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Au Kenya, des propos du président sur les étrangers poussent des Burundais à vouloir partir

Auteur: AFP

Au Kenya, des propos du président sur les étrangers poussent des Burundais à vouloir partir

Au Kenya, des propos du président sur les étrangers poussent des Burundais à vouloir partir

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"Ils nous expulsent comme des animaux": comme des centaines de compatriotes, le pasteur burundais Jean-Baptiste Ndayizeye tente lundi à l'ambassade du Burundi à Nairobi de retirer un laisser-passer pour rentrer dans son pays, effrayé par de récents propos du président kényan.

A moins d'un an d'une présidentielle à laquelle sa réélection est loin d'être acquise, le président William Ruto avait donné jusqu'à lundi aux étrangers "tenant des petits commerces" pour les fermer. Sans préciser la taille des commerces concernés ni si les commerces légalement enregistrés étaient concernés.

"Nous n'avons pas bâti la confiance des investisseurs pour que des vendeurs à la sauvette viennent au Kenya", avait-il expliqué à des entrepreneurs kényans le 2 septembre.

Une rhétorique rappelant celle entendue ces derniers mois en Afrique du Sud, où des milliers d'Africains ont fui des manifestations antimigrants parfois meurtrières et un durcissement des contrôles visant les étrangers.

"Ce que les Sud-Africains ont fait aux étrangers et ce que font les Kényans est la même chose", s'indigne le pasteur Ndayizeye, même si M. Ruto n'a pas parlé d'expulsions.

Lundi, des centaines de Burundais, enveloppes kraft à la main, ont fait la queue des heures durant sous le soleil dans la petite ambassade burundaise pour demander un laisser-passer leur permettant de rentrer chez eux, faute de passeport ou de documents d'identité.

- "Tristes" -

Certains avaient déjà emballé leurs affaires dans des valises et des sacs en plastique.

"Ils sont tellement tristes" de quitter le Kenya, "ce n'est pas juste", remarque Philemon Jaika Adamba, chauffeur kényan de moto-taxi ayant transporté deux d'entre eux.

Le Burundi, pays d'environ 15 millions d'habitants parmi les plus pauvres du monde, fait partie, comme le Kenya, de la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC), à l'intérieur de laquelle la libre circulation des citoyens est garantie.

Et le Kenya, locomotive économique de l'EAC, est perçu comme une destination de choix, même si les opportunités y restent rares pour une grande partie de la population. Plus de 400.000 Kényans - incités par les autorités kényanes - ont eux-même migré, notamment dans les pays du Golfe, en quête d'un avenir meilleur ces dernières années.

Après des années de chômage au Burundi, Eric Bizimana est lui venu en 2022 "chercher une (meilleure) vie" au Kenya. Il y a toutefois vivoté, gagnant de 100 à 130 euros mensuels environ dans des emplois mal payés. Jamais il n'a demandé un permis de travail, pourtant obligatoire mais, dit-il, financièrement inaccessible.

- "Mal compris" -

"En Afrique du Sud, c'est la population qui a ordonné aux étrangers de quitter" le pays, "mais ici au Kenya, c'est (...) le président qui (l')a ordonné", observe-t-il.

Mélance Bukuru, 32 ans, qui a aussi multiplié les petits boulots, demande, comme ses concitoyens rencontrés par l'AFP, un délai au gouvernement kényan afin de pouvoir réunir la centaine d'euros nécessaire pour payer son voyage retour.

Quant à Nkunzimana Déo, menuisier, il s'est dépêché tout le weekend de livrer ses clients et a fermé lundi, comme réclamé par William Ruto, son atelier de fabrication de meubles, pourtant enregistré auprès du fisc kényan et qui emploie huit personnes, dont quatre Kényans.

Arrivé en 2015 au Kenya, où il a obtenu le statut de réfugié, il a théoriquement le droit de travailler même "si les documents sont difficiles à obtenir", dit-il. Désormais chez lui, il attend "de voir si le président changera de directive".

Le ministre burundais des Affaires étrangères Edouard Bizimana a dénoncé lundi des "violences envers les étrangers, particulièrement les Burundais", au Kenya, ce que l'AFP n'a pu vérifier.

Toujours lundi, le numéro 2 du ministère kényan des Affaires étrangères Korir Sing'Oei s'est rendu à l'ambassade du Burundi et a tenté d'apaiser les inquiétudes: "Récemment, il a été dit que ceux qui avait des petits commerces non enregistrés seraient forcés de quitter le pays", mais "beaucoup ont mal compris".

A cause de cela, "beaucoup (d'entre vous) ont été attaqués par de voisins ou amis. Nous sommes désolés de cela", a-t-il assuré.

Dans un quartier pauvre de Nairobi, surnommé par ses habitants "Burundi State", du fait du grand nombre de Burundais y vivant, une dizaine de personnes rencontrées par l'AFP se disent d'accord avec le président Ruto.

Les Burundais prennent le travail des Kényans car ils acceptent d'être payés moitié moins qu'eux, mais aussi leurs logements, dans lesquels ils s'entassent, affirment ces personnes.

"Les Kényans ne sont pas racistes quand ils parlent comme ça", soutient Ann Kerubo, une commerçante, qui estime que "la vie au Kenya est maintenant tellement difficile", à commencer pour les Kényans.

AFP

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le président kényan William Ruto a ordonné aux étrangers tenant des petits commerces de les fermer avant lundi, provoquant des centaines de Burundais à demander des laisser-passer à leur ambassade pour quitter le Kenya. - Des Burundais ayant des emplois mal payés ou des petits commerces, même enregistrés légalement, ont fermé leurs activités par crainte des propos présidentiels, certains n'ayant pas les moyens financiers de retourner au Burundi. - Le numéro 2 du ministère kényan des Affaires étrangères a tenté de clarifier lundi que les commentaires du président concernaient les commerces non enregistrés, affirmant que "beaucoup ont mal compris".
Auteur: AFP
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Commentaires (11)

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    Darkpenguin ⭐ Top commentaire il y a 1 mois
    Les Burundais méritent d'être salués pour avoir assumé leur identité et adopté une attitude de défi, menaçant de rentrer au pays s'ils ne sont plus les bienvenus au Kenya. Ils contrastent radicalement avec ces individus lamentables qui ont envahi le Sénégal par leur comportement incivil, des gens qui refusent que l'on évoque leur terre ancestrale, où reposent leurs parents et grands-parents, et dont ils ne souhaitent plus voir les tombes.
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    Awso il y a 1 mois
    Bravo kenya. On est tous pauvre en afrique donc chacun reste dans son pays. Les guinéens rentrez chez vous.
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    lebaolbaol TIGUI il y a 1 mois
    les pays pauvres doivent eviter d'imiter ces sotises s'ils ne veulent pas etre ridiculisès ....un pays de voyageurs comme le senegal ne doit meme pas penser à ca.....sinon tous les pays vont appliquer la reciprocitè...jusqu'en zambie ils sont labas......la cote d'ivoire et le ghana vont en profiter pour ballayer son pays de millions de sahaliens....la mauritanie aussi et le maroc.....
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    12 il y a 1 mois
    Il ya des renseignment occidentaux notament la cia el le mossad pour le cas de l'afrique du sud pour son soutien a la Palestine, mais le plus large pour detruire la zlecaf qui sera une puissance economique mondial dont les occidentaux et leurs renseignement font tout pour detruire notament les usa avec la cia avec l'aide de la cia
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    Ass Malick il y a 1 mois
    Vivement les guinéens quittent le Sénégal.
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    Bro il y a 1 mois
    Gor deug ni lay mel, wayé melné dring yi. Domerame comme ay mboot, on est obligé de passer par l'étape décafardisation
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    L'oiseau il y a 1 mois
    Au senegal si les guinéens aussi partaient comme ces burundais, aprés eux quelle sera leur programme
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    à toi il y a 1 mois
    la vie n'en serait que meilleur pour les sénégalais. Quand on est recherché dans la pénombre, on évite de briller dans le noir. Rentrer vous avez un pays bon sang.
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    simple il y a 1 mois
    Le senegalais n'a pas l'habitude de se lever très tot pour travailler. si les etrangers partent le senegal sera vide, vous refuser de payer vos loyers, raison pour laquelle les senegalais refusent de loyer une maison à un snegalais. ils se connaissent.
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    KAKATAR*1 il y a 1 mois
    Si on ne veut pas de vous dans un pays, alors pliez vos bagages et partez. Au Sénégal il y a des étrangers qui ne nous dérangent pas. ils travaillent, vont à l ecole, font une formation ou un stage. Aussi nous avons plus de 4 millions de guinéens qui fuient leur pays en masse, occupent les trottoires, vendent dans la rue et font beaucoup d enfants qui ne sont ni déclarés à l état civil ni scolarisés. Les conducteurs de mottos taxis...ne respectent ni le code de la route ni la législation du travail au sénégal. IL y a aussi les mendiants nigériens qui doivent être expulsés. Le Sénégal est et restera le pays de la Teranga mais avec le respect de nos Lois et traditions. Ne nous tirez pas vers le bas. KAKATAR*1
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    4dkr il y a 1 mois
    Vos propos concernant la ZLECAF sont erronés, dans la mesure où l'absence de cadres réglementaires préétablés au sein des États membres compromettrait l'intégrité de ladite zone. La ZLECAF ne saurait s'articuler sans l'Afrique du Sud qui, par ailleurs, assume son March and March, le Ghana (siège de la ZLECAF présidé par un sud-africain) qui assume avoir expulsé les mendiants de son territoire, ainsi que le Kenya qui assume la mise en œuvre de mesures d'ordre face à des africains, notamment des burundais, des congolais et même des ougandais qui, à l'heure actuelle, semblent manifester une certaine compréhension de la situation. Il convient de faire preuve de réalisme : l'unité africaine ne saurait être synonyme de chaos.

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