capital social très faible alors que leurs activités déclarées font apparaître des montants beaucoup plus importants. « Vous allez voir une société qui a un capital de 100 000, mais sur l’actif, sur les bilans, on voit que ce sont des centaines de milliards qui sont réalisés. Donc parfois, c’est très incohérent », déplore-t-il. Il estime ainsi que les réformes engagées depuis 2014 doivent faire l’objet d’une nouvelle réflexion.

Autre point soulevé par Me Diakhaté, c’est le délai annoncé pour la création des entreprises. Le dispositif mis en place par les pouvoirs publics devait permettre aux entrepreneurs de créer leur société dans des délais très courts, notamment en 24 ou 48 heures. Mais selon le notaire, cette promesse n’est plus conforme à la réalité observée sur le terrain. D’ailleurs, selon lui, le dispositif n’a fonctionné que pendant quelques mois. « Les délais sont revenus à leur niveau initial et sont parfois même plus longs », explique-t-il avant d’ajouter qu’on « est passé d’un système qui était totalement mécanique, où après signature on amenait directement l’acte au niveau de l’APIX, à un mécanisme qui est totalement éclaté », dénonce-t-il.

Cette situation serait particulièrement problématique pour les entrepreneurs et les investisseurs étrangers qui s’attendent à bénéficier des délais annoncés. « Beaucoup de promoteurs, surtout les expatriés, nous appellent en nous disant qu’on leur annonce des délais de constitution de 72 h, 48 h ou 24 h, mais qu’en réalité, c’est généralement beaucoup plus long », rapporte-t-il. Interrogé sur le délai réellement constaté, Me Diakhaté avance une durée d’environ 10 jours. 

Pour le secrétaire général de la Chambre des notaires, le bilan du dispositif de création d’entreprise en 24 ou 48 heures n’est donc pas satisfaisant. Il indique toutefois que des discussions sont en cours avec les autorités pour améliorer le dispositif. « Nous avons récemment rencontré les autorités qui travaillent sur une nouvelle plateforme », annonce-t-il. Cette nouvelle solution devrait notamment permettre d’intégrer les paiements en ligne.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Me Mory Diakhaté estime que les sociétés à faible capital de 100 000 FCFA, créées depuis 2014, ne sont souvent pas viables économiquement. - Il dénonce des risques d'utilisation de ces sociétés pour le blanchiment d'argent, avec des incohérences entre capital déclaré et bilans élevés. - Les délais de création d'entreprise de 24 ou 48 heures ne sont plus respectés, avec des durées réelles d'environ 10 jours, malgré des discussions pour une nouvelle plateforme.
Auteur: Youssouf SANE
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Commentaires (1)

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  • avatar
    PBS il y a 2 mois
    Un grand notaire doublé d'une belle âme, très vertueuse!! Merci beaucoup pour tout ce partage Maître Diakhate !!

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