Rejet de la LFR 2026 : Abdoulaye Wilane dénonce une confrontation politique aux conséquences inquiétantes
Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale vient raviver les tensions entre le gouvernement et sa propre majorité parlementaire. Ce mardi 3 novembre, les députés ont rejeté le texte par 109 voix contre 20, avec trois abstentions, à la suite de l’adoption d’une question préalable qui a mis fin à son examen avant même le débat général.
Ce vote intervient dans un contexte économique déjà difficile pour le Sénégal. Entre la baisse des recettes de l’État, la hausse des dépenses liées aux subventions énergétiques et les ajustements nécessaires dans les investissements publics, les enjeux budgétaires sont particulièrement importants.
Cette situation préoccupe Abdoulaye Wilane, le porte-parole du Parti socialiste. Dans une déclaration, il reconnaît aux députés leur droit de contrôler l’action du gouvernement et de contester ses choix. Mais il estime que ce pouvoir doit aussi s’accompagner d'un sens des responsabilités, surtout lorsque les décisions prises peuvent avoir des répercussions sur la vie économique et sociale du pays.
Pour M. Wilane, les désaccords sur les orientations budgétaires auraient mérité un véritable débat au sein de l'Assemblée nationale. Il regrette que l'examen du texte ait été interrompu alors que plusieurs questions importantes restaient à discuter.
Car, rappelle-t-il, le rejet d'un projet de budget ne fait pas disparaître les difficultés financières de l'État, encore moins ses engagements envers les entreprises, les travailleurs et les collectivités territoriales.
Abdoulaye Wilane précise toutefois que le rejet de la LFR ne signifie pas un arrêt du fonctionnement de l'État, puisque la loi de finances initiale reste applicable. Il met néanmoins en garde contre les risques de tensions de trésorerie et de complications dans certains paiements si aucun ajustement n'est trouvé.
Le président de la République appelé à prendre ses responsabilités
Au-delà du désaccord budgétaire, le porte-parole du PS estime que le chef de l'État doit pleinement jouer son rôle pour préserver le bon fonctionnement des institutions. Il rappelle que la Constitution prévoit des mécanismes pour gérer les désaccords entre l'Exécutif et le Parlement, notamment à travers ses articles 86 et 87.
Il invite ainsi le gouvernement à éclairer les Sénégalais sur les dispositions envisagées pour poursuivre l'exécution du budget 2026 et honorer les engagements de l'État. La majorité parlementaire est, elle aussi, appelée à expliquer les solutions qu'elle entend proposer après ce rejet.
Pour Abdoulaye Wilane, le Sénégal ne peut se permettre de voir les querelles politiques prendre le dessus sur les urgences économiques et sociales. Les populations, déjà confrontées à de nombreuses difficultés, ne devraient pas avoir à subir les conséquences d'un désaccord au sommet de l'État.
Son appel est donc clair : privilégier le dialogue, faire preuve de responsabilité et trouver rapidement une issue à cette situation pour éviter que les tensions politiques ne se transforment en une crise institutionnelle durable.
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